Quand on est jeune

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Quand on est jeune, on invente différents avenir pour soi-même; quand on est vieux, on invente différents passés pour les autres.

Julian Barnes

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xristophe 10/10/2015 14:52

Pour moi (juste parce que je vous imite cher Olivier, comme un chien de faïence pour rire, qui avez tendance à nous brandir votre moi) je préfère le passé des autres, comme de moi-même, et je ne vois d'avenir qu'à le rechercher (non je ne me prends pas pour Rinaldi ni même pour Marcel Proust)... et l'avenir des jeunes, c'est ça qui "m'enquiquinerait" si j'avais envie d'y penser

Olivier 09/10/2015 11:48

Ha ha, j'aime bien l'humour britannique de Barnes, mais là je suis deux fois en désaccord avec lui. Quand j'étais jeune, je vivais dans un perpétuel présent et avec la volonté de ne pas en déborder pour en profiter d'autant mieux (toute pensée de l'avenir me lassait, même si je ne le craignais pas).
Aujourd'hui, c'est un peu moins hédoniste mais pas triste non plus, j'invente des avenirs aux jeunes que je côtoie : et lui, que deviendra-t-il, l'année prochaine, dans dix ans ?

D'une certaine manière, il me semble que les gens n'ont pas de passé, jamais. Je m'entends : lorsque le passé d'un individu est vivant en lui, alors il le porte sur son visage, dans ses gestes et ses paroles : c'est un passé très présent, au fond, pour peu qu'on sache le "voir". Ainsi, je "vois" de joyeux et jeunes garçons en filigrane dans la personne de connaissances de 40, 60 ou 80 ans ; ce n'est pas le souvenir ou l'écho de ce qu'ils ont été, c'est la part préservée et encore vive de ce qu'ils sont toujours.
Quant au passé bel et bien passé, c'est-à-dire mort et enterré du vivant de la personne, je ne vois pourquoi j'irais m'enquiquiner à tenter de me l'imaginer !