Amants d'Apollon de Dominique Fernandez

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Amants d'Apollon de Dominique Fernandez

 

 

Dominique Fernandez, quatre vingt six ans aux prunes, comme le dirait ce bon docteur Destouche, fait paraître en librairie un maousse pavé de 650 pages intitulé « Amants d'Apollon » qu'il a eu la malencontreuse idée de sous-titrer « L'homosexualité dans la culture » ce qui sent à la fois le pédantisme, comment peut on avoir la prétention d'embrasser toute la culture, même si l'érudition de Dominique Fernandez ne fait aucun doute, et son encartement chez les socialistes.

Les auteurs même les académiciens gagneraient à être plus modestes, plus professionnels et plus respectueux de leurs lecteurs. Dominique Fernandez se serait honoré sous-titrant son ours par exemple par « un voyage dans la culture gay » (on ne comprend pas pourquoi il a fait figurer le mot homosexualité sur la couverture alors qu'il consacre plusieurs lignes à convaincre que ce terme est aussi laid qu'impropre.). Le sous-titre que je propose l'aurait, grâce au pronom indéfini, excusé d'avance les oublis criants de son ouvrage. Aujourd'hui pas un érudit, et Fernandez en est un, peut se prévaloir d'être un Pic de la Mirandole.

La première partie revisite les mythes antiques (Apollon, Ganymède, Hyacinthe, Narcisse, Médée…) ; La deuxième examine la face cachée de certaines œuvres (ArmanceBilly BuddTonio Kröger), de la vie de célèbres artistes (Rembrandt, Verdi, Stevenson, Conrad) ou de personnages (Don Quichotte, Don Juan, Vautrin…) ; la troisième présente les « phares » de la cause homosexuelle, de Théophile Gautier à Mishima, une quatrième partie qui semble avoir été composé à la hate, les diverses manières d’être gay aujourd’hui, selon les pays, les mœurs, les religions.

Dominique Fernandez aurait du faire (ou faire faire) un toilettage de ses textes ce qui lui aurait évité répétitions et contradiction et exiger de faire figurer en fin de volume un index des noms.

Enfin l'élémentaire correction aurait été de faire précéder son essai par une préface dans laquelle, il nous aurait signaler que son ouvrage est pour la quasi totalité une compilation de textes parus ultérieurement à différent endroit. Il aurait été en outre professionnel de nous informer où et quand.

En fait de culture il s'agit dans « Amants d'Apollon » pour environ 3/4 de littérature et ¼ de peinture. La sculpture et l'opéra sont brièvement présent mais le théâtre et le cinéma sont à peu près complètement ignorés. En ce qui concerne la peinture on s'arrête à Girodet pas un mot sur des artistes aussi considérables pour le sujet que Bacon et Hockney!

Si la marotte de Roger Peyrefitte était de débusquer le pédé chez tous les grands, et moins grands, de ce monde, celle de Fernandez est de révéler que dans quasiment tous les chefs d'oeuvre se cache un sous texte homosexuel. L'avantage de Fernandez sur Peyrefitte est que ses sujets sont beaucoup plus intéressants et qu'il écrit dans une prose moins amphigourique que la boutiquière de Castres. Il est assez convaincant pour la peinture italienne de la renaissance, ce qui n'est pas bien difficile quoiqu'il y a encore des spécialiste de cette époque outrés que l'on envisage que Caravage ait été homosexuel, il doivent être aveugles! Mais beaucoup moins lorsqu'il embarque sous la bannière du raimbow flag, Bellini ou encore Cervantes. Car si cela vous avait échappé Don Quichotte est un roman gay! Fernandez au passage m'apprend qu'Arrabal avait déjà développé cette thèse, qui me paraît tout à fait oiseuse, dans « Un esclave nommé Cervantes (Plon, 1996). Et Don Juan, et bien contrairement aux apparences, il était de la sacoche ou tout du moins le comte de Villamedia, qui servit de modèle à Tirso de Molina, le dramaturge qui écrivit le premier Don Juan. Et Rembrandt, itou Rembrandt, c'est tout juste si Fernandez ne nous explique pas que toute la ronde de nuit ne lui ait pas passé dessus! On apprend au détour d'un chapitre que Claude Farrère écrivain et marin ne daignait pas les matelots ( Ce dont son oeuvre ne rend pas compte, si je me souviens bien.).

