La mélodie de Jenny de Tsukasa Hôjô

Publié le par lesdiagonalesdutemps

La mélodie de Jenny de Tsukasa Hôjô

Les éditions Ki-oon ont l'excellente idée d'éditer les histoires courtes de Tsukasa Hôjô fort célèbre dans nos contrées pour être l'auteur de "City Hunter" sous le titre: "Les Trésors de Tsukasa Hôjô". Un titre qui n'est pas usurpé car à lire le premier volume, "La Mélodie de Jenny" ces histoires courtes me paraissent beaucoup plus intéressante que la série qui l'a rendu mondialement célèbre. Ces mangas, loin d’être des œuvres de jeunesses sans intérêt, sont des histoires courtes, souvent émouvantes et touchantes. Le dessin est égal à celui que l’on connaît, mélange de réalisme et de mimique comiques, ce qui est très courant dans le manga et desarçonne souvent le public occidental.. Dans la plupart, Tsukasa Hôjô y adopte un ton bien plus sérieux que dans « City Hunter », même si certains passages ont des ressorts comiques éculés (enfin pour moi assez hermétique à l'humour en général et très souvent à l'humour japonais) qui permettent de ne pas se couper des fans de la première heure.

Premier titre de la collection sortie en juillet 2013, « La Mélodie de Jenny » nous plonge au cœur des tragédies liées à la Seconde Guerre mondiale. Le livre est composé de trois histoires courtes.

« Aux confins du ciel, dans la tourmente de la guerre »

« Aux confins du ciel, dans la tourmente de la guerre » : le destin tragique d’un jeune garçon voulant devenir pilote tout comme son frère. La guerre en décidera autrement, sa première mission, devenir kamikaze et donc sacrifier sa vie, en vain, pour son pays.

« La Mélodie de Jenny » est la nouvelle qui donne le titre au recueil. C'est un chef d'oeuvre du manga. Il s'inscrit dans la lignée de cet autre chef d'oeuvre, au cinéma cette fois, "Le tombeau des luciole". Nous sommes à la toute fin de la guerre, le Japon subit les bombardements intensifs des américains. un musicien américain marié à une Japonaise depuis 10 ans tente de regagner sa famille à Tokyo. Il s'est évadé du camp où il était relégué Il a taillé une flûte dans un bambou, afin de jouer le morceau qu’il a composé pour les sept ans de sa fille jenny. Accompagnés de quatre enfants errants, ils longent la voie de chemin de fer pour arriver à leur destination...

Les manga prenant comme thème ou décor la deuxième guerre mondiale ne sont pas très nombreux en raison de la culpabilité japonaise vis à vis de cette période. Ils sont encore moins nombeux en France car les mangas "révisionistes", il y en a, comme existe des bandes dessinées chinoises violemment anti japonaises, ne sont pas traduites. On peut citer néanmoins, Zipang,  Tsubasa, L'ile des téméraires ,  Zéro pour l'éternité.

« American Dream » : un jeune japonais, champion de baseball, rêve d’une carrière américaine. De passage aux USA, il va voir son rêve se réaliser, mais la haine envers les Japonais, déjà présente, compromet son destin.

Ces trois histoires nous montrent bien comment des destins prometteurs peuvent être brisés par la guerre. Tsukasa Hôjô, avec son trait réaliste, arrive à nous émouvoir et sait évoquer avec justesse ces morceaux de vie.

La mélodie de Jenny de Tsukasa Hôjô
La mélodie de Jenny de Tsukasa Hôjô

Publié dans Bande-dessinée

Commenter cet article