Erro au Musée d'art contemporain de Lyon (2)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Erro au Musée d'art contemporain de Lyon (2)
Erro au Musée d'art contemporain de Lyon (2)
Erro au Musée d'art contemporain de Lyon (2)
The background of Pollock, 1966-1967, immédiatement ci-dessus L'expressionnisme à travers la première guerre mondiale, 1967
The background of Pollock, 1966-1967, immédiatement ci-dessus L'expressionnisme à travers la première guerre mondiale, 1967

The background of Pollock, 1966-1967, immédiatement ci-dessus L'expressionnisme à travers la première guerre mondiale, 1967

L'expressionnisme à travers la première guerre mondiale, 1967 (détail) très étonnant ce combat naval dont les fumées se transforme en un tableau de Van Gogh

L'expressionnisme à travers la première guerre mondiale, 1967 (détail) très étonnant ce combat naval dont les fumées se transforme en un tableau de Van Gogh

Les grands fauves, hommage à Louis Vauxcelles (détail), 1966-1967

Les grands fauves, hommage à Louis Vauxcelles (détail), 1966-1967

série les monstres, 1968

série les monstres, 1968

Maiakovski, 1965

Maiakovski, 1965

Somerset Maugham, 1974

Somerset Maugham, 1974

Somerset Maugham, 1974 (détail)

Somerset Maugham, 1974 (détail)

immédiatement ci-dessus Wagner, 1974 et Le général Ky, 1974
immédiatement ci-dessus Wagner, 1974 et Le général Ky, 1974

immédiatement ci-dessus Wagner, 1974 et Le général Ky, 1974

série Lettres d'amour japonaises, 1974, Okamoto Knoko, 1979

série Lettres d'amour japonaises, 1974, Okamoto Knoko, 1979

série Lettres d'amour japonaises, 1979

série Lettres d'amour japonaises, 1979

série Love built on beauty, 1989

série Love built on beauty, 1989

série chinese painting, 1974

série chinese painting, 1974

american interior, 1968

american interior, 1968

série chinese painting, 1974

série chinese painting, 1974

série chinese painting, 1974, coup de vent

série chinese painting, 1974, coup de vent

Publié dans peinture

Commenter cet article

ismau 23/01/2015 16:41

Ne vous inquiétez pas Xristophe, j'ai bien compris votre message : tous les mots et arguments s'y retrouvent finalement en place . Le surplus lettriste est d'abord regrettablement distrayant – pour le sérieux de la démonstration ! - mais il oblige ensuite à une certaine attention . Malgré tout et de toutes façons, il semblerait qu'il soit impossible de nous convaincre de changer d'avis, les uns comme les autres .
Je considère donc le surplus lettriste comme un plus . Il m'a rappelé que Cueco, un temps proche d'Erro, dont nous admirons BA et moi les peintures de meutes de chiens ( avec ou sans claustras + pour moi les superbes patates et paysages dessinés ) … sut lui aussi jouer avec les mots, en participant régulièrement aux Décraqués, et aux Papous dans la tête . Il me donne également l'occasion de saluer la mémoire d'Isidore Isou / fondateur du lettrisme, qui fut mon prof en 78 ou 79, mais il manquait – lui – cruellement ou curieusement d'humour !

xristophe 24/01/2015 19:14

Ne vous inquiétez pas - je vais essayer de supprimer tous les guillemets ; ce me sera un bon exercice de simplicité ! Car ce sont eux les guillemets qui engendrent (pourquoi ?) (et où ? dès mon ordinateur, qui sait) ces monstres pires que des onomatopées de mauvaise BD...

lesdiagonalesdutemps 23/01/2015 20:31

Il ne m'est pas facile de supprimer des commentaires une fois que je les ai acceptés, surtout s'il y a eu une réponse. Mais les fautes de frappe ou autres ne sont pas si grave. Je suis le premier à en faire même si j'essaye de les éviter. Depuis deux jours il y a pour moi un nouvel affichage de vos commentaires. C'est mieux mais il faut que je m'y habitue

xristophe 23/01/2015 19:07

Pour Ismau - et déçu par BA que j'ai appelé au secours en vain pour "achever" en l'anéantissant mon texte constellé d' (((amp;quot;))) précédés d'une esperluette ; cet agrégat est venu remplacer tous mes guillemets, je crois : pourquoi ??? ça m'apprendra à mettre tant de gants quand je m'exprime et à citer toujours les gens... Vous fûtes gentille de vous donner du mal pour un texte qui vous rappelle Isou j'espère que vous lui mettiez sur sa chaise du fluide glacial c'est un des pires crétins de toute la poésie, il distance Breton sans effort dans le sinistre et j'ai un témoignage directe d'une amie qui le croisa... ça n'est pas lui en effet qu'on eût risqué de rencontrer aux Papous...

