Le prince du Nil de Jacques Martin

Publié le par lesdiagonalesdutemps

J'ai trouvé cette étude érudite à l'adresse ci-dessous, ne manquez pas d'y aller voir, il y a de très belles choses

http://lectraymond.forumactif.com/

 
 
LE PRINCE DU NIL


Onzième aventure d’Alix
 
 
Résumé de l’histoire
 
Alix et Enak sont invités en Nubie, dans le sud de l’Égypte, par le roi Ramès Menkharâ qui règne sur le territoire de Sakhara. Enak serait en effet apparenté à cette famille qui s’oppose à la dynastie des Lagides depuis que celle-ci est montée sur le trône d’Alexandrie. Mais c’est un piège : en réalité le souverain redoute maintenant une invasion romaine et cherche à obtenir le concours d’Alix pour empêcher celle-ci, par le chantage ou par la force…
 
 
Quand cela se passe-t-il ?
 
Le complot a pour but de s’opposer à un projet d’invasion de l’Égypte par César « après son retour de Gaule », selon l’un des conjurés. D’après le contexte des aventures d’Alix postérieures à celle-ci, César n’a pas encore franchi le Rubicon, en -49, et il n’est arrivé à Alexandrie qu’en -48, après sa victoire sur Pompée à Pharsale. Cette histoire se déroule donc entre -52 ( à la fin de la guerre des Gaules ) et -49.
 
 
Où cela se passe-t-il ?
 
Dans cet épisode, Sakhara n’est pas précisément située : en Nubie, c’est tout. Il faudra attendre Le fleuve de Jade pour avoir une indication plus concrète : Alix et Enak passent d’abord devant les temples d’Abou Simbel, puis, peu après, devant les ruines de Sakhara, avant d’arriver à Méroé. Sakhara se trouverait donc entre les deuxième et troisième cataractes.
Le site de Sakhara pourrait être l’île de Saî, qui se trouve à mi-chemin entre ces deux cataractes, qui mesure onze km sur cinq km et qui a été occupé sans interruption depuis le paléolithique jusqu’à l’époque ottomane. La ville du Nouvel Empire est l’une des mieux conservée de Nubie, notamment le temple daté du règne de Thoutmosis III.
 
 
 
Le contexte
 
De l'Histoire...
 
Il n’y a jamais eu à proprement parler d’invasion de l’Égypte par les Romains. L’Égypte ne perdit son indépendance qu’après la mort de Cléopâtre, en -30, même si la monarchie lagide est militairement et financièrement contrôlée par Rome dont les armées alliées avaient remis Ptolémée XII sur son trône en -55, après une révolte à Alexandrie : elle était donc devenue un protectorat romain de fait sinon de droit. Elle devint sous l’Empire une province romaine gouvernée par un préfet aux pouvoirs très étendus, chargée de fournir du blé, du papyrus et des matières précieuses.
Mais les relations – et le contentieux – entre les deux puissances ne datait pas d'hier. Il faut faire un retour en arrière pour bien comprendre ce qui s'était passé.
Depuis plusieurs siècles, l'Egypte est le grenier à blé des pays méditerranéens : la Grèce, l'Asie mineure et Rome s'y fournissent en céréales, vitales pour des populations dont la terre n'est pas toujours très riche, mais qui peuvent s'y approvisionner facilement grâce à des échanges commerciaux prospères. Quels que soient ses gouvernants : Pharaons locaux, Perses ou Grecs, L'Egypte est un pays riche, une puissance qui compte, longtemps la première en Méditerranée, en attendant les Perses, Alexandre et Rome.
Justement, entre Rome et l'Egypte, les premiers contacts diplomatiques datent de l'échange d'ambassadeurs à l'époque de Ptolémée II, en -273 ; les deux empires se parlent alors sur un pied d'égalité. Ce n'est plus le cas un siècle plus tard : en -168, Rome sauve les Lagides de la conquête Séleucide. Rappelons que Séleucos fut celui des généraux d'Alexandre qui “hérita” de la partie orientale de son empire, de la Syrie à l'Indus, dont il fut progressivement délogé par les Parthes, ses successeurs essayant de se rattraper sur d'autres régions, sans trop de succès, jusqu'à ce qu' ils entrent dans l'orbite romaine en -64.
En -164, Rome intervient encore pour arbitrer entre les deux frères Ptolémée VI et Ptolémée VIII : désormais, Rome sera directement impliquée dans les querelles de successions des Lagides. En -116, après la mort de Ptolémée VIII, l'un des candidats au trône, Ptolémée X, va même jusqu'à léguer son royaume au peuple romain pour l'emporter sur son rival. Mais quand il meurt en -88, l'annexion ne se fait pas.
Pourquoi ? C'est que l'Egypte est un gros, un très gros morceau : Rome redoute le surcroît de richesse et de puissance qu'en retirerait celui qui gouvernerait cette province.
A partir des années -60, la dépendance des souverains Lagides à l'égard de Rome augmente. En -58, le Sénat romain vote la transformation de Chypre, gouvernée par le frère de Ptolémée XII, en province romaine ; tandis que le souverain chypriote se suicide, Ptolémée XII est contraint, devant la vindicte des Alexandrins, de quitter précipitamment Alexandrie en cédant le pouvoir à sa fille aînée Bérénice.
 
