Souvenirs (inédits) d'Henry de Montherlant

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Martial 08/12/2015 12:35

"Certes, certes mais en regard de la vie que mena Montherlant après 1945, j'ai du mal à voir en lui un hédonisme ou alors c'est un repenti de l'hédonisme"
Rien ne dit que Montherlant n'a pas continué à chasser après 1945. En 1958, n'a-t-il pas donné vie à un Don Juan sexagénaire criant de vérité ? On sait qu'en 1968 l'académicien est devenu borgne —suite à une "chute", prétendait-il. Dans un volume de son Journal ("Rue des Saints-Pères, 1970-79"), Jacques Brenner mange le morceau :
" D. A. [Dominique Aury] me confirme que la maladie d’yeux de Montherlant était la conséquence d’un cassage de gueule par un gigolo. Elle sait cela parce qu’Arland connaît l’oculiste qui soignait Montherlant. Un coup de poing trop bien appliqué…"
Les derniers Carnets du solitaire du quai Voltaire sont d'ailleurs parsemés de notes relatives à son activité sexuelle. Oh non, Montherlant n'a pas dételé en 1945 !

lesdiagonalesdutemps 08/12/2015 12:59

Je ne réduit pas une vie hédoniste à la chasse maladive de créatures quelque soit le sexe et lâge de celles-ci. La chasse est loisir mais elle devient une manie lorsqu'elle suffit a occuper la totalité de ses loisirs. Etre hédonisme c'est profiter à chaque instant de ce qu'offre la vie et je trouve celle de Montherlant dans ses vingt cinq dernières années bien triste. Moins triste toutefois que celle de Brenner tout à fait lamentable si l'on en croit son journal lui même pas vraiment un chef d'oeuvre du diarisme.

Antoine2LaRochelle 08/12/2015 11:09

"Mes persmisions se passaient à tripoter des antiques"...C'est sous ce terme d'antiques que Montherlant parlait de ses bonnes fortunes dans ses lettres à son ami Roger Peyrefitte. Cette correspondance, en partie éditée, est souvent assez opaque à force d'être cryptée. Elle est parfois savoureuse... Merci d'avoir, une nouvelle fois, exhumé un beau texte, qui plus est "dans son jus". On retrouve là tout Montherlant, décidé à poursuivre son bonheur, à travers les vicissitudes du temps; "le fil d'or de la conduite individuelle" (de mémoire) de "l'Equinoxe de septembre".

lesdiagonalesdutemps 08/12/2015 11:17

Certes, certes mais en regard de la vie que mena Montherlant après 1945, j'ai du mal à voir en lui un hédonisme ou alors c'est un repenti de l'hédonisme. Il serait intéressant de se pencher sur cette évolution. Celle d'un homme en fait assez représentatif de bien des français qui a vu son monde s'écrouler en 1940 et peut être encore plus en 1944.

ismau 06/12/2015 19:07

Surtout ''remarquablement'' écrit, pour moi… mais les dessins sont d'autant plus beaux - les 1ers en particulier - qu'accompagnés de ces ''souvenirs'' personnels si précisément intéressants . L' expérience de l'attirance esthétique exercée par les corps dénudés est exprimée ici comme rarement, dès la phrase d'introduction : '' Toujours je fus attiré par la méditation sur le corps humain .'', avec le surprenant terme de ''méditation'', d'habitude réservé à une pure spiritualité détachée du corps . L'expérience artistique, puis l'expérience sportive, sont élevées au rang de nécessité d'une harmonie intérieure : ''Je ne pouvais vivre sans la familiarité du nu, et c'est alors que je résolus de faire partie d'un club sportif. Il me semble donc que c'est l'esthétique qui me mena à l'athlétisme ''
J'apprécie également l'humour de la conclusion de Montherlant, conscient du décalage de son article avec les préoccupations du moment ( sur la page de Marianne, il avoisine en effet curieusement avec discours et images qui sont assez loin d'un esprit d'harmonie ...)

lesdiagonalesdutemps 07/12/2015 14:05

C'est tout l'intérêt de replacer dans leur "décor" mais ces juxtapositions nous paraissent incongrues parce que nous connaissons la suite de l'Histoire. Nos premières des journaux du jour, à un lecteur dans 50 ans, paraitra sans doute aussi curieuses.

Bruno 05/12/2015 14:33

Très curieux billet. Nous avons là UN Dominique, remarquablement dessiné de surcroit, bien plus réel que "la" Dominique de "Mais aimons nous...", où Peyrony, lui, est un vrai garçon. Les jeunes filles de Montherlant m'ont souvent semblé aussi...crédibles que celles de Marcel...

lesdiagonalesdutemps 05/12/2015 18:29

Les jeunes filles de Marcel sont très crédible lorsqu'elles sont... lesbiennes.

xristophe 05/12/2015 14:21

Quel talent, tout de même, Henry-Millon...