Soumission de Michel Houellebecq

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Soumission de Michel Houellebecq

 

 

Avant toutes choses il faut dire que ce livre est très drôle tout du moins au début et à la fin, pour peu que l'on ne soit pas envaseliné par la doxa du temps qui par exemple nous parle d'islamistes modérés. « La soumission » a réussi à me faire rire le 7 janvier, c'est dire. L'ouverture du roman est très réussie et en assez grand décalage avec sa suite car Houellebecq n'y fait pas le malin. Le narrateur, François (son double?), y fait un adieu émouvant et juste à la condition d'étudiant pauvre. J'y ai entendu comme du Vallés apaisé, alors que le livre est placé sous le parrainage de Huysmans auquel le narrateur, François a consacré sa thèse ( Michel Houellebecq donne très envie de lire ou de relire Huysmans et ce n'est déjà pas rien ).

Ensuite le ton change progressivement, François, professeur d'université, terne et désabusé, décrit progressivement l'islamisation rampante de la société française. Le livre commence en 2023 à la veille des élections présidentielles. Le premier tour élimine le candidat du Parti socialiste (il semble que ce serait Vals) et celui de l'U.M.P (Houellebecq n'a pas anticipé le changement de nom du parti de la droite, je reviendrais sur cette myopie politique) qui, si on lit entre les lignes, aurait été Jean-François Copé, pour ne laisser en présence que la candidate de Front Nationale, Marine Le Pen, et le candidat de la Fraternité Musulmane, (improbable?) parti islamiste ayant à sa tête une sorte d'Erdogan à la française. Le candidat islamiste est élu, suite aux désistements des deux anciens partis de gouvernement et du ticket qu'il décide de former avec Bayrou qu'il nomme premier ministre. Le centre du livre décrit l'islamisation graduelle de la société et la soumission des français de souche, les indigènes européens, au nouveau pouvoir. Le roman se termine sur le dialogue intellectuel entre François et Rediger, un universitaire comblé par le nouveau régime et pair du narrateur qui in fine est pris de doutes métaphysiques.

Il est toujours malin de mettre la meilleure partie d'un roman à sa fin, ainsi on referme l'ouvrage avec une opinion favorable et on le sait depuis longtemps maintenant Houellebecq est un matois. Il est aussi très cultivé si la lecture de son livre ne demande pas d'être un Pic de la Mirandole, le style en est clair et son lexique ne puise que dans celui d'un lauréat d'antan du Certificat d'études primaire, en revanche le lecteur qui aura fréquenté Huysmans (le narrateur est chargé de l'édition de La Pléiade de son cher auteur, Gallimard devrait proposer la chose à Houellebecq ce serait un formidable coup éditorial), Nietzsche, René Guenon et quelques autres verra son plaisir de lecture augmenté.

Ce roman contient plusieurs bonnes idées peu ou pas vues ailleurs. D'abord celle de montrer des islamistes autrement que des bas du front armés de Kalachnikovs, certes il y en a (on les a vu à l'oeuvre récemment et il est à craindre que ce ne soit pas fini) mais ce ne sont peut être pas les plus dangereux sur le long terme pour la civilisation européenne... En 1973 dans son inoubliable et prémonitoire « Camp des Saint », Jean Raspail dépeignait une Europe submergée par les hordes bistres venues du tiers-monde. Quarante ans après Houellebecq lui montre une France conquise en douceur par un Erdogan made in France, un roublard, énarque, fils méritant d'un épicier boukak. Sa victoire électorale n'est possible que par le désistement du Parti Socialiste en faveur du Parti des musulman ce qui est crédible quand on voit la danse des sept voiles qu'a effectué il y a peu Hollande pour reconquérir l'électorat mahométan. Celui-ci aurait voté à 80 % pour le candidat socialiste lors du second tour des dernières élections présidentielles. Beaucoup moins plausible serait le report des voix du candidat de droite sur celui de la Fraternité Musulmane, tout comme l'effacement de la candidate et surtout de ses troupes, du Front National.