 
La suite, vous pourrez en prendre connaissance en lisant “Alix raconte Cléopâtre”, qui raconte en détail les luttes d'influence que se livrent les diverses factions romaines et égyptiennes pour la conquête du pouvoir.
 
Et comme tout cela se passe surtout à Alexandrie, “ville grecque près de l'Egypte, mais pas ville égyptienne”, que devient pendant ce temps-là l'Egyptien moyen de la chôra, c'est à dire de la province ? Sa situation n'a guère changé depuis la nuit des temps, il continue à travailler de la même façon une terre qui appartient au Pharaon, à cette différence près que les taxes qui servaient auparavant à rémunérer les scribes, prêtres et soldats dans le cadre d'une économie de redistribution, ont désormais pour but, sous les Lagides, de faire prospérer l'Etat.
On comprend donc pourquoi les choses se compliquent quand le souverain dilapide le trésor pour tenter de sauvegarder son indépendance ; des révoltes ont lieu et les gouverneurs locaux deviennent des grands seigneurs quasi-autonomes menant leurs propres affaires loin du pouvoir central.
Les caisses de l'Etat devaient être si vides qu'on trouve plusieurs dévaluations monétaires sous le règne de Cléopâtre ; elle interdit, en -50, de transporter les céréales de moyenne Egypte ailleurs qu'à Alexandrie, ce qui suppose de sérieuses difficultés de ravitaillement de la capitale ; pour couronner le tout, le Nil fit la grève de la crue en -42 et -41, ce qui entraîna des récoltes désastreuses, mais la souveraine ne réagit qu'en exemptant de taxes... les propriétaires terriens d'Alexandrie !
 
 
... à l'histoire
 
Supposons que nous n’ayons pas affaire à un récit inventé, mais à des faits réels : quel en serait le contexte ?
A l’époque où se déroule notre histoire, les maîtres de Sakhara avaient-ils pour autant des raisons de se méfier des Romains ? Ils n’avaient sans doute pas lieu de craindre les Égyptiens, dont la domination sur la région s’arrêtait alors à la latitude d’Abou Simbel. Il faut pour les comprendre remonter au moment de leur installation dans le pays, trois siècles auparavant.
Ce n’est certainement pas par hasard qu’ils se sont installés ici. L’Égypte a colonisé cette région, qu’elle nommait Koush, au temps du Nouvel Empire ( -1550 ), puis, profitant d’un certain effacement égyptien, Napata ( à partir du -VIIIème siècle ) et Méroé ( à partir du -IIIème siècle ), plus au sud, se sont révélées ensuite des puissances régionales prospères très influencées par la culture de leur grand voisin du nord.
D’où provient la richesse de Sakhara qui témoigne d’un faste réel ? Certainement pas de ses conquêtes militaires, car la région semble pacifique, même si on y trouve un général.
En revanche, la région offre une situation incomparable, au carrefour du Nil et des routes caravanières de la mer Rouge, du centre et du sud de l’Afrique, pour les produits venant de la Nubie elle-même et pour ceux drainés par les liaisons commerciales qui existaient depuis longtemps pour transporter ces richesses variées : or, pierres précieuses, ivoire, ébène, encens, animaux exotiques, et, bien sûr, esclaves, dont le monde méditerranéen était avide. En fournissant ces produits, en contrôlant ces routes, et en protégeant les marchands d'éventuels pillards en échange d‘un péage, les pouvoirs locaux assuraient leur fortune.
Si l’Égypte avait laissé cette région en déshérence, il n’est donc pas étonnant que des gens entreprenants s’y soient fixés et ont pu y établir un État indépendant, aux dimensions limitées, mais à la prospérité indéniable. Mais à la fin de l’époque ptolémaïque, le pouvoir égyptien vacille et les rois de Sakhara pouvaient légitimement redouter l’esprit d’expansion d’une nouvelle domination qui ne pouvait être que celle de Rome.
Même si cette Sakhara ( qu'il ne faut pas confondre avec la nécropole de Saqqara, au sud du Caire, qui est bien réelle ) est imaginaire, elle reste vraisemblable. La signification possible de ce nom serait : Râ a mille fils.
 
