L'art reste l'arme unique contre le temps.

Publié le par lesdiagonalesdutemps

On serait sans doute accablé de rencontrer qui on avait désiré quinze ans plus tôt - alors que sa photographie retrouvée, écornée ou jaunie, ou dix lignes griffonées sur une feuille de cahier pour confirmer un rendez-vous, suffit à nous bouleverser. L'art reste l'arme unique contre le temps.

Claude Michel Cluny, Le silence de Delphes

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xristophe 07/08/2015 14:13

Vous n'avez pas tort. Il y a bien qq chose qui cloche entre Montherlant "vrai" et Montherlant refaçonné - d'où ce pathétique qui me plait et dont il joue (maints personnages de "pauvres types" comme il disait, maint aveu dans son texte si on sait le lire) ; physiquement il est assez beau jeune malgré cette coiffure de "romain" (?), et tout à fait charmant petit garçon gracile et ressemblant à sa très fine maman, lui délicat comme il n'est pas permis... En 72, c'est bien l'année de son suicide ? (d'un coup d'archet ?!) Racontez-nous cette rencontre ? (et même si "elle est déjà sur le blog" !) (dont je sais bien qu'il est encore plus riche de le Manuel des Castors Juniors)

lesdiagonalesdutemps 07/08/2015 14:39

Physiquement le problème de Montherlant est qu'il avait les jambes courtes ou le buste trop long, au choix un peu comme aujourd'hui le tennisman Gasquet... En avril 1972 j'ai servi de grouillot lors de ce qui fut je crois la dernière interview du maitre, ce dernier tout tassé sur son fauteuil (j'ai en effet déjà raconté cela, vous me forcez à radoter; le manuel du castor junior est dans ma bibliothèque; le dit fauteuil est également sur le blog avec les photos des lardons que l'auteur de Service inutile se partageait avec le plumitif de Mort d'une mère ", photographiés par ce bougre d'Egermeier comme de juste.). Je ne suis pas sûr qu'il m'est jeté un seul regard en effet 5 mois plus tard il se suicidait. Je pense que c'est un homme qui a été déboussolé par l'écroulement de la France en 1940 et qu'ensuite il n'avait plus le mode d'emploi de sa vie.

xristophe 06/08/2015 23:27

J'en ai pas tant que ça, laissez-moi mes piédestaux (sic)... Mais Montherlant est bien plus dur avec lui-même que ne l'est le petit Cluny - avec Montherlant... et on l'a tellement embêté, avec ses "poses" etc - dont il jouait travaillant différents aspect de sa complexité si peu "bornée", si gidienne finalement - en artiste. Il fait comme Delacroix, disait quelqu'un, lequel pour dessiner un tigre s'inspirait d'un chat.

lesdiagonalesdutemps 07/08/2015 14:29

Le singulier il est vrai laisserait supposer un usage à usage personnel alors que le pluriel fait surgir une galerie des sages où chacun des grands hommes de notre panthéon serait disposé chacun sur un piédestal, un peu comme dans les antiques tinettes romaines...

xristophe 07/08/2015 14:23

... J'écrivais "sic" mais je découvre que, oui ! on dit "piédestaux"...
Employé rarement je pense ?... C'est qu'en principe on n'en a qu'un si on en a. (Seul Angelo les a tous) (Je ne suis pas près d'entrer à l'Académie, avec un français pareil...)

lesdiagonalesdutemps 07/08/2015 07:44

Cluny ne dit pas que Montherlant est buté (Cluny est un lecteur et globalement un admirateur de l'oeuvre) mais qu'il a le front ainsi, il en fait un portrait au trait que je trouve juste. Ayant eu la chance de rencontrer Montherlant en avril 1972, je peux juger de la justesse du trait. Ce qui est gênant dans l'homme Montherlant c'est l'abîme qu'il existe entre l'élégance d'une partie de son oeuvre, particulièrement le théâtre, Malatesta, La guerre civile, le cardinal d'Espagne et celle de l'homme tant au moral qu'au physique. Je crois qu'une partie de embêtements viennent de là. Je ne trouve pas du tout Montherlant dur avec lui même mais lucide d'où son dernier coup d'archet. La comparaison avec Gide est très intéressante mais totalement en défaveur de l'auteur des "Célibataires" (quel chef d'oeuvre). Gide était un hédoniste contrarié par son éducation protestante qu'il finira par étrangler par son appétit de vivre et sa curiosité, ce qui manquait tout de même à Montherlant.

xristophe 05/08/2015 21:54

...Dans cet extrait que vous citez par exemple, il s'en faut de peu que ce soit... du Matzeff ! (il suffit de rajouter "sur un cahier d ' ECOLIER" - et ça-y-est !) (Et on se permet de parler du "front buté" de Montherlant...)

Olivier 27/09/2015 14:39

Je tiens aussi "Les Célibataires" pour le chef d'oeuvre littéraire de Montherlant ; cela me fait plaisir que vous le citiez. J'ai une faiblesse également pour "Les bestiaires", à cause de cette citation : 'je puis pleurer, puisque je ne céderai pas.'

lesdiagonalesdutemps 06/08/2015 06:54

Vous avez tendance à mettre vos héros sur un piédestal, ce n'est pas le cas de Cluny, c'est en outre pour cela que je l'aime, peut être parce que au moins par ce coté il me ressemble.

xristophe 05/08/2015 01:23

Qu'est-ce que je le trouve gnangnan, et plat et solennel, ce Claude Michel Cluny... Si je ne possédais de lui un article génial (il a au moins fait ça) sur le premier (ou le second) livre de Rinaldi... On ne peut qu'opiner, en s'ennuyant, et comme dit à peu près Bruno, à ses "assertions" inutiles...

lesdiagonalesdutemps 06/08/2015 06:51

C'est le danger des citations d'ailleurs à propos de ce tome je note néanmoins un abus de sentences mais lisez La Rochefoucault, Héraclite et consort et vous aurez sans doute le même sentiment.

xristophe 05/08/2015 21:48

Mais non, pas du tout ! C'est sur ses (bouts de) textes à lui que je le juge... (Vous avez surement un "back ground" Cluny qui explique tout)

lesdiagonalesdutemps 05/08/2015 07:03

Si vous pensez cela c'est que mon article est mauvais.

bruno 03/08/2015 12:17

Le conditionnel n'est même pas utile, on ne peut que confirmer l'assertion...hélas, ou pas d'ailleurs
Merci pour cet extrait