Erro au Musée d'art contemporain de Lyon (1)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Erro au Musée d'art contemporain de Lyon (1)
Erro au Musée d'art contemporain de Lyon (1)
Erro au Musée d'art contemporain de Lyon (1)
Erro au Musée d'art contemporain de Lyon (1)
Erro au Musée d'art contemporain de Lyon (1)
Erro au Musée d'art contemporain de Lyon (1)

J'ai toujours aimé Erro (né à Olafsvik, Islande en 1932) et cela depuis la découverte de ses collages peints, il y a quelque chose comme cinquante ans et je n'étais pas très vieux. J'étais déjà un fou d'image et j'en avais reconnu un autre en la personne d'Erro. Sa démarche depuis un demi siècle est de réaliser des collages sur lesquels se téléscopent une multitude de figures issues des sources les plus diverses. Ensuite l'artiste reproduit ses collages en les peignant sur des toiles de grands formats. En parcourant l'exposition le visiteur repèrera les sources d'Erro. D'abord l'Histoire de la peinture, il est facile de reconnaitre des tableaux de Picasso, Matisse, Pollock, Munch... L'autre grand fleuve qui irrigue l'art d'Erro provient des comics américains. Mais Erro trouve son bonheur aussi dans les revues les plus diverses et dans la bande dessinée franco-belge.

La rétrospective, très importante, se déploie sur trois niveaux. Après une antichambre où sont entassés de nombreux tableaux typiques de la manière du peintre nous découvrons, sur un étage, Erro avant Erro. Toute une série de toiles trés inspirées par d'abord Picabia, puis surtout par Matta avec qui Erro a peint quelques toiles "à quatre mains".

Les dernières images de ce billet montrent les premiers tableaux peint après la découverte des Etats-Unis par Erro. 

Erro au Musée d'art contemporain de Lyon (1)
série trans agression, 1958

série trans agression, 1958

school day, 1959

school day, 1959

élément de décor "Erro-ique" pour le film de Eric Duvivier concerto mécanique pour la folie (le court métrage est projeté en boucle sur le mur de cette salle

élément de décor "Erro-ique" pour le film de Eric Duvivier concerto mécanique pour la folie (le court métrage est projeté en boucle sur le mur de cette salle

Erro au Musée d'art contemporain de Lyon (1)
Erro au Musée d'art contemporain de Lyon (1)

Le tableau ci-dessus, school of New-Pars-Yorkis, fait parti de la série Le monde de l'art. Erro y fustige l'art abstrait qui alors régnait en maitre aussi bien à Paris qu'à New-York. On y voit un brontosaure-Pollock effectuant un dripping. En arrière plan on reconnait une toile d'Hartung et à terre, à coté du dripping, une autre que j'attribuerais à Herbin.

Erro rejoint le groupe de la Figuration narrative (Cueco, Fromanger, Adami, Monory, Télémaque, Aillaud...) au début des années 60. Ce groupe s'élève, parfois avec violence contre l'égémonie de l'abstraction dans ces années là.   

Bureau de propagande Fucky- strike, 1959

Bureau de propagande Fucky- strike, 1959

The death art collector (série le monde de l'art), 1959

The death art collector (série le monde de l'art), 1959

à gauche L'artiste sous contrat et à droite Les experts (série le monde de l'art) 1959

à gauche L'artiste sous contrat et à droite Les experts (série le monde de l'art) 1959

autotransformateur des générations, 1961
autotransformateur des générations, 1961
autotransformateur des générations, 1961

autotransformateur des générations, 1961

Les galapagos, 1961
Les galapagos, 1961

Les galapagos, 1961

Abolition des races, 1960-1961

Abolition des races, 1960-1961

Flux de la Sharpeville asexuée, 1959-1960
Flux de la Sharpeville asexuée, 1959-1960
Flux de la Sharpeville asexuée, 1959-1960

Flux de la Sharpeville asexuée, 1959-1960

sex-trémité, 1962

sex-trémité, 1962

sex-trémité , détail, 1962. J'ai fait ce gros plan sur la toile pour les amis zoophiles du blog, scandaleusement peu sollicités dans leur libido en parcourant mes pages...

sex-trémité , détail, 1962. J'ai fait ce gros plan sur la toile pour les amis zoophiles du blog, scandaleusement peu sollicités dans leur libido en parcourant mes pages...