 
 
Comment est racontée l’histoire
 
Le scénario de cette histoire est particulièrement serré : sans doute l’effet du passage du nombre de pages à 46 seulement. Il en résulte qu’il n’y a pas de temps mort dans ce récit où les évènements se précipitent et viennent se greffer sur un thème de départ qui aurait dû être pour les héros un voyage sans aléas, mais pas sans émotion, comme nous le verrons plus loin. La progression dramatique ne laisse donc pas un instant de répit aux personnages, et aux lecteurs non plus ! Quant à l’étude des caractères des personnages, tout est dit en quelques images et répliques.
Dans ses détails comme dans ses couleurs, le dessin est particulièrement somptueux, même s’il perd un peu en surface pour les mêmes raisons. En compensation, il est vif et nerveux, montrant un maximum d’action. La précision des détails, la ville, le temple, les expressions des personnages, témoignent d’une observation poussée et d’une documentation sans faille.
Dans “Avec Alix”, Jacques Martin nous dit qu'il s'est inspiré de l'histoire d'Antinoüs, telle que Marguerite Yourcenar la raconte dans “Mémoires d'Hadrien”. Je dois avouer qu'à part le fait que ces deux récits se passent sur le Nil, je ne leur ai trouvé aucun autre point commun, mais d'autres lecteurs ont peut-être fait preuve d'une plus grande perspicacité...
 
 
S.O.S. Météores
 
Cette idée de la destruction finale de Sakhara par une chute de météorites me semble parfaitement originale et certainement unique dans la littérature, du moins à ma connaissance. En effet, si de nombreuses cités ou ouvrages humains ont pu être détruits ou endommagés par des cataclysmes terrestres : éruptions volcaniques, séismes, cyclones, inondations, etc., il n’y a pas d’exemple, à l’époque historique, de ville détruite ou simplement affectée par des météorites.
Celles qui tombèrent en 1803 près de L’Aigle ( Orne ) conduisirent le physicien Biot, qui les examina, à reconnaître leur origine extra-terrestre, mettant ainsi fin à des millénaires de superstitions, malgré de nombreuses observations antérieures qui allaient aussi dans ce sens. Quant à celle qui tomba le 30 juin 1908 en Sibérie, on pense que ce devait être une petite comète, d’environ 50 m de diamètre, qui explosa et se désintégra avant de toucher le sol dans une région quasiment inhabitée. Pourtant, au cours de sa formation, notre Terre en fut généreusement arrosée, mais il n’y avait alors personne pour le voir et le raconter. Et ça continue : chaque année, 20 000 tonnes de micrométéorites tombent sur la Terre, mais pas de panique : leur taille et leur poids sont infimes, ce sont nos étoiles filantes ; le 7 octobre 2008, la chute d'un astéroïde de 4 m tombé sur le nord du Soudan a pu être observée en direct : entré dans l'atmosphère à la vitesse de 40 000 km/h, il explosa ( 1/10° de la puissance de la bombe d'Hiroshima ) en centaines de fragments ; on en a retrouvé 280 pesant en tout 5 kg.
Bien sûr, il y aurait eu le « feu du ciel » qui, selon la Bible, détruisit Sodome et Gomorrhe. Mais les archéologues qui retrouvèrent les ruines de deux cités, au bord de la Mer Morte, conclurent qu’elles furent plutôt détruites par l’incendie de poches de gaz souterraines, voici 3 900 ans. Des faits semblables furent observés depuis en Mésopotamie. On peut d’ailleurs se demander comment ces deux bourgades d’à peine un millier d’habitants chacune, purent passer, aux yeux des descendants de pasteurs nomades qui racontèrent l’histoire plus tard, pour des modèles de dépravation…
Les Égyptiens avaient déjà observé des phénomènes célestes tels que les météorites, ainsi que les éclipses et les comètes, mais leur astronomie rudimentaire ne savait pas les expliquer : leur science était une science religieuse basée sur l’observation du ciel nocturne par les prêtres pour établir une division de la nuit en heures, d’après laquelle ils déterminaient la position du soleil dans sa mystique course nocturne. Cela leur avait permis de cataloguer les étoiles, les constellations et les cinq premières planètes. En revanche, ils ne pratiquèrent l’astrologie que tardivement, sous l’influence des Grecs, puis des Romains, alors qu’ils connaissaient une sorte d’horoscope depuis le Nouvel Empire.
 
 
Une nouvelle pyramide
 
Sa construction n’a rien d’anachronique. Jusqu’au début du Nouvel Empire ( -1500 ), la pyramide resta la tombe royale par excellence, puis tomba en désuétude. Mais à l’époque ptolémaïque, les royaumes de Napata et de Méroé, déjà cités, en construiront pour se rattacher à une tradition dont ils avaient cependant oublié le sens et la grandeur. Rien d’étonnant, donc, que leurs voisins de Sakhara en fassent autant.
La pyramide classique est une évolution logique de l’extension des mastabas originels qui, par leur empilement, aboutirent d’abord à la pyramide à degrés. Elle est liée à la destinée solaire du roi qui doit monter au ciel pour rejoindre Rê : la pyramide est « l’escalier du ciel ». Elle se « lit » donc de bas en haut, mais aussi de haut en bas, car sa forme rappelle celle des rayons du soleil qui tombent sur le pyramidion et viennent illuminer le monde.
Et je ne peux pas résister au plaisir de citer une fois de plus ce gag attribué à plusieurs humoristes : “La forme même des pyramides prouve que, plus le temps passe, moins les ouvriers ont envie de travailler.”
 
