l’enculage licite

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Gide — sa gloire est d’avoir rendu ou re-rendu l’enculage licite dans les meilleures familles — (de la néosocratie)… Gide a droit à toute la reconnaissance des jeunes bourgeois et ouvriers que l’anus tracasse… oh ! tu vois maman Gide notre plus grand écrivain français trouve que se faire enculer est parfaitement légitime, louable, artistique, convenable… Très bien mon fils, je t’en bénis, répond la mère qui au fond ne demande pas mieux — Tous les homosexuels sont d’admirables fils. Je n’ai rien contre les enculés croyez-le… mais en fait de création littéraire de Gide je n’en perçois pas l’atome.

Louis-Ferdinand Céline Lettre à Milton Hindus, 11 juin 1947 »

Céline semblait ignorer les goûts intimes de Gide qui détestait la sodomie et lui préférait le pelotage et la masturbation mutuelle. Chacun ses goût, il n'y a pas de mauvaises pratiques tant que le plaisir mutuel est au bout...

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xristophe 10/05/2015 20:22

Ah et puis attention au distinguo : "daté" ne veut pas dire "qui est ancien, qui apparaît ancien"; Montaigne alors ne serait pas si jeune - ni Bach. Daté veut dire qui n'a pas résisté au temps, avoue une faiblesse que les contemporains ne voyaient pas - qui s'est flétri - allez savoir pourquoi... qq nouveauté tapageuse mais de peu de substance finalement. Peinture fraîche qui ne reste pas fraîche mais qui finit par asphyxier...

lesdiagonalesdutemps 10/05/2015 21:59

belle définition mais en ce qui me concerne ce qui apparait ancien ne me gêne pas toujours et même rarement. Il y a tout de même des limites comme certains auteurs de la fin du XIX ème comme Lombard et même Théophile Gautier par exemple. Huysmans c'est tellement trop comme on disait qu'il y a quelque temps que je le range avec Roussel dans les curiosités.

xristophe 10/05/2015 20:12

Toujours BA vous êtes un très bon avocat ! pourtant vous apportez à mon moulin : je ne savais pas qu'il avouât son labeur, Céline. Mais l'éprouvais à la lecture. Et s'il est masochiste un peu - c'est déjà un bon point. Mais, justement - il est fait pour effacer les traces du labeur, le labeur (je suis sûr que ça se dit en latin...) : on ne le sent, l'effort, ni chez Angelo si chez Proust. Il est là pour nous dispenser, nous lecteurs, de l'effort - autant que possible... Et je ne reproche pas aux gens de travailler... (Et ce sont les plumes aisées qui sont lourdes).

lesdiagonalesdutemps 10/05/2015 21:54

assez d'accord avec vous le labeur chez Angelo et Proust se voit moins que chez Céline car il me semble que les deux compère travaille surtout l'agencement de la phrase alors que Céline privilégie le mot coruscant.

xristophe 09/05/2015 21:58

Etrange passe-temps, Ismau, à mes yeux, lire, et même relire - le triste Ferdinand dont la seule gloire, si farfelue, le rend déjà suspect de n'être qu'un phénomène de snobisme, un de plus - presque aussi évident que le culte par les "intellectuels" (mais au moins dénoncé, lui par Onfray) de Sade - lequel au moins se retint de prononcer un avis sur Proust et Gide. Et petit à petit voyez : vous en venez à vouloir qu'on soit "gentil" avec lui ! et même (c'est sûrement sainteté de votre part) "à mieux comprendre son point de vue" ! Relevant (ça n'est pas un "point de vue" - il est aussi aveugle que son cul, Ferdinand - pour faire moi aussi du Céline), relevant de la pure pathologie physiologique - aidée de teignerie acquise et assidûment travaillée, elle, toute sa vie regrettable

lesdiagonalesdutemps 10/05/2015 08:13

Je ne comprend pas que l'on ne puisse pas voir un grand écrivain dans le Voyage au bout de la nuit et surtout dans Mort à crédit. Je crois que c'est l'antisémitisme pathologique à partir de 37-38 qui vous aveugle comme il aveugle une partie de la critique. En dehors de son apport littéraire certains de ses livres comme à nouveau Mort à crédit sont de précieux document sur les mentalités de son époque, beaucoup plus vrais et palpitantes que maint traités de sociologie. Son diptyque sur l'Allemagne en déliquescence est aussi un formidable document pour l' Histoire. Il ne faut pas certes sacraliser un auteur (ou qui que ce soit) mais que le jugement moral empêche un plaisir de lecture me parait une faute contre l'intelligence.

