Si l'on reconsidérait Déat?

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Si l'on reconsidérait Déat?

C'est par l'européisation des mentalité et des choses que les déatistes imaginent que pourra s'opérer le dépassement symétrique de l'universalisme libéral ou communiste et du nationalisme réactionnaire.

Bernard Bruneteau

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ismau 09/04/2016 21:55

Si votre titre est volontairement provocateur, il l'est beaucoup moins après lecture sans apriori de la citation : elle, intéressante et aucunement extrémiste .
Déat : je ne connaissais de lui moi aussi que sa mauvaise réputation, sinon ni ses écrits, ni précisément ses actions . En consultant sa biographie, je découvre un parcours qui déjà mérite en effet d'être reconsidéré . On ne parle jamais c'est curieux, des socialistes et radicaux ( et communistes au début de la guerre ) qui étaient dans la collaboration, comme on parle très peu des maurrassiens et gens de droite qui étaient dans la résistance . Déat le pacifiste ( à cause de 14 ), normalien agrégé de philo, député socialiste SFIO et dauphin de Blum … voilà déjà qui incite à reconsidérer le personnage, et à s'interroger sur la complexité des choix politiques .

lesdiagonalesdutemps 10/04/2016 07:16

Il y a eu toute une effervescence intellectuelle du politique au milieu des années 30 pour trouver un remède à la déliquescence des institutions qui se combinait avec une crise économique, mais non véritablement une crise de société comme nous l'avons aujourd'hui c'est sans doute l'absence de ce dernier pan qui a fait que toutes ces cogitations ont abouti à la reconduction de la troisième République après un léger lifting après la guerre. J'aurais pu citer Blum comme vous le faites mais aussi Marceau Pivert, de La Roque et bien sûr de Gaule. Il me semble qu'aujourd'hui on commence à voir les prémices d'une réflexion politique sur les institution et on entrevoit la possibilité d'une reconfiguration politique. Je provoquais bien sûr un peu avec Déat mais cela a été un des premiers européistes cela du temps où il était encore à la SFIO, un peu dans la continuité de Briand mais sans la candeur de ce dernier. Vous savez sans doute que Raymond Abellio a été son adjoint au parti qu'il avait fondé durant la guerre qui était le principal mouvement "fasciste" français (voir mon billet sur le deuxième tome des mémoires de Foncine.

xavier 09/04/2016 09:41

Et pourquoi pas HITLER ???

lesdiagonalesdutemps 09/04/2016 10:19

Certain y songe mais je n'en suis pas. Plutôt que de lancer l'opprobre sur un personnage, sans souvent rien en connaitre sinon ce que la vulgate propage, il est plus intéressant de se pencher sur ses écrits et analyser ses idées particulièrement dans l'impasse idéologique et politique où nous nous trouvons. Que ses idées aient conduit un personnage comme Déat (très peu sympathique et assez couard) à des choix désastreux c'est évident mais dans un autre contexte il est probable qu'il en aurait été tout autrement. Si l'on considère que nous assistons à un certains (c'est certain qui est important) retour des années 30, je pense qu'il serait très utile de se pencher sur les idées des publicistes de ces années là qui voyant l'inéluctable catastrophe arriver ont beaucoup réfléchi sur les formes futur de gouvernement, je pense en vrac à des gens comme Tardieu, Bergery, Fabre-Luce, Benoist-Méchin et tout ce qui tourne autour de la synarchie d'ailleurs ces gens ont beaucoup inspiré Michel Debré lorsqu'il rédigeait ce qui fut les fondements de la V ème République, régime aujourd'hui frappé d'obsolescence mais après presque 60 ans d'existence, ce qui n'est pas si mal.