Les périzoniums d'Ismau

Publié le par lesdiagonalesdutemps

van Eyck, 1430

van Eyck, 1430

Ma production récente de dessins /peintures a donné lieu il y a 3 semaines à une petite exposition, intitulée ''Périzonium'' . En voici les images, qui peuvent je l'espère intéresser les visiteurs des Diagonales .

Le sujet : le périzonium ou ''pagne de pureté'', désigne le morceau d'étoffe servant à cacher la nudité du Christ en croix. Dans l'histoire de l'art, les artistes vont lui donner des formes singulières, toujours différentes. L'occasion pour moi d'une ''série'' qui en montrerait à la fois les variations et la permanence, sur 5 siècles de peinture du 15ème au 19ème . Chacune des crucifixions choisies y est fidèlement reprise, mais interprétée par un cadrage serré - toujours le même – qui empêche l'identification immédiate du corps . Autres différences qui renouvellent l'image : l'élimination du fond, et une technique particulière qui n'est pas une technique de peinture mais de dessin, bien qu'elle soit sur toile et non sur papier .

Ce changement de regard sur le corps particulier du Christ dénudé ne va pas sans ambiguïté, c'est est également l'intérêt du sujet ! Cette ambiguïté se poursuit par métonymie puis confusion, mise en abîme entre le support-tissu, le '' morceau d'étoffe'', la photo, la peinture, et la représentation .

Ismau 

van der Weyden, 1440

van der Weyden, 1440

Mantegna 1456

Mantegna 1456

Perugin 1485

Perugin 1485

Altdorfer, 1512

Altdorfer, 1512

Grunewald, 1524

Grunewald, 1524

Cranach, 1555

Cranach, 1555

Le Greco, 1590

Le Greco, 1590

Nicolas Tournier, 1620

Nicolas Tournier, 1620

van Dyck, 1622

van Dyck, 1622

Zurbaran, 1627

Zurbaran, 1627

Zurbaran, 1630

Zurbaran, 1630

Velasquez, 1632

Velasquez, 1632

Philippe de Champaigne, 1655

Philippe de Champaigne, 1655

Jean Restout, 1737

Jean Restout, 1737

Goya, 1780

Goya, 1780

Delacroix, 1853

Delacroix, 1853

Thomas Eakins, 1880

Thomas Eakins, 1880

Aimé Morot, 1883

Aimé Morot, 1883

moderne polyptype au Cranach

moderne polyptype au Cranach

Les périzoniums d'Ismau
Les périzoniums d'Ismau
Merci à Ismau pour ce beau don au blog

Merci à Ismau pour ce beau don au blog

Publié dans peinture

Commenter cet article

Christophe 08/06/2016 22:45

C'est remarquable.
Comme j'ai un peu l'esprit de contradiction, la lecture de cet article n'a remémoré une visite faite il y a près de 20 ans à Ravenne, en Italie, en l'église sant'Apolinare, connue pour ses mosaïques d'influences byzantines. Dans une des coupoles, j'avais eu la surprise de voir le baptême du Christ où celui-ci est représenté entièrement nu et le teint mat, très loin de la représentation habituelle de l'évènement. C'est la seule fois où j'ai observé un pareil traitement pictural. En suivant le lien, vous pourrez vous faire une idée, même si l'image n'est pas idéale : http://prophetiesdecassandre.blogspot.fr/2014/10/un-ete-en-italie-dimanche-10-aout.html

lesdiagonalesdutemps 09/06/2016 07:28

Le lien m'a donné l'envie de m'envoler pour Ravenne que je ne connais pas.

ismau 08/06/2016 14:53

Merci pour vos commentaires élogieux .
Au sujet de la représentation de la chair, du sang, et du sacré, des interprétations contradictoires sont possibles, c'est ce que je souhaitais . Pour moi, j'aime autant sinon davantage la présence de ce sang, au moins picturalement et symboliquement ( eucharistie, calice, Graal ... )
Pour les Christs romans, je regrette presque de n'en avoir pas tenté quelques uns . Si je les ai délaissés, comme ceux du XXème s., c'est que ma technique de dessin - avec un travail volontairement très académique du modelé et d'étude des corps - n'était pas pertinente je crois pour ces périodes .

xristophe 07/06/2016 17:36

Très belle expo, de grand format et de détails... et cette mise en oeuvre blanc sur blanc, la toile lisse ou plissée sur les murs blancs jouant. Et l'effet de série savante, avec les références complexifiantes aux grands peintres inspirants. L'Eternité qui joue avec le Temps. Musique répétitive trompeuse. Parfois, le Corps sacré se trouve indemne de tout sang : le miracle, déjà, l'annonce discrète de la Résurrection - ce sont ces oeuvres-là que je préfère

Bruno 07/06/2016 16:04

Très belle étude et superbe interprétation ! Merci pour le partage.
De très beaux périzoniums sur des Christs romans en Auvergne