The big fox, 1964, série retour des USA

The big fox, 1964, série retour des USA

Foodscape, 1964
Foodscape, 1964

Foodscape, 1964

Erro au Musée d'art contemporain de Lyon (1)
Stalingrad, 1964, série retour des USA

Stalingrad, 1964, série retour des USA

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ismau 14/01/2015 19:10

Agréable début visite ! ... Je ne connaissais pas du tout cet Erro avant Erro, avec les ''Matta à quatre mains'' et autres œuvres anciennes, qui n'apparaissaient pas je crois dans la grande rétrospective du Jeu de Paume en 99 (Je viens de vérifier rapidement dans le catalogue que j'y avais acheté ) Pour le reste je retrouve avec plaisir la profusion d'images si habilement agencées, caractéristique de ce pop artiste islando-presquefrançais . Ses textes que vous reproduisez sont particulièrement intéressants pour comprendre sa pratique . J'aime bien aussi vos commentaires, et cadrages très variés, du détail à la vue d'ensemble ( étonnante œuvre d'angle )
Pour répondre à Xristophe : l'accusation de vilain ''copieur'' ne tient pas, puisqu'on reconnaît tout de suite un Erro qui ne peut être confondu avec aucun autre peintre ! Une telle confrontation d'images, en quantité et qualité ou genre, avec une telle science du collage et du message; puis cette peinture volontairement neutre ... est remarquable, à l'égal d'un Wahrol ou d'un Lichtenstein aux USA, qui eux aussi reproduisent l'image avec la neutralité pop . A l'inverse volontairement de l'expressivité exacerbée d'un Pollock ( le faux dripping d'Erro n'est pas raté, mais traité comme une image de dripping )

xristophe 14/01/2015 22:50

Oh Ismau - je disais ça comme ça... Un chien regarde bien un évêque. S'il pouvait parler. Moi je ferais mieux de me taire, c'est sûr. Je jappe pour rire. Je passais par là, "un livre ancien sous le bras / Le fleuve est pareil à ma peine / Il s'écoule et ne tarie pas". De tristesse devant l'art moderne. (Qui commence après Picasso). Mais j'ai mes exceptions ! Pollok m'électrise, c'est vrai. Ses dripping ressemblent à la fin de "Pli selon Pli" de Boulez. D'ailleurs, du point de vue de l'humour - et même de la peinture -, le faux dripping d'Erro, c'est encore ce que je préfère - d'Erro.

B.A. 14/01/2015 19:25

Je ne peux qu'être d'accord avec tout ce que vous écrivez. Comme vous je ne connaissais pas Erro avant Erro et pourtant j'ai visité plusieurs expositions de ce peintre et cela depuis très longtemps c'est un des premiers artistes contemporains que j'ai connus. De surcroit Matta est un peintre que j'ai toujours apprécié. Il y a aussi du Lam dans la première manière d'Erro. Le parallèle avec Lichtenstein est évident. Mais les toiles de l'américain sont à la fois plus reposante et plus immédiatement abordable car dans certaines accumulation d'images chez Erro, le message (souvent politique) se perd dans la profusion. Erro est un artiste très engagé politiquement mais aussi dans le domaine de l'art. La série du monde de l'art est une charge (avec humour) contre la peinture abstraite.

xristophe 13/01/2015 14:19

Rien qu'à copier, ces Modernes... (Pour le dripping c'est pas fameux, il a vraiment raté son coup)