 
Des pyramides en Egypte : où, comment, pourquoi ?
 
Pour Philon de Byzance, qui établit au IV° siècle la liste des sept merveilles du monde, « les pyramides sont des montagnes construites sur des montagnes. »
Selon Jean-Pierre Adam, architecte et archéologue, « la pyramide résulte de l’alliance du tas de sable et de l’angle droit. »
La pyramide naît de deux phénomènes que l’on rencontre à toutes les époques de l’Histoire et dans de nombreuses régions : le signal qui sert à marquer le passage d’un personnage illustre, comme le tumulus primitif, ou, plus tard, le mausolée des Grecs, et l'élévation vers le monde du divin, lorsque le roi divinisé rejoint le royaume des dieux.
Vers -2750, le première vraie pyramide égyptienne est construite pour le roi Djéser, par son architecte : Imhotep. Celui-ci est le premier personnage, qui n’était ni un dieu, ni un roi, dont l’Histoire a retenu le nom. Il fut aussi le premier à utiliser la pierre pour un bâtiment important, ainsi que l’architecture géométrique. Imhotep sera divinisé et deviendra le dieu protecteur de tous ceux qui détiennent un savoir de haut niveau.
Ces constructions nécessitaient de bonnes connaissances en géométrie. Les Egyptiens avaient acquis cette science de manière empirique grâce aux crues du Nil : chaque année le fleuve recouvrait de son limon fertile l’ensemble des zones cultivées et les redessinait, et il fallait tout mesurer à nouveau pour attribuer à chaque cultivateur ce qui lui revenait et établir l’assiette de l’impôt ( Hérodote ). C’est ainsi que les Egyptiens devinrent d’excellents arpenteurs, et le reste a suivi. Toutefois, il n'existait pas de plan-type des pyramides, mais des schémas et des maquettes.
On connaît actuellement 60 pyramides, mais il en resterait encore beaucoup à découvrir ; elle furent toutes construites entre le Caire et Assouan, de -2750 à -1750. La pyramide n’était que l’élément terminal d’un ensemble funéraire royal qui comprenait généralement, en partant du Nil : un port ( où arrivaient les matériaux, puis le cortège funèbre ), un temple bas suivi d’une chaussée dallée de longueur variable, parfois plusieurs centaines de mètres, qui s’achevait par une enceinte englobant un temple haut accolé à la pyramide. Celle-ci est avant tout une tombe, une matrice close dans laquelle le roi se transforme en soleil ; elle représente la gloire de son lien avec les dieux : rien ne doit y pénétrer pour que la transformation ait lieu : une fois le roi enterré, le monument n'était pas destiné au public. On va donc toujours de l’est, le soleil levant, la vie, vers l’ouest, le soleil couchant, la mort ; c’est pourquoi toutes les pyramides sont construites sur la rive occidentale du Nil.
Les méthodes égyptiennes de construction restèrent frustes : ils n’utilisaient ni roue, ni poulie, mais seulement des leviers et des traîneaux de bois glissant, non pas sur des rondins de bois, matériau peu disponible en Egypte, mais sur le sol lubrifié par du limon ; ainsi, 20 hommes pouvaient traîner un bloc de 2,5 tonnes. Les carrières n’étaient jamais très loin des chantiers : 300 mètres pour la pyramide de Kheops. Mais d’autres matériaux pouvaient venir de plusieurs kilomètres ou de plus loin encore, tels que le calcaire blanc utilisé pour les parements ou le granit d’Assouan pour les chambres funéraires ; mais dans ce cas, le transport est assuré par le Nil. L'outillage reste simple : percuteurs de pierre, maillets de bois, ciseaux en cuivre.
 
En revanche, les archives archéologiques sont muettes sur la manière dont les constructeurs hissaient les blocs de pierre. Les rampes droites, inclinées à 10 % environ, ne permettaient pas de dépasser le tiers de la hauteur ; pour atteindre le sommet de Khéops, il aurait fallu une rampe de 1,8 km de long. Une rampe hélicoïdale, comme on en voit une dans l’album, faisait perdre l’accès aux arêtes et aux faces de l’édifice, et empêchait de contrôler la forme de la construction. Enfin, il aurait été possible de hisser les blocs à l’aide de leviers et de cales en bois d’une assise à l’autre, mais l’espace disponible entre deux assises successives est très faible. Les trois systèmes ont pu être employés ensemble, mais on n’en a aucune preuve.
Quoi qu’il en soit, ces constructeurs savaient aussi se simplifier la vie ; une partie du volume des pyramides est occupé par le socle rocheux servant de base : 23 % pour Kheops, 17 % pour Khephren. Et elles sont parfois pleines… de vide : les estimations de densité effectuées sur Kheops ont montré en 1986 qu’elle était moins dense qu’elle devrait être ; en outre, la grande majorité du volume n’est pas constitué des beaux blocs bien taillés et parfaitement ajustés que l’on voit à l’extérieur, mais de tout venant, car on ne se souciait guère de l’aspect intérieur. Les pyramides de Nubie, les plus tardives, ne sont qu’un revêtement de pierres et de briques rempli de gravats.
Le grand atout des constructeurs, c’était de pouvoir compter sur des équipes de travailleurs consciencieux, méthodiques et efficaces, qu’il s’agisse des carriers, des transporteurs ou des maçons. Rappelons qu’il s’agissait d’ouvriers libres et bien payés, vivant en famille dans des villages proches de leurs chantiers, et en aucun cas des esclaves, un statut d’ailleurs quasiment inconnu en Égypte cette époque.
 