On n'échappe pas à la pâmoison devant Cocteau ni celle plus coupable aux pieds d'Augiéras. Mais Fernandez apporte néanmoins un éclairage fort intéressant sur le barde de Périgueux: << Voilà sans doute ce qu'il y a de plus déconcertant chez Augiéras: ce double érotisme, apparemment contradictoire, l'un avec les jeunes garçons, l'autre avec les vieillards. Autant le premier est solaire, grec, virginal, accordé à l'aurore du monde, autant le second paraît vulgaire, sordide, sorti des bas-fonds de la sexualité. Augiéras s'accommode des deux, passe de l'un à l'autre sans transition avec la même égalité d'humeur et le même don paisible de soi...>>. Mais j'ai été ébahi à la lecture de la fin lyrique du chapitre sur Augiéras: << L'homosexualité en régime de tolérance universalisée, n'est plus une aristocratie morale, mais un simple passe-temps, sans grandeur ni légitimé. Il faut donc rêver, pour retrouver cette chevalerie et la remettre en l'honneur, aux siècle révolus où l'amour des garçons était le signe d'une haute valeur intérieure et d'une liberté d'esprit exemplaire. Les fils du soleil appartiennent à une civilisation qui n'a que mépris pour le progrès social et ses fallacieux avantage. Augiéras, en fin de compte, tout en prenant librement son plaisir avec les jeunes garçons, n'a ressuscité rien de moins que le cérémonial et le faste de l'amour courtois.>>. On se frotte les yeux pour être sûr que l'on a bien lu ce que l'on vient de lire de la plume du très gauche-caviar Fernandez. J'aurais volontiers attribué ces lignes à Jean-Louis Foncine ou à des propos privés de Robert Brasillach! C'est d'ailleurs un des défauts du livre, parfois on ne sait pas qui parle. Est-ce Dominique Fernandez ou l'auteur dont il traite. C'est particulièrement vrai pour les chapitres voués à Augiéras et à Jouhandeau.

La culture de Fernandez est surtout classique mais d'une manière très intéressante, il ne s'interdit pas des passerelles (trop rarement) entre celle-ci et l'art contemporain. Ainsi passe dans son gros essais, les frères Chapman, Pierre et Gille et quelques trop méconnus personnages (à mon sens) comme Platt-Lyne.

Cet essais touffu et brouillons est néanmoins sous tendu par quelques lignes force comme un plaidoyer constant en faveur de la pédérastie (et même la pédophilie): << La Frontière est posée par l'apparition des poils. Le garçon imberbe, au torse lisse, est plus désirable. Les époques esthétiques privilégient la pédérastie; les époques morales (comme la notre) la proscrivent et autorisent "la réplique" (ce que nous appelons l'homosexualité entre adultes consentants).>> ou comme l'idée que la renaissance doit tout à l'homosexualité. Enfin constant pas tout à fait car s'il trouve très bien que Gide et Montherlant « ne s'intéressent qu'aux enfant » (c'est bien réducteur car il me semble que lorsque oncle André manuellisait Marc Allégret ce dernier n'était plus un gamin.), il se révolte contre la pédophilie de Guibert (Fernandez n'a pas lu « Le mausolée des amants »!) qu'il expédie en quelques lignes et surtout celle de Duvert dont il règle le compte en des propos jésuitiques assez désagréables.

