TAN LINES, un film d'Ed Aldridge (réédition complétée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

  

 

Fiche technique :
Avec Jack Baxter, Lorena Arancibia, Dan Masters, Curtis Dickson, Harry Catterns, Joshua Bush, Daniel O'Leary, Luisa Hastings Edge, Mary Regan, Christian Willis et Lucy Minter.

 

Réalisation : Ed Aldridge. Scénario : Ed Aldridge. Musique originale :The Mares. Images : David Gacs. Montage : Rolmar Baldonad.


Australie, 2006, Durée : 97 mn. Disponible en VO et VOST.

 

Résumé :
Dans un petit bled de la côte australienne (dans une île ?) deux adolescents, les meilleurs amis du monde, glandent au début des vacances d’été. Les seules distractions sont pour ces jeunes le surf et la bière, pour les vieux il reste la bière ! L’un issu de la classe moyenne, Paul (Curtis Dickson) annonce à son copain Midget (Jack Baxter), qui vit dans un gourbi dans lequel il partage l’unique lit avec sa mère, que son frère Cass (Daniel O'Leary) après quatre ans d’absence revient au village.

 

 

 

On comprend vite que ce garçon a du fuir le pays à cause de son homosexualité. Il rentre à la maison où ses parents sont partis... en vacances. Midget, très travaillé par le sexe, tente de goûter concomitamment aux filles et aux garçons avec des bonheurs mitigés, jusqu’au moment où il s’aperçoit qu’il est amoureux de Cass...

 

 

 
L’avis critique
Tan Lines (qu'on peut traduire par la limite du bronzage), où comment l’amateurisme et la précipitation peuvent gâcher un film. Je dis bien gâcher car il y avait un bon potentiel dans cette histoire située dans un microcosme inédit au cinéma, dotée d’un superbe décor (complètement sous-employé), servie par des comédiens, pour la plupart débutants, qui sont toujours très justes aidés en cela par des dialogues d’un parfait naturel.

 

 

 
Malheureusement, probablement par hâte d’arriver au tournage, ce qui est le défaut des metteurs en scène débutants, le réalisateur (qui est aussi le scénariste) n’a pas assez travaillé son texte. S’il parvient bien, par quelques courtes scènes, à la fois à brosser le portrait de cette petite communauté et à rendre les rapports entre les “bourgeois” du village et Midget, le fils de la « marie couche-toi là » locale (excellente idée de cinéma que de nous montrer cette mère absente seulement endormie sous des couvertures, son visage n’apparaissant jamais), il abandonne trop de pans de son histoire.

 

 

Alors qu’il nous présente dans le bon début, Midget et Paul comme deux potes inséparables, Paul disparaît quasiment de la deuxième moitié du film, ce qui rend par contrecoup la fin artificielle. Aldridge nous assène des évidences, comme la religiosité de Cass sans explication, dans ce contexte ces évidences ne le sont plus du tout. Des personnages ne sont pas assez développés, comme le gay patenté du groupe (Midget ne l’est pas “officiellement” ou le professeur avec lequel Cass a eu une aventure quatre ans auparavant). Il y a finalement un nombre de pédés surprenant dans les trous perdus de la côte australienne !

 

 

 
Il aurait gagné par contre à couper dans les scènes de surf, bien mal filmées et dans celles de skate parfaitement inutiles, là sans doute pour faire joli, car ce sont en effet les seules bien cadrées. Le véritable immense défaut du film réside dans l’indigence de son filmage. Deux symptomes révèlent l'amateurisme d'un réalisateur : d'une part une figuration étique, sur ce point rien à dire bien au contraire dans Tan Lines, d’autre part un éclairage déficiant avec sous exposition dans les intérieurs et fréquents contre-jour à l’extérieur, ce que nous retrouvons ici.

 

 

 

Il faut dire une fois pour toute aux apprentis cinéastes que l’on ne fait pas un film sans éclairage. Avant le cadre, pour une belle image (et même parfois une image seulement lisible), c’est avant tout la lumière qui compte. Pour les extérieurs, le soleil ne suffit pas (surtout sans déflecteurs) et pour les intérieurs, la loupiote de la chambre ne peut en aucun cas illuminer une scène d’amour. C’est bien ce que semble ignorer Ed Aldridge.

 

 

 

Ce qui nous vaut des scènes de sexe pas du tout torrides comme l’indique d’une façon racoleuse la jaquette du DVD (édité par BQHL), tant elles sont mal éclairées et mal cadrées comme tout le reste, d’autant que ce sont les seuls moments où les acteurs sont peu convaincants, ne voulant sans doute pas passer pour des gays ! Le film est presque constamment sous-exposé.

 

 

 
Autre conseil aux personnes ayant des velléités de réalisation, avec le chef op. et le chef électro (le maître de la lumière sur un plateau) une autre personne est indispensable sur un tournage, la scripte, ici elle aurait vu qu’entre deux images la barbe du joli Midget, qui pourtant n’en a pas beaucoup, avait poussée.

 

 

 
Le réalisateur a la bonne idée de faire suivre son générique par une séquence de dessins animés très réussis sur lequel on entend un monologue en voix off d’un garçon face à sa mère. On comprendra immédiatement après qu’il s’agit de Midget et de sa mère. Malheureusement, sans doute pour montrer que c’est un petit malin des effets spéciaux, il nous inflige un dialogue entre son héros et la photo du pape dont il a pris soin de faire bouger la bouche : hideux et grotesque !

 

 

On ne s’ennuie pas dans Tan Lines, il faut dire Jack Baxter est bien mignon, mais il est seulement triste qu’il soit aussi mal filmé.
Lignes de bronzage, le film
 
Lignes TAN 1
 
Lignes de bronzage, 2
 
Lignes Tan, 3
 
 
Lignes de bronzage, 4
 
 
Lignes de bronzage, 6
 
 
5 lignes de bronzage
 
Bande annonce en version originale
 
 
Voir et télécharger le film: ICI
 
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Tan Lines (70)

Publié dans cinéma gay

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IHUEL 04/01/2016 15:51

Bonjour. J'ai ce film, il est très bien pour peu qu'on le suive avec attention sans préjugé. Je possède aussi "Comme un frère" et les "Les Hauts Murs", également de qualité et sur le même sujet. Merci de cette page

lesdiagonalesdutemps 04/01/2016 15:58

Si vous ne le savez pas je vous informe que je suis le réalisateur de "Comme un frère" mais tout comme les hauts murs ces films me semblent assez différents de Tan Lines.