Et ailleurs ?
 
Il n’y a pas de pyramides qu’en Egypte.
A la même époque, vers -2700, au Pérou, les habitants de la vallée de Supe édifiaient à Caral, au nord de Lima, sur 66 hectares, six pyramides à degrés dont la plus élevée a 19 mètres de haut. Leur fonction était cérémonielle ; elles furent construites par les habitants des villages de pêcheurs vivant sur la côte toute proche, sur l’ordre de l’aristocratie locale.
Un peu plus tard, vers -2100, commencent à être édifiées les premières ziggourats mésopotamiennes. Elles avaient aussi une fonction religieuse, comme l’atteste le temple situé au sommet : elles formaient l’armature de l’univers. On en a retrouvé 16, dont le côté de la base varie entre 30 et 60 mètres, la hauteur entre 40 et 100 mètres ; le nombre de terrasses superposées varie entre trois et sept, comme la « Tour de Babel » figurant sur la couverture de l’album du même nom. C’était des montagnes de briques savamment agencées ; les tâches des ouvriers étaient déjà codifiées en volume, en poids et en durée, ce qui permettait de les payer au juste prix.
En Amérique centrale, les Olmèques construisent à partir de -1200 des pyramides tronquées, centres cérémoniels autour desquels s’organise la cité ; des offrandes sont ensevelies sous les fondations. Pour faire une ville, il faut cette montagne artificielle, le pilier cosmique reliant les trois parties de la cosmogonie : en haut, le monde céleste, au milieu, le monde des hommes, en bas, l’infra-monde où résident les ancêtres et les divinités de l’eau et du feu.
En Amérique du Nord, les habitants de la vallée du Mississipi érigent des tumulus en terre, en forme de pyramides tronquées, les Mounds Builders, ou dessinent sur le sol d’étranges et gigantesques silhouettes d’animaux : tortues, oiseaux, serpents. Les plus anciens ont été faits vers -4000 et les plus récents vers 900, certaines constructions s’étalant sur plusieurs générations. Leur but était, selon les époques, funéraire ou cultuel, lié aux mythes locaux de la création du monde.
 