« Amants d'Apollon » est très marqué idéologiquement par le gauchisme des années 60 et 70, pourtant ce bougre de Fernandez n'était déjà plus un poulet de l'année en 68, qui apparemment pour lui a été une sorte de révélation. Ainsi il considère qu'appartenant à une minorité, il est solidaire de toutes les autres. Cette désastreuse opinion lui fait chérir les roms et autres va-nu-pieds et permet d'enrôler sous sa bannière Verdi, pourtant bien peu suspect d'homosexualité! Heureusement, Fernandez est parfois plus convaincant (du moins en ce qui me concerne) par exemple je ne lirais plus désormais Conrad de la même façon... Ses pages sur Melville sont également très intéressantes. Je conseillerais de les lire en parallèle avec celles que G.M. Sarotte a consacrées à cet auteur dans son remarquable « Comme un frère comme un amant, l'homosexualité masculine dans le roman et le théâtre américain » (Flammarion, 1976).

Fernandez qui semble avoir beaucoup lu, beaucoup vu, beaucoup écouté (même s'il fait un impasse à peu près total sur le cinéma et que ses références datent un peu) n'est jamais à bout de ressource pour faire grossir ses troupes ainsi lorsqu'un romancier rate un personnage féminin, il en conclut qu'en revanche qu'il serait parfait en garçon! Par ce tour de passe passe il parvient à gagner à sa cause Stevenson!

L'idée fixe de Fernandez lui fait faire des rapprochements ébouriffants Balzac avec Proust, Proust avec Stevenson donc Stevenson avec Balzac. Il y a du Malraux dans ces raccourcis vertigineux.

L'auteur n'évite pas les auteurs classiques de la littérature gay comme Forster, Isherwood ou Thomas Mann. Fernandez passe rapidement sur « Mort à Venise », trop évident à son goût pour s'attarder plus sur les autres romans de l'écrivain allemand. Nous fournissant une véritable étude concise et percutante de l'homosexualité dans l'oeuvre de Mann, dans le chapitre « Sous l'oeil de la police » (allusion à « Tonio Kroger ») qui lui est entièrement consacré.

Mais le plus intéressant sont les chapitres qu'il consacre à des « outsiders » de la littérature comme ceux sur Pierre Herbart ou Georges Eekhoud dont Fernandez donne grande envie de lire ou relire les romans, ce qui est déjà une qualité de son essais.

Inévitablement certaines parties sont plus faible comme celle à propos de Bory où il n'est pas une seule fois question de « La peau des zèbres » son plus beau roman et celui dans lequel tous les personnages sont homosexuels!

Dominique Fernandez va souvent à l'encontre des idées reçues sur un auteur et pose à propos de Wilde cette question cruciale: << Serait-il aussi aimé aujourd'hui si la tragédie finale n'avait illuminé rétrospectivement son oeuvre d'une clarté incendiaire?>>. La réponse est un peu dans la question et le verdict de Fernandez est sans appel: << Dorian Gray, si amusant par l'idée du portrait qui vieillit à la place de son modèle, et permet au débauché de se croire éternellement jeune, mais si faible par l'inconsistance des personnages, est un de ces faux chef d'oeuvre qui durent plus par la réputation de leur auteur que par leur valeur intrinsèque.>>. Il est amusant de noter que l'inconsistance des personnages est un des défauts majeurs des romans de Fernandez, et en particulier du dernier!

Faisant flèche de tout bois Fernandez parsème sont essai de considérations bien senties sur la culture comme celle-ci: << Pour réussir en France (en littérature comme en musique), il faut être armé d'une théorie, appartenir à une école, à une avant-garde. Un Boulez par exemple, en dépit d'une oeuvre modeste, occupe une place de premier plan. Britten a le tort de n'être qu'un musicien d'instinct, volontiers éclectique, épris de la beauté, amatore, à l'état pure (de l'italien qui aime), réfractaire aux systèmes, génie libre et solitaire.>>. L'auteur parsème son texte de citations qu'il fait plus ou moins siennes comme celle-ci de Michel Foucault: << Etre homosexuel, c’est se placer dans une dimension où les choix sexuels que l’on fait sont présents et ont leurs effets sur l’ensemble de notre vie. [...] Ces choix sexuels doivent être en même temps créateurs de modes de vie. Être gay signifie que ces choix se diffusent à travers toute la vie, c’est aussi une certaine manière de refuser les modes de vie proposés, c’est faire du choix sexuel l’opérateur d’un changement d’existence »