lesdiagonalesdutemps 23/01/2015 16:54

Les "performance" de Cueco aux Papoux et aux Décraqués (j'adore leur jeu d'attribution littéraire à l'aveugle) sont inoubliable. La dissertation entre le rien le presque rien et le pas grand chose est pour oi un de mes meilleurs souvenirs de radio.

ismau 20/01/2015 23:09

Je comprends très bien qu'on puisse trouver déplaisante de premier abord la peinture d'Erro  et la juger ''criarde'' et ''vulgaire'', hors du champ de l'art attendu . Mais le contact direct avec la matérialité de l'oeuvre ( dimensions, matière picturale, etc ) change sans doute radicalement ce regard . Il est indispensable - ce contact direct - pour comprendre le travail d'artiste d'Erro, qui met en perspective des images de type bd-magazine-affiche-illustration, dans un second degré de lecture qui devient artistique par son geste même de peintre : composition et représentation . Il me semble indispensable aussi pour apprécier son œuvre de la confronter aux autres œuvres de même époque, et de connaître les idées et les questions qui se posaient alors . C'est pourquoi j'évoquais son groupe de la ''Nouvelle figuration'', mais effectivement je me suis mal exprimée en parlant d'une uniforme ''neutralité'' . Il me semble tout de même qu'il y a chez tous ces artistes une certaine volonté d'effacement de l'expressivité . Expressivité exacerbée chez les abstraits, et les peintres des générations précédentes dont ils veulent se démarquer . Mais vous avez parfaitement raison BA, tous ne s'effacent pas pareillement, et je préfère d'ailleurs nettement la manière plus sensuelle ou plus classiquement ''artistique'' de Cueco d' Aillaud d'Adami ou de Fromanger ( quelle chance d'en avoir un chez vous ! ) à celle d'Erro . Cependant sa manière me semble cohérente avec l'originalité de son propos ; elle est donc bien également artistique .

xristophe 23/01/2015 01:14

C'est pire que du Houellebecq, c'est du lettrisme... De grâce, annulez-ça BA, je coulerai avec ! (je préfère) N'y manque qu'un "slurp" ou deux et c'est du Erro pur, sans (c'est déjà ça) la peinture...

xristophe 22/01/2015 16:05

Ismau - lorsque vous parlez du contact direct avec l'œuvre "vraie", au musée et en vraie grandeur, en personne si j'ose dire - avant sa "reproduction mécanique" comme disait l'autre - vous me prenez bien sûr par mon faible qui est : le goût du "signifiant" ! (VS le sens, le "signifié") : je ne puis qu'y être sensible... On découvre, dites-vous, alors, "le geste même du peintre", geste "artistique" etc. Mais vous contredisez cela, cet "argument", avec votre insistance ensuite sur le primat accordé par votre héros (...) comme "nouveau réaliste", à l'actualité et au politique, à l'engagement etc. Vous le décrivez très, trop bien. Et de corroborer avec cette histoire de "neutralité" - pas politique bien sûr, mais esthétique ! Moins d'art - plus d'engagement ! Mise entre parenthèses de l'art... c'est bien cela ? Je ne sais pas si Picasso (autre billet de vous) "réfléchissait sur le monde" - sûrement que oui à sa façon d'artiste-peintre mais, heureusement, cela ne se voit pas - "au final" comme on dit ! ou si peu... Tandis que ça se voit très bien, hélas pour moi - et c'est son intention, n'est-ce pas, aux dépens de "l'expressionnisme", pratiqué dites-vous par les "abstraits" - de mettre ça, ces cochonneries, en évidence chez ce Erro chez qui pour moi il n'y a pas assez de signifiant, d' "expression" personnelle d'artiste ("rien qu'à copier" disais-je en résumé pseudo enfantin pas si faux) : il a choisi son camp, il est moderne mais sans art - même avec les présupposés qui sont les vôtres, Ismau ! (mais j'exagère ma rhétorique, qui m'entraîne dans des maladresses que je récuse comme discourtoises... pardon !)

