Tony Tollet

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Tony Tollet
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Tony Tollet
Paris, février 2015

Paris, février 2015

Me promenant rue des Saints  pères mon regard a été attiré par la vitrine d'un antiquaire où  le tableau de cette belle famille était mis en majesté (il est donc à vendre, avis aux amateurs). Si j'étais satisfait de mes deux photographies de détails, en revanche je ne l'étais pas de celle du tableau en son entier, n'ayant pu éviter les reflets. Heureusement la toile magique m'a permis de le découvrir sans ces facheux parasites. Elle m'a aussi révélé deux autres oeuvre dans le même esprit. 

Tony Tollet
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Intrigué par cette éphémère frimousse de Guy de Fontgalland illustrant une image pieuse me voilà de retour sur la toile qui m'apprend la curieuse histoire bondieusarde qui suit.

 

 

Guy est le fils du comte Pierre Heurard de Fontgalland (1884-1972), avocat, et de Marie Renée Mathevon (1880-1956). Elle se destine au carmel, lui est militant catholique, lorsque Mgr Emmanuel Martin de Gibergues (1855-1919), évêque de Valence et ami de la famille, les présente et finalement les unit. C'est lui qui baptise leur fils, sous les prénoms de Guy Pierre Emmanuel, le 7 décembre 1913 en l'église St-Augustin.

Humainement, Guy a les qualités et les défauts d'un enfant ordinaire. Il se montre orgueilleux, capricieux avec sa mère et coléreux avec son frère Marc, né en 1916, mais également sensible et affectueux. Il est surtout franc et loyal, avouant de lui-même ses bêtises au risque d'être puni. Il mourra avec la réputation de n'avoir jamais dit un seul mensonge.

Spirituellement, il témoigne d'une foi toute enfantine inspirée de Thérèse de l'Enfant-Jésus. En janvier 1917 à Lisieux, il respire une délicieuse odeur sur la tombe de celle qui n'est pas encore béatifiée mais que sa mère vénère.

Très jeune, il cherche à imiter Jésus en tout. Il cause avec lui dans l'intimité ou, par la suite, pendant l'eucharistie. Il lui offre chaque jour de petits sacrifices pour lui faire plaisir. Il a cinq ans à peine quand il manifeste son désir de communier et, l'année d'après, de devenir prêtre. Il apprend alors à lire et à écrire en deux mois et se fait inscrire au catéchisme.

Le 22 mai 1921, il profite des dispositions du pape Pie X en faveur de la communion précoce, dont il se fera bientôt un apôtre au sein de la Croisade Eucharistique. Ce jour-là, après un mois de préparation ponctué de cent dix huit sacrifices, Guy fait sa première communion en l'église St-Honoré d'Eylau. Il a alors la révélation de sa mort prochaine mais garde le secret, pour ne pas attrister ses proches.

Octobre 1921, il entre au collège Saint Louis de Gonzague. Élève médiocre, malgré son intelligence et sa curiosité, Guy est étourdi et passe pour paresseux. Il se corrige et améliore son caractère. Il ne se fait pas remarquer mais se signale par sa charité et sa camaraderie. Il protège les plus faibles sans se défendre lui-même, pardonne et ne garde pas rancune, ne boude jamais et refuse de dénoncer les autres ou d'en dire du mal.

Juillet 1924, la famille est en pèlerinage à Lourdes. Guy a la confirmation devant la grotte qu'il mourra bientôt, précisément un samedi, jour de la Vierge.

Dans la nuit du 7 au 8 décembre de la même année, alors qu'il a tout juste onze ans, Guy tombe malade de la diphtérie. S'ensuit une période de crises et de rémissions pendant laquelle, sachant qu'il va mourir en dépit de l'optimisme des médecins, il divulgue son double secret à sa mère. Il affronte avec courage la douleur et meurt d'étouffement, effectivement un samedi, le 24 janvier 1925.