Si parfois le ridicule affleure, il est difficile de n'être pas ébahi par l'érudition de l'auteur. Saviez vous que le premier roman gay français est « Monsieur Auguste » paru en 1859 du à la plume d'un certain Joseph Méry. Fernandez nous en donne le résumé et l'analyse. Il fait de même pour les romans pédérastiques d'Essebac, avec citations particulièrement réjouissante à l'appui. Fernandez nous apprend (du moins à moi) que Lucien Daudet, l'ami de coeur et peut être plus, du divin Marcel, avait écrit un roman homophile, « Le chemin mort », roman, que Marcel Proust et Paul Morand tenaient en haute estime. A propos de Lucien Daudet, Morand dinant avec lui au Ritz le 28 octobre 1916, le trouve « encore très bel adonis » (ah cet homophobe de Morand!).

Dans cet essais qui a une construction des plus hasardeuse, on sent trop la compilation de notes et d'articles sur l'homosexualité, que vient faire, par exemple, la dénonciation de l'homophobie de Zola ou la très intéressante nomenclature commentée des statues du jardin des Tuileries, dans ces pages. Cette juxtaposition de textes pour constituer le livre occasionne certaines répétitions pesantes.

L'ouvrage se ressent un peu de l'âge du capitaine. La culture de Fernandez reste assez classique et ses choix, somme toute offre peu de surprises. Heureusement il s'autorise quelques embardées sur la route balisées des classiques gays. On a ainsi le bonheur de trouver tout un chapitre consacré à Joseph Hansen. Mais on déchante vite car celui-ci est l'un des plus mal écrits du livre. Ne le lisez pas, faites moi confiance achetez les romans policiers d'Hansen. On a pas appris à notre homme en vert que l'on ne raconte pas par le menu l'intrigue d'un roman policier. Faire un résumé d'un livre (ou d'un film) n'est pas en faire la critique. Autre gros défaut de ce chapitre la méconnaissance de l'oeuvre. On subodore que Fernandez ne connait que les trois romans d'Hansen qu'il a lu, manque de chance la saga du détective Brandsetter ne peux vraiment se goûter que dans sa continuité et Fernandez ignore les deux meilleurs romans de l'américain: « En haut des marches » et « Petit papa pourri ».

En lisant « Les amants d'Apollon » on a souvent l'impression qu'il n'y a rien eu d'important dans la culture gay depuis quarante ans. J'aurais aimé par exemple que l'auteur au minimum mentionne de grands auteurs français de la culture gay encore trop méconnus, comme Cluny, Claude Arnaud, François Rivière ou Didier Martin. Qu'il sorte de l'oubli Yves Navarre ou Frédéric Rey. Surprenant est le silence total de Fernandez sur ses collègues ou ex-collègues académiciens, rien sur Angelo Rinaldi et scandale des scandales Marguerite Yourcenar n'est même pas citée dans les 650 pages de ce pavé. On ne s'étonnera pas en revanche du silence sur Renaud Camus politiquement infréquentable pour un Dominique Fernandez.

Le peu de tropisme anglo-saxon de l'auteur lui fait commettre des impasses peu pardonnables: pas une ligne sur Edmund White et Burought et rien non plus bien sûr sur John Irving, Frederic Prokosh, Stephen McCauley, David Leavitt, Mary Renault, Alan Hollinghurst, Patrick Gale, Aidan Chambers... (c'est à mon tour d'en oublier une palanquée)

« Amants d'Apollon » est néanmoins une mine de connaissances sur le sujet qu'il ne parvient pas à épuiser (mais qui le pourrait) faute d'avoir par exemple trop ignoré le cinéma.    