B.A. 20/01/2015 23:35

Je ne vous contredirais en rien cette fois d'ailleurs il est vrai qu'en ses début Aillaud qui est mon peintre préféré du groupe avait une manière assez neutre. J'aime aussi Aillaud pour ses sujet c'est peut être le plus grand o-peintre animalier de la peinture française. Cueco a aussi été un peintre animalier avec sa série où il y a des chiens (je ne me souviens plus du titre exact de la série!).
Pour une part la peinture d'Erro est aussi une suite d'hommage aux artistes et aux imagiers qui sont souvent eux aussi de grands artistes voir le billet que j'ai consacré à l'exposition Marvel à Art ludique.
Bien sûr rien ne vaut la confrontation avec les oeuvres c'est pour cela que je me suis transporté à Lyon d'autant que l'accrochage est très réussi. Le lieu présente de plus belles cimaises et salles qu'au Centre Pompidou. Dans le prochain billet (et dernier je rassure Xristophe mais il y aura bientôt du Koons, il va adorer) je crois que je montre un peu plus l'accrochage mais avec Erro on est plutôt tenté de faire des détails que des plans larges.

ismau 17/01/2015 22:53

Merci pour cette poursuite de la visite, toujours très intéressante . Je découvre encore de nouveaux détails, et de nouvelles oeuvres : les plus récentes, celles de 79 des ''lettres d'amour japonaises'' et de 89 ( avec un nu de Duchamp en abyme dans l'escalier ! )
Je ne suis pas d'accord avec Xristophe ... Il n'est pas si facile de ''voir'' les ''idées'' d'Erro en matière picturale - la preuve Xristophe se trompe - c'est donc qu'elles ne sont pas aussi évidentes ou simplistes que dénoncées !
Pour Erro, il ne s'agit pas ( comme pour Picasso ) de représenter ou de réfléchir sur le monde ; mais de représenter et de réfléchir sur les images qui nous entourent, avec les idées et les codes qu'elles véhiculent . Et c'est justement – au contraire du bêtement politique - un jeu sur l'équivoque, un jeu sur un second degré de lecture . Quand il joue avec des images politiques primaires, c'est toujours pour en perturber le sens par des confrontations . Il joue aussi très habilement de tous les moyens de la peinture - de ''l'Art'' - mais en s'effaçant volontairement ( contrairement à Picasso pas d'expressivité de la forme ou de la touche ) C'est d'ailleurs ce même style volontairement neutre, mais très engagé dans l'actualité et la politique chez tous les peintres de ces années là ; en France la ''Nouvelle figuration'', groupe dont Erro faisait parti .

xristophe 18/01/2015 22:31

Pour ismau - qui a raison bien sûr ; mais - ça n'est point tant les idées "politiques" qui me gênent d'être mises en évidence si criarde dans l'art de la peinture comme dans un vulgaire manifeste ; et qu'importe que le sens à ce niveau-là soit vague (au point que même moi "je me trompe"!) (je plaisante) ou qu'il soit perturbé avec malice etc. Car ces repères fondront comme beurre en broche et le tableau coulera avec, qui en fait les ressorts de tout son intérêt - ou presque. Comme dit BA bien vite on aura oublié la plupart de ces tronches de (souvent) cake. Tant mieux vous me direz car l'abstraction y gagnera. "Tous les moyens de l'art" dont il use avec virtuosité, c'est vrai, alors resteront seuls pour nous convaincre et on verra ce qu'il en restera. Mais vous dites qu'il détourne le sens - etc. Un sens qui repose sur bien peu de chose et qui s'efface en une ou deux générations (témoignage de BA), c'est celui qui soutient un magazine ou un hebdomadaire ; cet alignement me dégoute - au point que j'en oublie dores et déjà les quelques traces qu'il reste dans cet Erro d'art...