Sa survie

Sa mort provoque un choc dont l'onde se répand. C'est un défilé de parents, d'amis et de religieux au 37 rue Vital où le corps entouré de fleurs blanches est exposé cinquante deux heures, par autorisation spéciale. Une photographie de Guy sur son lit de mort, comme cela se fait à l'époque, est envoyée ou remise en souvenir à 500 exemplaires.

Après une cérémonie à Notre Dame de Grâce de Passy, le cercueil est emmené à la gare de Lyon et placé dans un wagon aux armes des Fontgalland. Le service funèbre en la cathédrale de Die (Drôme), berceau de la famille, a lieu le vendredi 30 janvier 1925 «au milieu d'une foule considérable».

Encouragée par des prêtres, notamment le Nonce Apostolique et l'Archevêque de Paris, Madame de Fontgalland rédige du 23 au 25 mars une courte biographie de son fils. Elle est publiée à l'automne à 400, puis 4 000, puis 95 000 exemplaires, et traduite en treize langues.

De toute la France puis du monde entier, on écrit à propos de Guy, on vient se recueillir sur sa tombe et on visite ses parents. On réclame des souvenirs (des images de lui sont tirées par centaines de mille en quarante-huit langues différentes) et des reliques (726 000 parcelles de ses vêtements sont distribuées). Des ouvrages lui sont consacrés en plusieurs langues.

À l'inauguration de la statue du Christ Rédempteur à Rio de Janeiro, en octobre 1931, l'épiscopat brésilien et plus de cinq cent prêtres demandent la béatification de l'enfant. Ils font écho aux 650 000 signatures déjà envoyées à Rome ou à Paris entre 1926 et 1931. L'année suivante, le 15 juin, un tribunal diocésain est constitué par l'archevêque de Paris, pour instruire la cause du petit Guy. À la date du 1er mars 1934, de nombreuses conversions (244), des vocations religieuses (698), des guérisons attestées par des médecins (742) et beaucoup de grâces (environ 85000) lui sont attribuées.

En 1936, le 25 mars, on transfère son corps dans la chapelle Sainte Paule à Valence pour veiller sur la vocation des séminaristes. Le 11 septembre, ses parents et son frère sont reçus par Pie XI, qui se réjouissait en septembre 1925 «qu'une fleur de plus, à peine éclose ici-bas, ait répandu, dans son entourage, un si beau parfum de piété envers l'Eucharistie, la Mère céleste, et le Pape...».

C'est à présent 1 312 000 signatures d'enfants et d'adultes qui lui demandent de hâter la béatification de Guy.

Le dossier de l'enquête fait 1804 pages. Il est envoyé à la Congrégation des Rites à Rome, le 8 février 1937. Pie XI meurt deux ans plus tard. La décision d'écarter la cause est connue officieusement en novembre 1941, dès l'ouverture du procès ordinaire, puis officiellement le 18 novembre 1947, dix ans après la fin de l'enquête.

Publié dans peinture

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Vince 16/02/2015 18:27

J'aime beaucoup cette toile ainsi que l'androgynie des personnages. En savez-vous le prix ou le nom de l'antiquaire où vous l'avez vue ? Merci.

lesdiagonalesdutemps 18/02/2015 17:40

Je pense au moins pour l'ainé qu'il s'agit d'un garçon (paradoxalement à cause de la coiffure) idem pour le plus jeune, en revanche pour l'intermédiaire je pense que c'est une fille.

xristophe 18/02/2015 17:31

Je ne vois pas d'androgynie mais je vois deux grandes petites filles assez sublimes bien graves et comme on n'en fait plus (ni en peinture, ni en vrai...)

lesdiagonalesdutemps 16/02/2015 19:08

Je ne connais rien de tout cela me sachant trop désargenté pour un tel tableau qui est en parfait état. L'antiquaire n'est pas difficile à trouver (pour un parisien) il se trouve sur le trottoir de droite lorsqu'on à la Seine dans le dos. Si vous n'êtes pas à Paris il suffit d'un peu d'opiniâtreté, soit lister tous les antiquaires de la rue, une dizaine et de leur téléphoner. Ils vous répondront, on ne met pas un tableau en vitrine pour rien...