Sept Frères par Hervé Boivin, Didier Convard et Jean-Christophe Camus

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 Sept Frères par Hervé Boivin, Didier Convard et Jean-Christophe Camus
 Sept Frères par Hervé Boivin, Didier Convard et Jean-Christophe Camus

Heureusement que nous allons avoir bientôt une autre guerre, elle est d'ailleurs déjà là, pour que les scénaristes puissent renouveler leur stock d'histoire. Nous revoilà donc dans ce passé qui ne passe pas. En janvier 1951 les sept survivants d'une loge maçonique, La rose silencieuse, qui a été décimé entre le 11 et le 13 février 1943 par la Gestapo reçoivent une lettre de leur vénérable maitre: Tous les frères survivants sont priés d’être présents à une réunion qui aura lieu le 26 du mois, à 19 heures à la Grande Loge de France…

Henri Demontheil, Elias Guttman, Jakob Ferret, Marcel Astier, André Lemourieux, Bernard Soulac et Jean Guérin ont tous ont perdu leur liberté et nombre de leurs proches le jour de la rafle qui a mis fin à l’existence de « La Rose silencieuse ». Il réponde tous à la convocation pourtant ils savent que leur vénérable a été abattu par les allemand lors de la raffle. Lorsqu'ils arrivent à la réunion il trouve un autre courrier qui leur demande de recréer leur loge mais auparavant il faut qu'ils démasque le traite qui a vendu leur résau de résistance. Le traite est l'un des sept frères. 

Il a fallu deux scénaristes pour ce démarquage de Marie-Octobre, le célèbre film de Julien Duvivier tout d'abord Didier Convard, lui-même franc-maçon et Jean-Christophe Camus (cofondateur de l’agence graphique Trait pour trait). Cette abondance de bien ne les a pas empéché de multiplier les invraisemblances. Très habilement la façon peu plausible dont chaque membre a été arrêté et a survêcu sert un temps le scénariste puisque l'on sait qu'au moins un des sept frères trois points ment. Hélas les six autres parcours ne sont pas plus convaincants que celui du coupable. Pourtant cela commence bien et après l'exposé des faits et la présentation des personnages ont a envie de connaitre le dénouement, la déception sera d'autant plus grande.

C'est vraiment dommage car le dessinateur fait un sans faute alors que le scénario multiplie les embuches; en premier lieu le nombre de personnages. Boivin parvient à leur donner une tête reconnaissable au premier coup d’œil. Autre performance remarquable l'impeccable reconstitution du Paris et de sa banlieue de 1951 dans le premier tiers de l'album. Dans la suite un autre tour de force attendait le malheureux dessinateur, rendre vivant une discution entre sept personnages sur près de 20 pages, et de ce point de vue là encore le pari gagné. Autre obstacle celui de rendre immédiatement lisible ce qui s'est passé en 1943, sept flashbacks retraçent le jour de l'arrestation de chacun des hommes et ce qui se déroule de nos jours. Boivin a utilisé un procédé simple, classique mais efficace, celui de représenter le passé en noir et blanc et le présent de l'action en couleur.

Vraiment dommage que les scénaristes n'aient pas été plus respectueux des réalités historiques.

Publié dans Bande-dessinée

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xristophe 26/01/2016 22:05

Qu'est-ce que c'est que cette histoire de guerre - j'étais tout aujourd'hui dans Paris : pas vu un seul taxi en colère...