xristophe 09/05/2015 15:40

En ce temps-là, Céline, qui a toujours débagoulé n'importe quoi dans son patois factice - se croyait encore un grand écrivain...

lesdiagonalesdutemps 10/05/2015 18:17

Daté le style de Céline oui sans doute, mais en musique aussi à voir ou à entendre si on est un peu frotté de culture on situe à peu près chronologiquement l'oeuvre. Ces questions de dates ne me gênent pas. Laborieux le style de Céline, bien sûr, il revendique même constamment et avec un peu trop d'insistance ce labeur. Notre grand auteur corse n'écrit pas sans labeur et que dire de Proust, ces manuscrits parlent pour lui. Je ne trouve pas que Céline ait tant bafoué l'intelligence que cela. Si l'on excepte certes son obsessions des juifs. Il y a aussi beaucoup de pose chez lui. Il vitupérait contre des auteurs qu'il lisait en cachette. Il est vrai qu'il était vraiment masochiste.

xristophe 10/05/2015 13:49

Vous avez sûrement raison B.A mais vous voyez bien que je m'acharne très délibérément sur un auteur que je trouve tout de même trop admiré - et surtout pour son style, que je crois faux, contrefait et truqué, factice et laborieux, et très salement "daté" - (et puis, l'hystérie continuelle... de cette guenille humaine secouant son squelette au bout du rouleau). Pourquoi ferions-nous preuve - toujours ! - d'intelligence envers quelqu'un qui lui-même l'a tant bafouée. Il se pourrait aussi que je rêve de me mettre "au diapason", et pas seulement subconsciemment, mais emporté par son exemple enthousiasmant, d'un très grand, lui, auteur français d'origine corse qui semble qqfois, dans ses critiques célèbres, se déchaîner très violemment, et poursuivre d'une haine obstinée des auteurs pas toujours détestables. (Mauvais exemple d'un grand frère d'élection... dont je n'ai pas, tant s'en faut, les moyens supérieurs, je sais !)

ismau 09/05/2015 15:18

Cette lettre m'avait tellement stupéfiée, en grande partie à cause de ce passage sur Gide, qu'en la trouvant début 2011 sur le fameux site gidien, je l'avais copiée-collée en entier pour la relire à loisir .
Mais ce n'est pas gentil pour Céline de ne donner que cet extrait de sa lettre : ce n'est que le pire – le plaisir de l'injure ordurière et de la formule choc– qui en ressort . La lecture de l'ensemble excuse en partie, en partie seulement ! ce passage . En fait Céline, qui se fout pas mal des goûts et pratiques sexuelles de Gide, ne cherche qu'à expliquer dans cette lettre ses propres goûts et pratiques ... littéraires . Seuls sont sauvés Barbusse et Morand, alors que Proust ( « judaïque, tarabiscoté, infinis tortillages » ) Sartre, et d'autres, en prennent tous pour leur grade . C'est curieux comme à ma relecture d'aujourd'hui je trouve tout ça un peu moins insupportable, en comprenant mieux son point de vue, ce qui ne veut surtout pas dire que je sois d'accord .

lesdiagonalesdutemps 09/05/2015 19:08

Ce qui est formidable et me fait rire c'est la totale impudence et le sens de la formule chez Céline qui est n'en déplaise à Xristophe un grand écrivain qui était aussi un grand lecteur (clandestin). Je connais bien sûr la suite de la lettre. Quand je suis morose je me prend le volume de la correspondance de Céline dans la Pléiade et au bout de 5 minute je rigole. Les missives que je préfère ce sont celles à Gaston que ça n'a jamais empêché de dormir. La seule chose que je retiens dans ses jugements littéraire c'est la phrase sur Morand qui me parait très juste.