Alors que Raspail se voyait en Cassandre, Houellebecq reste dans le registre de la caricature, un peu comme le André Lavacourt dans les « Français de la décadence » (je serais curieux de savoir si Houellebecq a lu le pavé de Lavacourt qui n'est pas sans rapport avec « Soumission »).

Houellebecq n'étant pas un naïf, il explique l'atonie du peuple de France, d'une part, certes par sa vacuité intellectuelle et son absence de références sur lesquelles construire une alternative au régime islamiste, mais aussi par le fait que le nouveau pouvoir achète la paix sociale (sur le modèle de ce que fait l'actuel pouvoir algérien) grâce à l'argent des saoudiens qui deviennent omniprésents dans l'économie française. La France serait devenue la danseuse de Ryad, comme jadis Cuba était celle de Moscou. Cette hypothèse est loin d'être irréaliste. On voit par exemple quel poids font peser actuellement les monarchies du golfe arabo-persique sur l'économie mondiale en faisant baisser drastiquement le prix du baril de pétrole. Houellebecq adhère plus ou moins à l'analyse économissiste de la société qui est largement majoritaire aujourd'hui dans les sphères dirigeantes européennes. Ce qui ne va pas sans contradiction avec la thèse que l'on aperçoit en filigrane, que toute société n'est pas viable à longue échéance sans une croyance en un dieu. L'auteur répugne a mettre en évidence l'antagoniste qui existe entre un système capitaliste et une foi déiste. D'ailleurs les différents acteurs du roman ne s'intéressent pas vraiment à la spiritualité. Ils se font musulman par commodité.

Lorsqu'on lit la description du quotidien (malheureusement trop partielle) que fait Houellebecq de la population française sous la férule d'un Parti musulman, si l'on excepte les inconditionnels de la viande de porc, on comprend pourquoi les mâles hétérosexuels adhèrent sans trop barguigner aux préceptes du gouvernement de Mohammed Ben Abbes. Il reste que l'on voit un peu moins comment les femmes et les homosexuels, même végétariens, pourraient se satisfaire d'un tel régime. Ce qui fait tout de même beaucoup de monde. L'extrême passivité de cette population que décrit le romancier est possible, mais assez douteuse. Sans parler des sectateurs du Front National qui pourraient être moins dociles au tapi de prière pour tous que ce que suggère l'écrivain. Il y a d'ailleurs une incohérence romanesque dans le hiatus entre le climat pré-électorale que présente l'auteur:<< La pluie éclata, très violente, au moment où je sortais du centre commercial. De retour chez moi je me fis réchauffer une langue de bœuf sauce madère, caoutchouteuse mais correcte, et je rallumai la télévision : les affrontements avaient commencé, on distinguait des groupes d'hommes masqués, très mobiles, armés de fusils d'assaut et de pistolets-mitrailleurs ; quelques vitrines étaient brisées, des voitures brûlaient ça et là, mais les images, prises sous une pluie battante, étaient de très mauvaise qualité, il était impossible de se faire une idée claire des forces en présence.>>... et son tableau d'une société comme anesthésiée après la venue au pouvoir de la Fraternité Musulmane.

L'auteur aurait eu intérêt a situer son histoire dans une période plus éloignée de la notre pour lui donner plus de crédibilité. Mais veut il que son livre s'inscrive dans le registre de la prédiction ou de la farce? L'utilisation de personnes réelles installe plus « Soumission » dans le deuxième registre tant on a du mal à s'imaginer le vieux Bayrou pactisant avec des islamistes.

Houellebecq met son lecteur devant le fait accompli, sans l'expliciter, de la légalisation de la polygamie; ce qui fait en secret sans doute bander notre écrivain érotomane décrépit. Ainsi Rediger qui vit dans la maison où Dominique Ory écrivit « Histoire d'O », grand ponte de la Sorbonne, dont Houellebecq a fait le porte parole des intellectuels collaborateurs, a gagné, outre une situation professionnelle de premier plan, << une femme de quarante ans pour la cuisine et une de 15 ans pour le reste. >>. En un mot, il est dommage que notre auteur soit aussi libidineux. Ses pulsions ont abimées son livre. Mais a contrario en mettant presque involontairement, en creux, la femme au centre de son ouvrage, alors qu'il n'y a pas un personnage féminin de premier plan dans « La soumission », Houellebecq a enrichi le corpus de questions que l'on peut se poser après avoir lu son livre.

