Betoniyö (Nuit de béton) un film de Pirjo Honkasaio

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Betoniyö (Nuit de béton) un film de Pirjo Honkasaio

Betoniyö, le film
 

Finlande, 2013

Réalisation: Pirjo Honkasaio Betoniyö, directeur de la photographie Peter Flinckenberg

avec: Johannes Brotherus (Simo),  Jari Virman (Ilkka), Anneli Karppinen, Juhan Ulfsak  
 
Betoniyö, 3
 
Simo, à 14 ans est un garçon solitaire. Il vit dans un quartier sinistre et sans ame d'Helsinki. L'adolescent vient de découvrir son homosexualité. Le jeune homme n'a pas de père. La mère a une vie vide que semble n'égayer que son chat. Elle parait vivre que pour subvenir aux besoins élémentaires de ses deux fils. 
 
Betoniyö, 4
 
Résumé
 
Simo a un frère, Ilkka, âgé de quelques année de plus que lui qu'il l’admire plus que tout. il doit retourner en prison pour purger une peine. La mère persuade Simo passer la dernière nuit de son frère avec lui. Auparavant, les deux frères passent une journée ensemble. L'ainé est un criminel qui a une mauvaise influence sur le garçon. Ilkka n'a que haine pour tout ce qui l'entoure... Tout, va basculer pour Simo au fil de ces 24 heures et des rencontres jetées sur sa route. 
 
Betoniyö 1
 
L'avis critique
 
Nuit de Béton est un film très dur, un drame existentiel où le héros ne semble pouvoir être vouée qu'à une existence sordide et sans âme, enveloppé par le chaos, cerné par la saleté et le tumulte.
Le film, basé sur le roman éponyme de Pirkko Saisio paru en Finlande en 1981, est tourné dans un noir et blanc splendide (trop). Chaque plan est une superbe photo mais si cette magnificence de chaque image est un plaisir pour les yeux de tous les instants, elle dessert le film. On se dit que la misère morale peut être bien jolie... Le summum du maniérisme qui gangrène le film, est la première séquence du film. Nous sommes précipités sans préambule dans un cauchemar de Simo. Et notre cinéaste ne lésine pas sur les moyens! Il fait carrément plonger un train dans la mer lorsque s'écroule un immense pont métallique. Simo se retrouve prisonnier d'un wagon qui s'abime dans les flots... Lourde, mais plastiquement très belle, métaphore de l'impasse de la condition sociale de Simo qui le condanne.
Le dépaysement pour un parisien est limité. On voit un nègre voleur à la tire dans le métro, un clochard qui pisse dans un wagon... Et l'on s'aperçoit que le passe temps préféré des petits blancs est de siffler bière sur bière...
Le chef opérateur a quelques tics. Il raffole des plans dans lequel il cadre son sujet dans un reflet, à moins que ce soit derrière une vitre. En outre il use et abuse des contre-jour. Le film, tourné en cinémascope, offre une variété étonnante de focals. Si nous avons droit très souvent à des plans larges, cinémascope oblige, nous sommes aussi gratifié de séquences en macro sur des... fourmis, sans doute encore un parallèle avec la condition de peu de Simo et des siens. Dernière curiosité, à voir ce film on pourrait penser qu'Helsinki est une ville à la température caniculaire, Simo étant presque toujours torse nu quand il n'est pas en slip ou tout simplement nu... 
 
Betoniyö, 6
 
 
Betoniyö, 2
 
 
Betoniyö 5
 
Bande annonce en version originale
 
 
 

pour voir film et le télécharger  ICI 
 

Pirjo Honkasalo (née en 1947) travaille aussi bien sur des films de fiction que sur des documentaires. Betoniyö (Nuit de béton), est son dernier film. Il est sorti en Finlande à l'automne 2013. Après une formation de chef opérateur, elle fut, à l'âge de 23 ans, la première femme responsable de la photographie d'un long métrage en Finlande. Dans tous les films au programme de notre cycle, elle porte cette double casquette de réalisateur et de chef opérateur. Elle nous emmène en Estonie, en Tchétchénie, en Inde et au Japon. Avec la spiritualité comme thème récurrent, elle observe ses protagonistes sans scénario pré-écrit et laisse leurs histoires se révéler au fur et à mesure de la rencontre. La beauté des images et la poésie de la narration ne laissent pas le spectateur indifférent, tandis que les conditions de tournage parfois délicates amènent à s'interroger sur la position du cinéaste.

Betoniyö (Nuit de béton) un film de Pirjo Honkasaio
Betoniyö (Nuit de béton) un film de Pirjo Honkasaio
Betoniyö (Nuit de béton) un film de Pirjo Honkasaio
Betoniyö (Nuit de béton) un film de Pirjo Honkasaio
Betoniyö (Nuit de béton) un film de Pirjo Honkasaio
Betoniyö (Nuit de béton) un film de Pirjo Honkasaio
Betoniyö (Nuit de béton) un film de Pirjo Honkasaio
Betoniyö (Nuit de béton) un film de Pirjo Honkasaio

Publié dans cinéma gay

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Phil 01/01/2016 19:56

Je suis heureux que vous chroniquiez enfin ce film que je vous avais indiqué il y a quelques mois, persuadé que le sujet et la prise de vue en N&B vous intéresseraient ainsi que la majorité de vos lecteurs… malgré la fin très sombre. Merci encore pour votre blog délicieux que j'accompagne de tous mes voeux en cette nouvelle année.

lesdiagonalesdutemps 01/01/2016 21:30

Les images sont magnifiques. Il reste qu'une suite de belles images ne font pas un bon film, celui-ci à tous les défauts des film de chef op. Quelle belle exposition de photos cela aurait fait.

florent 01/01/2016 14:49

Merci pour tous vos post dernièrement, de très beaux films, belle année à vous

lesdiagonalesdutemps 01/01/2016 16:21

Merci pour vos voeux . Je vous envoie les miens pour que votre année 2016 soit la meilleure possible.