 
Chronique d’un piège annoncé
 
Revenons à présent à nos héros. Sur le point de départ constitué par le voyage d’Alix et d’Enak, et l’accueil de ce dernier dans sa « famille » retrouvée, viennent se greffer un grand nombre d’évènements imprévisibles pour eux, qu’Alix doit affronter seul ou presque : la conspiration contre César, la passion de Saïs à son égard, leur fuite et la défection d’Enak, sa captivité douloureuse, la destruction de la ville enfin. Seules les retrouvailles avec Enak viendront apaiser ses tourments à la fin de l’histoire.
Le thème central de cette histoire semble être l’exercice du pouvoir, avec la solitude et les dérives qu’il entraîne pour le gagner et le garder coûte que coûte. Viennent s’y greffer deux thèmes annexes mais importants : une intrigue sentimentale et une justice immanente et… céleste.
Le déroulement du thème central a pour conséquence la mise à mal d’une solide amitié, alors que rien ne laissait prévoir, dans les épisodes précédents, la désinvolture d’Enak et son indifférence au sort d’Alix. Pourtant brève, cette attitude a marqué de nombreux lecteurs qui ont ressenti une méfiance, voire une antipathie envers le personnage.
L’auteur a certainement pris un risque en faisant jouer un rôle moins sympathique à son personnage jusqu’ici cantonné dans des emplois de faire-valoir ou de victime. Il le fait briller ici de tous les feux d’une gloire factice, avant que son héros, plus habitué aux maladresses et à la malchance, se rende compte de la tromperie.
Enak ne s’exprime guère, dans cette histoire, mais on peut imaginer ce que l’auteur lui fait passer par la tête : que la chance et la fortune sont enfin arrivées pour lui et qu’il va pouvoir se libérer de la tutelle de son aîné. Celle-ci est-elle donc si pesante, l’affection et la sécurité ne compensant pas le manque d’autonomie ? Croit-il qu’Alix repartira sans lui, le laissant maître de son nouveau destin ?
Apparemment, tous deux se sont conduits assez naïvement, s’embarquant pour Sakhara sans prendre le soin de vérifier ce qu’on leur a raconté, et croyant revenir ensuite chez eux, chargés de cadeaux, après une visite « familiale » de courtoisie.
Ce n’est que lorsque Saïs fera part de ses doutes à Alix, puis que ce dernier apprendra de Djefer ce qu’on attend de lui, que cette hypothèse « tranquille » bascule.
Si Alix a eu des doutes avant cela - il s’étonne à peine des révélations de Saïs - il croit encore pouvoir s’en tirer après quelques péripéties animées. On verra que cela sera plus compliqué et dramatique qu’il l’a prévu, en particulier parce qu’Enak va oublier tout ce qui n’est pas sa nouvelle fortune, à commencer par Alix ! On verra aussi que Saïs se piège elle-même en révélant une partie du complot : son amour pour Alix n’a plus d’intérêt pour celui-ci, s’il peut retrouver Enak et s’enfuir avec lui ; elle n’en restera pas moins fidèle jusqu’au bout à l’étranger que l’oracle lui a révélé. On a là deux remarquables exemples d'affections sans retour : de Saïs vers Alix, et d'Alix vers Enak, mais si les choses s'arrangent à la fin pour la seconde, cela restera sans espoir pour la première.
On peut se demander pourquoi ils ne se sont pas méfiés davantage ; depuis le temps qu’ils se connaissent, ils ont certainement eu l’occasion de se raconter leurs histoires « d’avant » et auraient pu tenir ainsi un début de piste en s’assurant que les envoyés de Ramès disaient vrai : la généalogie et la descendance de ces grandes familles ne devaient pas être impossible à reconstituer, et il en était de même dans tous les pays. Des esprits curieux n’auraient donc pas eu trop de difficultés à s’assurer de la véracité d’une si belle histoire. A cette époque, la lignée, qu'il ne fallait surtout pas laisser s'éteindre, par respect pour les ancêtres, primait sur le sort de l'individu. Alix le sait bien, lui qui a deux lignées : celle, naturelle, de Gaule, et celle, adoptive, de Rome. Et si Enak n'était qu'un étranger ou un bâtard inavouable, était-il normal qu'il soit reçu avec tant de faste ? Que de questions à se poser au préalable !
A ce stade, il est une question que le lecteur peut se poser :
 
D'où viens-tu, Enak ?
 
Tous les lecteurs d' Alix le savent : Enak apparaît pour la première fois à Alexandrie, dans “Le Sphinx d'or”, pages 20/21 pour être précis, où il permet à Alix d'échapper à ses ennemis qui le traquent. Que savons-nous d' Enak à ce moment-là ? Il a environ 12 ans, paraît en bonne forme, mais on ne l'entretient sûrement pas à ne rien faire, quoiqu'il semble disposer de quelques loisirs, puisqu'il dit à Alix “qu'il venait jouer dans les ruines avec des amis”. Cette première aventure achevée, il ne devait pas revenir, mais on sait que Jacques Martin fut contraint par ses lecteurs et son éditeur de le ramener dans “L'île maudite” où il débarque page 16. Là, son portrait est complété avec l'annonce la mort de Josah, son père adoptif, “le rendant orphelin pour la seconde fois”. Dans les histoires suivantes, on le retrouvera toujours, sinon sur le devant de la scène, du moins immédiatement après Alix.
Récapitulons : il a eu une première famille qui a disparu, on ne sait pas comment, et il a été recueilli et adopté par Josah, qui ne semble pas, lui, avoir d'autre famille. On ne sait pas non plus ce qu'il fait exactement auprès du marchand, ni si celui-ci pourvoit à son éducation, mais c'est probable car on découvre au fil des épisodes qu'il est relativement instruit, on le voit aussi dessinateur, musicien et même danseur, mais surtout archer émérite. Or, tout comme pour l'éducation qu'a reçue Alix, et sur laquelle je reviendrai dans une autre étude, tout cela ne s'improvise pas et commence à s'apprendre de bonne heure, hier comme aujourd'hui. En revanche, on ne sait pas s'il est né à Alexandrie ou ailleurs, dans quelle famille, ni si celle-ci a laissé de quoi l'entretenir, mais les Egyptiens, qui écrivaient tout, ont bien dû conserver quelques traces...
Par la suite, il ne poursuit pas son éducation, sauf par la pratique, en courant le monde avec Alix, au contraire d' Héraklion qui semble rester le plus souvent à Rome pour se former selon le contrat tacite passé entre Alix et sa mère. On voit la différence de statut entre les deux jeunes gens pour Alix : Héraklion est un pupille, Enak un compagnon ; et l'affection réciproque n'explique pas tout : il y a aussi la responsabilité et l'exemplarité dont Alix se fait une haute idée, et que le destinataire n'admet peut-être pas toujours, comme on le voit dans cette histoire. Et pourtant : même si le garçon est parfois encombrant et maladroit, Alix le considère quasiment comme son égal, et il est reçu partout comme tel, non pas comme un serviteur avec lequel on pourrait le confondre.
Conclusion provisoire : ou bien Enak est effectivement un enfant perdu et sans attaches, recueilli successivement par des gens de bien, ou alors il a conservé, quelque part dans le monde, des liens familiaux plus ou moins lointains, et ce sont ces derniers qu'on voit utiliser ici par d'autres gens dénués de scrupules, qu'il n'aurait cependant pas été imposible de démasquer avant qu'il soit trop tard.
 