Il ne faudrait pas oublier que nous parlons d'un roman et l'acuité des questions qu'il fait se poser sur un sujet brulant: la société occidentale est-elle sur le point de succomber, ne devrait pas masquer les faiblesses littéraires de l'ouvrage. Houellebecq semble incapable de donner de l'épaisseur à un autre personnage que sa créature récurrente dont il fait le narrateur et le personnage principal de ses livres. Comme d'habitude, on a à faire ici à un célibataire d'une quarantaine d'années vivant seul, hors famille. Il n'a ni femme, ni enfant, ni parent et est doté d'une vie sociale très limitée. Cet hétérosexuel mène une vie sexuelle étriquée. Il est peu ambitieux mais paradoxalement brillant. On croise parfois ce genre de personnage et le talent de l'écrivain le fait exister très fort mais de tels spécimens sont peu représentatifs du regard que chacun peut porter sur la société. La marginalité du « héros » ne serait pas gênante littérairement si le romancier parvenait à lui adjoindre d'autres personnages qui ne seraient pas, comme c'est le cas dans « Soumission », que de simples actants peu incarnés uniquement présent en tant comme porteurs d'idées.

Allons voir du coté de ces seconds rôles. Ils sont quatre, trois hommes et une femme. Les autres personnages ne sont guère plus que des silhouettes. Par galanterie commençons par la demoiselle. Myriam est une étudiante juive avec laquelle François a une relation amoureuse et sexuelle. Notre professeur chaque année, pour son hygiène sexuelle, choisit une étudiante parmi ses élèves. La relation habituellement s'éteint avec la fin de l'année universitaire. Mais en cette année 2022, le professeur, l'âge avançant, songe à faire une fin avec le tendron annuel. Malheureusement pour lui les parents de la demoiselle l'entrainent dans leur fuite vers Israel, pays qu'ils jugent beaucoup plus sûr qu'une France hésitant entre la candidate du Front National, instrumentalisée par les « identitaires », et un mahométan... L'abandon de sa dulcinée rend François plus perméable à l'extérieur, c'est à dire la déliquescence de la République. Plus inquiet qu'il veut bien le dire. Il cherche a comprendre et surtout à imaginer la suite des évènements. Il va donc prendre langue avec un de ses collègues qu'il soupçonne, à juste titre, d'être un sous-marin des identitaires. Ce dernier se rêve comme un grand manipulateur alors qu'il semble surtout n'être qu'un songe creux. C'est avec François le personnage le plus convaincant du livre. Puis grâce à une collègue il va rencontrer le mari de celle-ci qui est un haut fonctionnaire des services secrets. Un personnage caricaturale de ganache sentencieuse tel que les interprétait Noël Roquevert dans les films du samedi soir dans les années 50. Mais c'est Rediger qui lui ouvrira les portes du salut...

La lecture de « Soumission » est polluée par la visibilité médiatique de l'auteur* (sur ce sujet lire l'article Houellebecq l'anti-dandy paru dans le supplément Culture & idées du Monde daté du 17 janvier 2015) car on perçoit volontiers François comme plus où moins un double de Houellebecq, tout du moins du personnage que joue l'écrivain face aux caméras. Il faut se défier de cet angle d'attaque du roman car il ne peut qu'en résulter une lecture erronée. Il est d'ailleurs curieux que l'on soit encore obligé de rappeler au XXI ème siècle qu'il ne faut pas faire de confusion entre un auteur et ses personnages! Rediger est autant le porte parole de l'auteur que François. J'attribuerais volontiers à Houellebecq les considérations créationnistes du dit Rediger.

Michel Houellebecq est un romancier qui ressent son époque. Il ose faire le constat que la civilisation européenne et ses systèmes politiques tels que nous les connaissons sont mortels et probablement moribonds. On peut regretter que cette prescience s'accommode d'une focale trop réduite pour scruter le monde. Les personnages de Houellebecq dans « Soumission » appartiennent presque tous au petit groupe des enseignants du supérieur. La vue de sirius est souvent brouillée...

