Voyages avec ma tante à la Pépinière Théâtre

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Voyages avec ma tante à la Pépinière Théâtre

 

Je vais commencer par une allusion que les moins de quarante ans ne peuvent connaitre... Si vous êtes nostalgique des frères Jacques, ces athlètes de la chanson, comme je ne sais quel critique les avait surnommé, allez au théâtre La Pépinière voir quatre athlètes... du théâtre qui sans collant mais avec chapeau melon vous feront rire et au final vous donneront une émouvante leçon de vie dans l'improbable adaptation théâtrale et pourtant autant fidèle que réussie du roman ébouriffant de Graham Greene « Voyages avec ma tante » (le roman a été publié en 1969, en plein Swinging London). Si j'ai commencé par l'évocation des frères Jacques c'est que les quatre comédiens sur scène, Claude Aufaure qui mène le bal, parfait en tante Augusta, Jean-Paul Bordes, Dominique Daguier, Pierre-Alain Leleu ont le même génie de l'interprétation que le regretté quatuor chantant. En quelques mimiques ils transforment un colonel turc en une vieille anglaise transie. A eux quatre ils interprètent avec maestria, un retraité anglais, la femme d'un général nazi, une vielle dame indigne, un maquereau africain, un faux aristocrate italien mais vrai escroc collabo, une locomotive, un muezzin, des inspecteurs de la police britannique, une jeune vierge sud américaine, le chef de la police du Paraguay, un agent de la C.I.A, quelques automobiles, une pendule et, morceau de bravoure, un perroquet avec lissage de plumes et déplacement sur le perchoir compris... et encore j'ai oublié quelques personnages...

Je dois dire que je suis allé voir cette pièce très dubitatif quant à sa réussite car je ne voyais pas bien ce que pouvait donner la transcription théâtrale, qui plus est sur la scène étroite du Pépinière théâtre de cette histoire échevelée d'une vieille aventurière qui entraine son timoré de neveux, Henry employé de banque récemment retraité ,de par le monde dans une histoire abracadabrantesque où se mêle trafique de drogue, fuite d'un collabo en Amérique du sud, histoires de famille compliquées, extralucides divers, la C.I.A et bien d'autres choses, le tout sur un mode burlesque; et bien j'avais mésestimé outre le talent des comédiens, celui de Briançon, le metteur en scène, dont le nom, il est vrai est presque toujours gage de qualité, et la très habile adaptation scénique du roman de Graham Greene signée Giles Havergal et adapté en français par Briançon.

Briançon et ses acteurs parviennent à nous faire croire qe nous sommes successivement à Londres, Brighton, Paris, Istanboul, de nouveau à Londres, en Afrique du sud, en Argentine et enfin au Paraguay. Cela par un décor minimaliste. Il lui suffit de mette en fond de scène le flanc d’un wagon de l'Orient Express en carton-pâte, sur les fenêtres duquel s’affichent, au fil des pérégrinations de l'infortuné neveu, des photos de paysages, de villes, et nous y sommes!

Voyages avec ma tante n'est pas qu'un délicieux divertissement c'est aussi une leçon de vie qui nous incite à regarder au dehors plutôt que de se refermer sur soi et de s'engluer dans notre routine.

 
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