Amants d'Apollon de Dominique Fernandez

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xristophe 19/03/2015 22:02

Juste un mot pour contester, après Ismau, le choix de l'adjectif "amphigourique" à caractériser le style de Peyrefitte : plutôt "classique" (néoclassique ?) au contraire il me semble ; son écriture, même, un peu sèche - par excès de contrôle ou par tempérament ; en tout cas il y a plus de "classe", dans ce style, que dans celui très passe-partout du vieil auteur attendrissant par ses cheveux si longs à la télé, Fernandez. (Ah, pour les cheveux longs, très longs, il est vrai que Peyrefitte aussi, après un look très austère de jeunesse...) (Vous seul, BA, devez savoir si Jean Lorrain avait les cheveux longs...)

lesdiagonalesdutemps 20/03/2015 07:23

Ah quelle colle sur l'abondance capillaire de Jean Lorrain me voila pris en défaut! Pour le style de Peyrefitte vous avez raison en partie. Pour ses meilleurs livre comme la mort d'une mère ou Notre amour, ce dernier me semble le seul livre vraiment lisible avec plaisir aujourd'hui mais même L'exilé de Capri est inutilement tarabiscoté quand à son Alexandre on croirait du Lombard (écrivain 1900 spécialiste des romans historique) le roi de la description d'un lustre en cinq pages! Quant à Fernandez pour être gentil il a ce que l'on appelle aujourd'hui un style factuel...

ismau 19/03/2015 17:29

Merci pour cette critique si solidement argumentée et néanmoins fort plaisante . Elle est nourrie de tant de précisions et appréciations nuancées ou contradictoires, qu'elle donne justement envie de le lire ... ce copieux foisonnant Fernandez !
Mais – projet encyclopédique oblige - peut-être trop copieux, trop foisonnant, forcément incomplet : c'est l'impression que j'avais déjà eu avec « Le Rapt de Ganymède » que ces  «  Amants d'Apollon » semblent reprendre 26 ans plus tard . Le Rapt avait l'avantage d'avoir un index des noms, et un bref mais intéressant chapitre sur le cinéma . Je remarque quelques changements amusants, disparition ou apparition de certains au gré du temps : Renaud Camus et Duvert étaient à l'époque mentionnés, mais d'une demi-ligne ; Yourcenar et Edmund White étaient beaucoup mieux traités, sur plusieurs pages ( vous dites qu'ils ont maintenant disparu ) ; par contre à l'époque rien sur Herbart, rien sur Guibert : Fernandez se contentait de dénigrer à raison le film «  L'homme blessé » en l'attribuant uniquement à Chéreau et en oubliant Guibert .  Augiéras n'existait pas non plus, alors que maintenant - seul passage que j'ai pu lire - il lui réserve une belle place, avec une analyse étonnamment fine de son œuvre et de ses idées. Je vous trouve d'ailleurs à ce sujet bien injuste  : à mon avis avec « l'homosexualité  aristocratie morale » on comprends tout à fait que Fernandez parle au nom d'Augiéras, dont on reconnaît en plus l'esthétique bien particulière. Pour la «  prose amphigourique » de Peyrefitte, je suis encore moins d'accord avec vous . Le style de Peyrefitte me semble meilleur que celui de Fernandez, et ses sujet tout aussi intéressants ( « L'exilé de Capri » par ex. où les romans d'Essebac sont déjà cités ) Enfin, ceci est affaire d'appréciation personnelle .
Pour Guibert par contre, d'accord avec vous, là ce n'est pas une appréciation c'est tout simplement une erreur que de « l'accuser » de ne s'intéresser qu'aux enfants : un seul enfant l'intéresse et sur une très brève période de sa vie et de son œuvre . Expérience racontée dans un seul livre :  « Voyage avec deux enfants », sinon avec « fou de Vincent » c'est le même qui n'est plus un enfant . A part deux autres récits de pure fiction, le plus important de l'oeuvre et de la vie de Guibert est consacré jusqu'à la fin à un seul grand amour, le fameux T. qui a le même âge que lui à une semaine près : voir vous avez raison « le Mausolée des amants », mais pas seulement ( donc rien à voir avec Gide ! )