 

 

* Il me semble qu'il est utile pour le lecteur que je précise ma façon de procéder lorsque j'écris un article sur un livre ou un film. La rédaction du billet sur l'ouvrage de Michel Houellebecq me paraît une bonne occasion pour cela. J'essaye de ne lire aucune critique, ni interview de l'auteur avant d'entreprendre un compte rendu d'un ouvrage. Je tente de fuir les apparitions de l'écrivain à la télévision ou à la radio. Pour Houellebecq cela n'a pas été facile mais je n'ai eu que quelques échos de la réception du livre; assez toutefois, pour après avoir lu « Soumission », confirmer ce que je pensais depuis longtemps: Soit les critiques assermentés ne lisent pas les ouvrages sur lesquels ils déblatèrent soit ils ne savent pas lire... Je ne sais pas si ma critique a une quelconque valeur mais ce que je sais c'est que lorsque j'écris sur un livre, je l'ai lu (souvent un crayon à la main) jusqu'au point final. J'ajouterais que je paye mes livres et que ceux-ci ne sont pas envoyés par un service de presse, il me semble que c'est au minimum un gage de liberté.   

 

Soumission de Michel Houellebecq

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ismau 23/01/2015 18:59

La prise en compte par Bayrou de cet unique objet de ''détail'' (est-ce un détail? ) c'est ce qui m'a paru différent de ce que j'avais entendu par ailleurs, et sans doute très politiquement calculé – pour ne pas avoir à s'exprimer sur un sujet plus brûlant, ou moins consensuel .
Mais pour revenir sur cet objet - la possible soumission des femmes, et ses explications - vous avez peut-être raison … en tous cas je ne crois pas être mieux placée que vous pour en juger ( je fréquente encore moins de femmes que vous ; moi, même pas dans le métro) Cependant, mon expérience personnelle me laisse au contraire penser que les hommes et les femmes peuvent s'entendre beaucoup mieux qu'on ne ne le croit souvent . La société trouve encore son intérêt à les opposer ou à les séparer, sauf pour la sexualité et la reproduction bien sûr . Elle les éduque dans ce sens, et donne toujours le modèle d'une femme qui doit être mère en priorité . Je pense qu'il s'agit d'une construction pour une grande part, et non d'une chose naturelle . Le livre sur l'histoire de l'amour maternel ''L'amour en plus'' d'Elisabeth Badinter est très intéressant à ce sujet .

Pour Houellebecq , je viens de lire cet article qui m'a paru intéressant, cette fois sur le cœur du sujet politique – littéraire aussi, un peu - et vu hors frontières hexagonales :
http://www.liberation.fr/livres/2015/01/20/houellebecq-triomphe-en-allemagne_1184578

lesdiagonalesdutemps 23/01/2015 22:32

Je n'ai pas voulu dire que les hommes et les femmes ne pouvaient pas s'entendre. Mais je trouve qu'ils sont différents (c'est une évidence) et que le besoin de maternité, puis celle-ci, fait que la femme à un angle différent de voir les choses par rapport à un homme. Ce qui est plutôt bien. Voir le même "objet" de deux angles différents ne peut être qu'une bonne chose. Je pense aussi que pour certaines femmes la maternité est une sorte de refuge car que pourraient elles faire d'autres pour certaines! L'homme n'a même pas ce subterfuge pour meubler sa vie. Je ne partage pas l'idée qu'on ne nait pas femme mais qu'on le devient, ce qui ne veut pas dire que le conditionnement de la société n'est pas une incidence. Je n'ai pas lu Elisabeth Badinter mais comme elle a son rond de serviette chez Finki je l'ai entendu plusieurs fois exposer ses théories en effet que je trouve intéressantes. L'amour maternelle en effet ne va pas de soi pas plus que l'amour filiale. Je trouve que c'est une tyrannie de notre société cette obligation d'aimer ses parents ou d'aimer ses enfants. Comme dit le cardinal Cisneros dans le "Cardinal d'Espagne" d'Henry de Montherlant: >.