Mais avec trop de réflexion, ils ne seraient pas allés se jeter dans la gueule du loup, ou plutôt des hyènes, et il n’y aurait pas eu d’aventure.
Cet épisode permet à l’auteur de nous dépeindre un Enak moins lisse et transparent que précédemment, mais il ne le laisse pas dans cette situation désagréable et nous le retrouverons plus tard dans des rôles plus classiques et même positifs.
Les personnages
 
Enak : puisqu’il tient le rôle-titre, accordons-lui pour une fois la première place. Pourtant, ce n’est pas un rôle très reluisant : preuve une fois de plus que non seulement le pouvoir corrompt, mais aussi la seule illusion ou l’espoir du pouvoir. Recueilli par Alix qu’il suit partout et parfois au péril de sa vie, il croit se stabiliser enfin, et qui plus est sur un trône ! Un esprit plus ferme et plus rassis que le sien en aurait chaviré, alors celui d’un gamin de treize ans… L’émerveillement qu’il suscite chez Ramès et le faste qui en résulte pour lui le fascinent, et il en profite. On le voit incrédule devant le danger et réticent à s’enfuir. Il n’en est pas pour autant excusable d’oublier Alix dans la peine et de croire à la fable de son crime sur la personne du prêtre, en échange d‘une adoption et d‘une succession hypothétiques. Il n'a même pas eu l'idée de se rebeller ni de plaider la cause d'Alix auprès de Ramès qui l'aurait certainement écouté, sinon suivi... Ce fâcheux moment d’égoïsme qui causera le désespoir d’Alix ne cessera qu’avec l’intervention de Saïs et le conduira à s’enfuir une seconde fois, mais seul, preuve qu’il a encore besoin d’être aidé à penser et à agir. Il lui restera alors le plus difficile à faire : recevoir le pardon d’Alix, mais celui-ci est compréhensif… Cet épisode aura peut-être contribué à lui mettre un peu de plomb dans la cervelle, car à partir de là, son rôle dans les histoires deviendra nettement plus positif, justifiant ainsi une possible signification de son nom : « l’énergie utile ( ou lumineuse ) » (N’-akh).
 
Alix : s’il a déjà connu des épreuves, ce qu’on lui réserve à Sakhara où il est venu de bonne foi et quasiment en touriste, est particulièrement cruel ; après la révélation du complot qui le contraint à choisir entre deux trahisons : celle envers César s’il accepte, celle envers Enak s’il refuse - et on comprend bien que ce dernier ne survivra pas longtemps à un refus - sa marge de manœuvre est réduite, malgré la passion et le dévouement de Saïs qu’il récompensera bien mal. Il est vrai que son sort est terrible après sa fuite manquée : emprisonné, lynché, torturé, réduit en esclavage. Pourtant, il parviendra à trouver les ressources pour reprendre l’offensive, avec un seul but : sauver Enak, ce en quoi il est logique avec lui-même, mais en négligeant Saïs, car il ne se partage pas. Il s’est déjà détourné d’autres femmes qu’il a croisé, et ce n’est pas vraiment une surprise pour nous. Ce trait de son caractère nous montre une fois de plus qu’il est loyal et fidèle, mais seulement à ceux qu’il a choisi et qu’il n’apprécie pas qu’on cherche à le contraindre par des sentiments qui lui sont étrangers.
 
Et, par ordre d’entrée en scène :
 
Djefer ( et les conspirateurs ) : seul le général est assez différencié par rapport à ses complices. S’il se met en avant, c’est qu’il a une haute idée de son rôle dans le royaume, jusqu’à présent plus défensif qu’offensif, et qu’il souhaite pérenniser ainsi. D’où le projet, dont il semble être le maître d’œuvre, consistant à prévenir une hypothétique invasion romaine. Même si on ne peut pas lui donner tout à fait tort sur le principe, il ne se montre guère scrupuleux sur le choix des moyens, tant il se juge supérieur aux autres et les méprise au point de croire qu‘il peut tout exiger d‘eux, mais sa morgue échouera contre Alix, et Ramès lui-même, pourtant le premier intéressé, cessera de jouer le jeu du complot.
 