lesdiagonalesdutemps 19/03/2015 18:59

Je n'ai pas lu "le rapt de Ganymède" (en revanche j'ai l'album L'amour qui n'ose pas dire son nom) mais la comparaison que vous faites avec cet ouvrage est intéressante et l'on vois me semble-t-il l'effet de mode opérer. Ma critique dans le sens négatif va beaucoup plus à l'éditeur qu'à l'auteur. Un éditeur sérieux n'aurait pas du publier ce livre, très riche et fort intéressant même s'il y a des erreurs et des jugements discutables, mais c'est aussi par ses prises de positions qu'il nous intéresse, dans l'état où nous le trouvons. Cela ne serait pas pensable dans une maison américaine de même envergure. Pour s'en persuader il suffit de comparer "Amants d'Apollon" avec Eminent outlaw de Christopher Bram (pas l'édition française du livre, voir les billets sur ces ouvrages) qui n'est pas néanmoins dénué de jugements à l'emporte pièce. Le bon sens aurait du dicter à Fernandez de limiter son propos ou de diviser son pavé en plusieurs ouvrages.
Je ne suis pas d'accord quand vous dites que l'on comprend qui parle. Pourquoi Fernandez ne fait pas une citation entre guillemets avec référence de l'ouvrage cité. C'est ainsi que l'on doit procéder. Pour Peyrefitte vous citez un de ses meilleurs livres mais lisez son Alexandre, pas inintéressant pour autant, mais que l'on croirait parfois écrit par Jean Lorrain!
Pour Guibert je suis bien sûr entièrement d'accord avec vous. Mais comme ce livre n'est qu'une suite de textes dont on ne connait pas la date d'écriture peut être que par exemple "Le mausolée des amants", idem en ce qui concerne le chapitre sur Hansen...

xristophe 19/03/2015 00:53

Eh bien quel riche, charmant, décontracté fatras, plein de vie que cette recension, BA... Si riche et si complète soit-elle - n'hésitant pas à souffler le chaud et le froid, ce qui apporte un air ou une caution de liberté toujours étonnante à toutes vos critiques - elle reste tout de même un peu plus courte que l'ouvrage lui-même, Dieu merci, et l'on se dit qu'on en a bien assez quand même comme ça... Le bon Dominique Fernandez, surtout à la télé (je ne l'ai plus) m'a toujours semblé si fade à l'écrit, tant pour les lieux commun plon-plon ("pour réussir il faut une théorie") que pour le style... dans un cas comme dans l'autre, on offre une vision du monde très éloignée du vif des choses (et pour lui, l'oeuvre de Boulez est mince par exemple - je me demande comment il entend ça... je n'aimerais pas être à sa place)

lesdiagonalesdutemps 19/03/2015 07:20

J'espère que j'ai été plus cohérent dans ma recension que Fernandez dans sa compilation qui comme vous l'avez compris est très inégal mais dans laquelle on apprend beaucoup de choses. Fernandez n'aligne pas toujours des lieux commun par exemple dans son dernier roman, "On a sauvé le monde" il évoque d'une manière très intéressante et vivante la statuaire du foro italico de Rome (il y a plusieurs billets sur ce lieu dans mon blog) ainsi que l'homo érotisme dans certaines peintures soviétique curieusement il n'a pas repris ces passages dans son essais. Mes critique pour ce livre vont plus à l'éditeur qu'à l'auteur comme je l'ai écrit avec un autre sous titre, une préface, un index et un léger toilettage des textes il aurait été très bien car il y a un véritable point de vue sur la culture gay dans cet essai, point de vue qu'on n'ai pas obligé de partager mais qui est intéressant. Il reste que pour l'objectif que Fernandez s'est fixé est qui à mon avis est impossible à atteindre (mais e nous plaignons pas de l'ambition) l'auteur à de grosses lacune dans sa culture qui est pourtant grande.

Bruno 18/03/2015 23:01

Intéressante recension, merci
Concernant Marc et l'Oncle André, le cher P. Billard évoque quelques possibilités de relations...poussées lors du séjour en Angleterre, en juillet 1918, le cher Marc a donc...18 ans

lesdiagonalesdutemps 19/03/2015 07:22

C'est exactement ce que j'écris, d'où asséner que Gide ne s'intéresse qu'aux enfants est une contre vérité idem pour Guibert.