ismau 21/01/2015 10:29

Les ''faiblesses littéraires '' que vous relevez sont celles qui m'inquiéteraient le plus ; plus que ses faiblesses de prospective sociétale ou politique, celles qui semblent préoccuper uniquement les médias ! Mais peu importe toutes ces faiblesses ... si ce livre est aussi drôle, surprenant, agréable à lire et bon sujet de réflexions que votre riche critique le laisse entendre . C'est aussi ce que me suggère d'ailleurs le bon souvenir de mes précédentes lectures de Houellebecq . Je lirai donc celui-ci également .
J'ai vu et écouté – par hasard – deux moments forts de la présentation du livre . Je les recommande tous les deux .

D'abord comme invité du journal télévisé de la 2 : il apparaît plutôt charmant dans le genre décalé et réservé, en tous cas ne dit pas de bêtises . Par exemple quand on l'interroge sur sa responsabilité par rapport à l'actualité politique du pays, il répond : ''Je ne vois pas d'exemple de romans qui ont changé le cours de l'histoire '' … et se défend habilement d'être un double de son héros .
https://www.youtube.com/watch?v=cHOwAbO_-ZA

Le lendemain, c'est Bayrou qui donnait ses impressions sur Fculture . Bien que très légèrement vexé de son personnage de ''nul'' dans cette fiction, son analyse me paraît intéressante, différente en tous cas des plus communes . Lui, dit entre autres – je vois que vous abordez aussi ce sujet – qu'imaginer cette totale soumission des femmes dans la passivité de tous, tient de la pathologie de l'auteur ; et constitue le véritable scandale du livre .
http://www.franceculture.fr/2015-01-07-bayrou-repond-a-houellebecq

B.A. 21/01/2015 15:16

Tout d'abord, je crois que je ne l'ai pas écrit, j'ajouterais qu'il y a beaucouop de conditionnel dans "Soumission" comme il y aurait du en avoir dans mon texte.
Je ne vois pas de scandale de la non révolte, de la soumission de la femme. C'est un fait dans le livre. La citation d'histoire d'O par Houellebecq n'est pas un hasard. Je répète que cette soumission me parait assez improbable mais pas impossible. En prenant régulièrement le R.E.R, je vois de plus en plus de jeunes femmes voilèes certaines presque intégralement. Cette dissimulation n'est pas exempt non plus chez certaine de coquetterie cela se voit au tombé du tissu et à sa qualité et plus exceptionnellement au ton recherché de celui-ci. Je ne peux absolument pas comprendre ce genre de chose comme toute adoration m'est totalement étrangère.
Mais je ne suis sans doute pas très bien placé pour parler des femmes (Houellebecq l'est-il) étant un homme et un homme homosexuel de surcroit. Contrairement à un certain air du temps je vois en l'homme et en la femme deux animaux très différent. Je m'explique contrairement aux hommes (quoique) beaucoup de femmes jouent le coup d'après reportant leurs espoirs sur leur enfant. C'est un peu comme aux échecs ou au tennis on reportait d'un coup, d'un tour le coup décisif. Cette spécificité est partagée par ceux qui croient en un monde meilleur après la mort d'ou à mon sens chez la femme un terrain plus propice à ce genre de croyance que chez l'homme plus adepte dans le tout ici bas, plus hédoniste...
Merci pour les liens j'ai écouté Bayrou qui n'est guère sorti des lieux communs.