B.A. 18/01/2015 08:45

La visite continuera et prendra fin dans un très prochain billet. Je suis entièrement d'accord avec vous sur tout ce que vous écrivez sur Erro. J'ajouterais que non seulement les intentions politiques ne sont pas toujours évidentes chez ce peintre mais que certaines toiles demanderaient des explications; c'est d'ailleurs une des limites de certaines oeuvres de s'inscrire dans une actualité volatile. J'ai pu constater en visitant cette exposition avec quelqu'un de beaucoup plus jeune que moi et pourtant féru de géopolitique que certains visages, en plus souvent caricaturés ne signifiait rien pour lui, celui du général Ky par exemple. Qui dans dix ans se souviendra de la bobine de Donald Runsfield par exemple qui apparait dans une toile à la fin de l'exposition.
Malheureusement pour les toiles de ce billet, l'énorme catalogue, il pèse bien 6Kg, j'ai traversé tout le magnifique parc de la Tête d'or l'ayant à bout de bras, ne donne pas d'éclaircissement contrairement pour les premières toiles de l'artiste (les textes du précédent billet venaient du catalogue, j'avais photographié les article.
En revanche je ne vous suivrais lorsque vous écrivez qu'Erro a ce même style neutre des autres peintres de la "Nouvelle figuration". Ces autres peintres n'ont pas du tout un style neutre . Ce n'est pas le cas pour la plupart des toiles de Fromanger (d'ou je vous écrit je peut voir un grand dessin de cet artiste qui orne mon couloir) sauf pour sa série des drapeaux. Encore moins pour celle de Gilles Aillaud surtout dans la deuxième moitié de sa carrière où la touche est très visible de même que chez Cueco. Quant à Adami si son style est immédiatement reconnaissable on ne peut pas dire qu'il neutralité de l'expression. Ce que vous avancez peut être retenu pour Monory même si toutes ses oeuvre sont monochrome avec un bleu presque aussi reconnu que celui de Klein.
Encore merci pour la qualité de vos commentaires.

xristophe 15/01/2015 14:37

Le pire peut-être dans Erro (le plus bête, en tout cas) c'est qu'il y a des "idées", en plus, dans sa peinture... (Des idées "politiques", bien sûr ; on avait bien besoin de lui pour ça) Et qu'on les voit, qu'il les met en avant, comme un nez rouge défigurant de clown ou une moustache à la Joconde. Cette seule concession (François Hollande ou Mélenchon, font-il de la peinture ?) suffit à disqualifier sa peinture 1/comme une faute décevante d'intelligence, une concession vulgaire, et 2/ à atténuer irréparablement sa valeur stricte picturale.

xristophe 16/01/2015 01:42

Yes; mais heureusement, cela ne se voit pas (pour Bara). En peinture, les idées, il ne faut pas qu'elles se voient. (Cet aphorisme restera !) En musique, pas de problème (musiques sans paroles, bien sûr). Et en littérature, reste le beau rêve de la "langue inconnue" (relire le texte de Barthes, dans le livre sur le Japon, L'empire des signes). Et la sublime raréfaction du sens, chez Mallarmé. "Rien, cette écume, vierge vers / A ne désigner que la coupe"...

B.A. 15/01/2015 21:00

Je suis d'accord en ce qui concerne votre réponse sauf pour Breker que je trouve un excellent sculpteur qui a eu la mauvaise idée de servir de guide (avec Speer) à un regrettable moustachu qui voulait visiter le Trocadéro.
En ce qui concerne David son Bara (que vous devez préférer au sacre de l'empereur) est tout aussi politique car c'est une dénonciation des vendéens.

xristophe 15/01/2015 20:30

Dans l'autre sens, comme "violon d'Ingres" si j'ose dire, la pratique de la peinture par des politiques, cela n'est pas gênant. Leur œuvre est ailleurs. Mais pour les grands que vous citer (grands peintres), vous le dîtes bien : idées qu'ils laissent TRANSPARAITRE dans leurs œuvres. (Parfois même sans le savoir). Je pensais bien que vous me parleriez de Guernica. (Pour Breker et David, le premier n'est pas formidable et du second, le Sacre, une œuvre de commande - on ne peut plus commandée... et Delacroix sa Liberté n'est pas trop son chef-d' œuvre) (Je me souviens même de votre avis là-dessus. On est trop dans l'allégorie - triomphante de toutes les façons). Les idées, quelles qu'elles soient, ne devraient pas SATURER l'art, à mon avis (très peu original) (et même les idées - partis-pris - esthétiques...) Alors les idées politiques ! - avec leurs gros sabots... Dans la pourtant violente œuvre de Picasso Guernica, l'art l'emporte de beaucoup : d'où que le "sens" en soit si fort - paradoxe connu...

B.A. 15/01/2015 14:51

Mais quand Picasso peint Guernica, Arno Breker sculpte ses colosses, David peint le sacre de Napoléon, Delacroix peint La liberté guidant le peuple... Ils ont aussi des idée politiques qu'ils laissent transparaitre dans leurs oeuvres. Est-ce que cela suffit pour les discréditer.
Churchill peigneait et ce n'était pas mal du tout comme Louis Philippe qui avait un réel talent d'aquarelliste (les aquarelles du prince Charles sont également très regardable) et hélas Hitler a lâché les pinceaux...