Qaâ : un vrai prince, lui, quoique renié par sa famille pour cause de superstition. Son long séjour dans le désert et sa vie au milieu des bêtes sauvages lui permettent de tenir un discours virulent aux accents prophétiques. Cependant, il ne faut pas se fier à son allure d’homme primitif, car il ne semble pas parler au hasard : sans doute se tient-il un peu au courant des projets de Ramès. Il est même assez réaliste, plus lucide que son frère Ramès et moins sentimental que sa sœur Saïs. Pour avoir anticipé la destruction de la ville, il restera le seul survivant de sa famille.
 
 
Saïs : le plus fort caractère de sa famille, et de loin le personnage le plus intéressant de cette histoire. Ce n’est pas par hasard qu’elle lie son sort à celui d’Alix : son arrivée coïncide avec un oracle, et il lui est alors bien plus agréable de laisser parler le cœur plutôt que la politique. Mais son discours sera à sens unique : Alix a d’autres soucis, et s’il accepte d’abord son aide en recevant le pendentif, sans savoir qu’il a coûté la vie d’un prêtre, c’est dans l’espoir de fuir à jamais Sakhara, ses complots et ses gens. Pas plus que son élu, elle ne se décourage, et le soutient jusqu’au bout, n’hésitant pas à défier son frère le roi et à se promettre à Djerkao, qu’elle avait laissé sans grand espoir jusque là. Et tout cela pour rien : Alix ne se soucie pas d’elle et ne songe qu’à retrouver Enak. Elle aura contribué à leur délivrance sans rien obtenir de la part d‘Alix. C’est ce qui rend sa mort inattendue et inexpliquée si cruelle : le cœur brisé, à moins qu’une météorite… Il lui aura au moins été épargné de voir Sakhara détruite. Saïs est également le nom d’une ville du delta, qui fut capitale de l’Égypte sous la XXVIème dynastie, mais ce nom est la traduction grecque du nom égyptien de la ville : Saou ; en égyptien, Saïs serait un nom masculin et signifierait : « fils d’Isis ».
 
 
Ramès : on peut se demander ce qui est le plus important pour lui : sauver son État en éloignant la menace romaine, conformément au projet de Djefer et des conspirateurs, ou bien assurer sa succession en adoptant Enak ? S’il était conscient de ses responsabilités, il devrait privilégier la première action, qui pourrait devenir urgente et nécessiter tous ses moyens, car il finirait bien par trouver un candidat plus présentable à sa succession. Mais quand il a vu Enak, celui-ci a représenté le fils idéal qu’il n’a jamais eu, bien qu’il sache certainement à quoi s’en tenir à son sujet. Et s’il condamne Alix, c’est pour avoir enlevé Enak, pas pour avoir refusé de participer au complot. Il en arrive même à éluder la question du complot que Djefer lui rappelle ! Faut-il qu’il se sente au-dessus des évènements et des hommes pour réagir ainsi, et en retardant la fuite des habitants de Sakhara vers le désert, il sera la cause de leur destruction en même temps que celle de la ville : triste bilan de son règne. Le nom de Menkharâ pourrait signifier : Râ est stable ( se tient debout ) mille fois, autrement dit, le soleil brille toujours.
 
 
Djerkao : soupirant de Saïs, d’abord tenu à l’écart par la belle qui lui préfère ouvertement Alix, il revient en grâce dès que les problèmes s’accumulent et qu’une intervention musclée, qu’il reste seul à pouvoir mener à bien, devient indispensable. Entre sa fidélité à Ramès et sa passion pour Saïs, il a vite choisi : ce sera Saïs, et aux conditions de celle-ci. Hélas, il n’aura pas le temps d’être récompensé de son dévouement.
 
 
Satamon : ce garde-chiourme sadique finira mal. Il obéit platement à son roi et se croit obligé d’en rajouter un peu dans la cruauté. Son intervention parachève le désespoir d’Alix qui se croit abandonné de tous, puis provoque chez lui le sursaut salvateur et son intervention sur la pyramide. Ce nom est en réalité féminin : « fille d’Amon », celui de deux reines de la XVIIIème dynastie.
 
Conclusion
 
C’est une des histoires les plus complexes de la série par son thème et les évènements qu’elle propose, et malgré sa relative concision. Elle fait partie des meilleurs moments de la saga d’Alix où celui-ci est particulièrement mis à contribution, presque sans un instant de repos. Scénario, graphisme des décors et des personnages, rien n’a été laissé au hasard pour nous offrir un récit proche de la perfection.
 
 
Sources : la base documentaire est constituée par le « Dictionnaire de l’Antiquité » de Jean Leclant ( PUF ) et l’ « Histoire du Monde » de Jean Duché ( Flammarion ), complétés par des articles des revues suivantes : L’Histoire, Historia, Science et Vie, Le Courrier de l’Unesco, et des ouvrages, encyclopédies et dictionnaires divers, ainsi que d‘Internet. Sans garantie d’exactitude, la traduction des noms égyptiens vient du « Petit Champollion illustré » de Christian Jacq ( Pocket ).
 
 

Publié dans Bande-dessinée

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Bruno 30/10/2015 20:59

Erudition et documentation impressionnantes ! Merci pour le relais.