xristophe 20/01/2015 16:04

Pardon BA je n'ai encore lu que le tout-début de votre article "conséquent" (j'y reviendrai) mais - l'amoureux fervent d'Angelo Rinaldi qu'on a pê remarqué que j'étais (et persiste à être) avec une obstination qui lasse mes amis, ne peut rater cette occasion de récidive ; c'est votre phrase "Welbec nous donne déjà envie de relire Huysmans, c'est bcp". Rinaldi on le sait a plutôt tendance à haïr Houelbek (je vais finir par attraper la bonne orthographe de son nom...) et il m'a donné, lui, en trois pages (seulement) d'une critique hyper brillante de Guy Dupré (Dans un état critique, n°67) l'envie très forte de (re)lire Huysmans (qui traîne abandonné dans un recoin de ma bibliothèque...) Moi je m'en tiendrai là; je veux dire sans me plonger dans le best-seller, certes "en situation", de l'auteur avachi (physiquement) des "Particules..." Notant pour moi tout seul que l'enthousiasme d'Angelo pour Guy Dupré coïncide avec un auteur qui, comme humain, l'écrivain j'irai voir, , m'a fait l'effet rencontré sur Google d'une demi fou un peu rance sur les bords - en plus très mal foutu de sa personne (qu'est-ce que ça fait me dira-t-on, mais dans son cas j'ai comme l'impression de voir l'âme) comme est Houllbeck sur la très jolie caricature de Charlie - où ils l'ont plutôt arrangé, du reste.

B.A. 21/01/2015 15:22

Je me suis peut être mal expliqué la difficulté de lecture chez Huysmans ne vient pas d'un sens compliqué à saisir comme chez Mallarmé mais de l'emploi de mots rares ou de néologisme un peu comme chez Céline parfois.

xristophe 21/01/2015 14:44

D'un ami (je crois, Huysmans) de Mallarmé, cela n'étonnera pas la difficulté de lecture... Ce dernier est l'auteur (en vers) d'une "Prose pour des Esseintes", que le brillant Paul Bénichou présente ainsi : "Une foule de commentateurs ont tenté, depuis plusieurs générations, d'interpréter ce difficile poème de Mallarmé"... Lui s'en sort très bien ("Selon Mallarmé", folio essais) : "L'ère d'autorité se trouble / Lorsque, sans nul motif, on dit / De ce midi que notre double / Inconscience approfondit /Que, sol des cent iris, son site, / Ils savent s'il a bien été, / Ne porte pas de nom que cite / L'or de la trompette d'été" (Si l'on prend soin de faire la diérèse sur le mot "Inconscience" (Inconsci / ience") à mon avis il n'y a pas d'problème...)

B.A. 21/01/2015 07:10

Un tel livre qui est riche, par la force des choses appelle un article "copieux". Serait il utile pour moi comme pour le lecteur d'éditer un billet lapidaire: j'aime ou j'aime pas. Soumission est d'abord un roman soit le geste d'un artiste. Il est constitué de mots. C'est sur ces champs que doit se déployer la critique; ce que je tente.

xristophe 21/01/2015 00:01

J'ai maintenant lu votre article "en entier" ! - comme toujours, consistant, substantiel et "copieux", franc du collier et très sérieusement documenté... à boire et à manger pour l'auteur qui y prend qq compliments et qq gnons. J'ai eu plaisir à rencontrer cette remarque saine et simple : "L'acuité des questions posées sur un sujet brûlant ne devrait pas masquer les faiblesses littéraires de l'ouvrage"...

B.A. 20/01/2015 16:50

vouelbek est coutumier du fait déjà dans "La carte et le territoire", littérairement supérieur à "Soumission" il m' a fait relire Jean-Louis Curtis (vous voyez le joyeux éclectisme du spécimen), un homme charmant entre parenthèses avec qui j'ai jadis croisé les fourchettes chez Farjas. Pour en rester dans mes relations mondaines j'ai jadis jadis rencontré Guy Dupré (je me souviens pas d'une mocheté mais il y a plus de quarante ans!) qui m'avais même donné un de ses livres... que je ne suis pas parvenu à lire, mais j'étais aussi ignare que stupide à l'époque, à peine sorti de l'adolescence...
Lire Huysmans ce n'est pas de tout repos. Si comme moi le mysticisme vous dépasse cela déblaye pas mal de chose mais "A rebours" c'est très bien. Il y a quelques chose de Valles la dedans (je crois que personne sera d'accord) mais en beaucoup plus amphigourique, du mot rare à la pelle. Il est indispensable d'avoir à porté de main le grand Larousse, le littré (je l'ai chargé sur mon ordinateur) et le Robert avec ça on peut s'en sortir. Ah des Esseintes quel coco...