son « après » n’avait rien d’attrayant

Publié le par lesdiagonalesdutemps

son « après » n’avait rien d’attrayant

j’ai été étreint, à ma grande surprise, par ce que Simone Weil appelle dans L’Enracinement le « patriotisme de compassion », non pas donc l’amour de la grandeur ou la fierté du pacte séculaire que la France aurait noué avec la liberté du monde, mais la tendresse pour une chose belle, précieuse, fragile et périssable. J’ai découvert que j’aimais la France le jour où j’ai pris conscience qu’elle aussi était mortelle, et que son « après » n’avait rien d’attrayant.

Alain Finkielkraut, Discours de réception à l'Académie Française

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ismau 03/02/2016 18:25

Quand en 43 la jeune philosophe Simone Weil écrit L'Enracinement, deux ans avant sa mort, l' « après » de la France était me semble-t-il encore moins attrayant que celui d'aujourd'hui . Si Finkielkraut s'appuie sur cette référence, l'orientation décliniste de sa dernière phrase que vous mettez en exergue, s'en trouve donc subtilement modifiée . Ce que précise encore la suite du texte : « Cet amour, j’ai essayé de l’exprimer dans plusieurs de mes livres et dans des interventions récentes. Cela me vaut d’être traité de passéiste, de réactionnaire, voire pire, et même le pire par ceux qui, débusquant sans relâche nos vieux démons, en viennent à criminaliser la nostalgie, et ne font plus guère de différence entre Pétain et de Gaulle, ou entre Pierre Gaxotte et Simone Weil. » Il s'agit donc pour lui essentiellement de ''nostalgie'', mais pas d'un agressif constat excessivement polémique ou simpliste - à la manière de certains, dont il se démarque .

lesdiagonalesdutemps 03/02/2016 20:45

Ce qui est ennuyeux, enfin pour moi, c'est le coté illuminé et désincarné de Simone Weil, cette soif d'absolu assez incompréhensible pour l'hédonisme au petit pied que je suis. En outre je trouve curieux le parallèle entre Simone Weil grande intellectuelle de tout premier ordre avec Gaxotte, second couteau de la droite, qui n'a pas eu le courage de s'engager même dans la collaboration. Il aurait été plus judicieux d'opposer à Simone Weil Maurras, Celine ou Drieu. Il reste que le discours de Finkielkraut est un bien beau texte. J'espère que Gallimard l'éditera comme ils l'ont fait pour le discours de Modiano. Petite remarque souvent Le Monde, du moins jadis, publiait les discours des récipiendaires à l'Académie Française mais pas pour Finkielkraut...