Le chant d'Achille de Madeline Miller

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Le chant d'Achille de Madeline Miller

Il faut être un peu inconscient ou tout du moins fort téméraire pour situer un roman dans l'antiquité et en particulier dans la Grèce ancienne pour laquelle on a relativement peu de traces sur la vie au quotidien à cette époque. Et encore plus d'aller sur les brisées d'Homère, comme le fait Madeline Miller qui dans son « chant d'Achille » nous raconte l'histoire d'amour entre Patrocle et le bouillant Achille. L'entreprise périlleuse n'a pas rebuté Madeline Miller pas plus que naguère elle avait fait reculer Marie Renault. On pense beaucoup à l' « Enfant perse » de cette dernière dans les cent premières pages du livre. Mais Madeleine Miller ajoute une difficulté supplémentaire c'est, qu'à moins d'être amnésique ou un cancre de compétition, grâce à nos souvenirs de lycéens, on en connait la suite et pourtant dès les premières pages la romancière nous donne une envie irrésistible de découvrir la suite.

Au début du roman c'est un jeune garçon qui parle à la première personne. Nous ne savons pas immédiatement de qui il s'agit. On apprend seulement, dès l'incipit, qu'il est fils de roi. Très vite, même si l'on avait pas lu le titre, on comprend que nous sommes dans des temps très anciens.

Si le nom de Marie Renault vient immédiatement à l'esprit, il n'est pas interdit non plus de songer à Marguerite Yourcenar et ses « Mémoires d'Hadrien ». Mais notre première académicienne n'a peut être pas oser, comme le fait sa consoeur, mettre au centre de son roman, la passion de l'empereur pour Antinous qui pourtant innerve tout ce chef d'oeuvre. Madeline Miller n'a pas eu de ces pusillanimités. Elle a mis l'amour de deux hommes, Achille et Patrocle comme pivot de son livre. A propos de Patrocle, Marguerite Yourcenar en a néanmoins fait un portrait dans « Feux »: << Toutes les particularités dont Achille se souvenait en pensant à Patrocle: sa pâleur, ses épaules rigides, un rien remontées, ses mains toujours un peu froides, le poids de son corps croulant dans le sommeil avec une densité de pierre acquéraient enfin leur plein sens d'attributs posthumes, comme si Patrocle n'avait été vivant qu'une ébauche de cadavre.>>.

Quiconque a fait ses humanités se souvient, peu ou prou, de ce que nous narre Homère (et quelques autres pour les plus curieux; pour ceux qui veulent savoir la suite de l'Iliade je leur conseillerais la lecture de « La fin de l'iliade de Quintus de Smyrne » qui fait le pont entre l'Iliade et l'Eneide.) sur la guerre de Troie mais de Patrocle et d'Achille avant cette campagne, en général, on ne s'en souvient guère (surtout si comme moi la lecture de l'Iliade remonte à un demi-siècle). C'est pourquoi toute la première partie du livre, consacrée à la formation des deux garçons m'a paru la plus intéressante et la meilleure. Par la suite quelques passages sont moins convaincants, en particulier celui du sacrifice d'Iphigénie un peu rapidement expédié. A propos de l'éducation d'Achille, les versions diffèrent sur les personnes qui prirent soin du jeune garçon. Tantôt, on nous dit qu'il fut élevé dans la maison paternelle, tantôt on raconte qu'il fut confié au Centaure Chiron, qui vivait sur la montagne du Pélion. Madeline Miller a mixé les deux histoires. Elle envoie, lorsqu'il a 11 ans, Achille, accompagné de Patrocle, à Chiron. Le séjour des deux garçons chez le centaure semble être une escale au paradis terrestre. Le chant d'Achille restera pour moi surtout un très beau roman de formation.

Le chant d'Achille de Madeline Miller

Madeline Miller a pris bien des libertés par rapport à la geste homérique; si bien que l'on se prend à espérer, un peu follement, que Patrocle reviendrait vivant de la guerre de Troie, alors que le lecteur béotien tel que moi connait surtout de Patrocle sa mort. Serait on avec ce « Chant d'Achille » en présence d'une uchronie troyenne?

La plus grande différence de ce roman avec l'épopée troyenne contée par Homère réside dans l'âge des deux personnages principaux, Achille et Patrocle et donc dans leur rôle dans leur relation amoureuse. Dans L'Iliade c'est clairement Patrocle qui est plus âgé qu'Achille. Patrocle est donc l'eraste (pour faire simple: l'ainé actif) et Achille l'éromène (le plus jeune, le passif). En revanche, conformément au « Chant d'Achille » dans lequel Patrocle a quelques années de moins qu'Achille, leur nombre n'est pas clairement défini et au fil des ans, comme c'est logique, cette légère différence d'âge s'estompe, chez Eschyle comme chez Eschine, les rôles et les âges sont inversés, Achille est l'éraste et Patrocle l'éromène.

Ce qui est amusant est que ces relations très codifiées entre hommes se retrouvent aujourd'hui dans les mangas du genre yaoi. Dans ceux-ci l'éraste est un sémé et l'éromène un uké. Ce type de bande dessinée est fait au Japon par quasiment exclusivement des femmes... Puisque j'en suis à la bande dessinée je signale qu'il y a une version assez ébouriffante de la guerre de Troie ou plutôt de ses alentours (j'ai consacré un billet à cette B.D.: http://www.lesdiagonalesdutemps.com/article-troie-de-jarry-et-campanella-ardisha-119309220.html).

Platon est de l'avis opposé à Eschyle qu'il critique sans ménagement dans son Banquet, il fait dire à Phèdre que « ce sont des balivernes, ce que dit Eschyle quand il fait d'Achille l'amant de Patrocle. Achille était plus beau que Patrocle, et même plus beau que tous les héros, il est donc bien plus jeune, comme l'indique d'ailleurs Homère. » Malgré ce désaccord, Phèdre non plus n'a aucun doute sur les relations de Patrocle et Achille. Dans ce texte, Platon critique la trilogie théâtrale d'Eschyle composée des tragédie: « Les myrmidons », « Les néréides » et « Les phrygiens ».

Néanmoins, par la suite, la tradition se stabilise sur la version d'Eschyle, plus conforme au statut social des deux hommes. Ainsi, Élien déclare : « tandis qu'Alexandre couronnait la tombe d'Achille, Héphaestion couronna celle de Patrocle, laissant ainsi entendre qu'il était le mignon d'Alexandre, comme Patrocle avait été celui d'Achille.

Dans le « Chant d'Achille » leur amour physique est « moderne ». Les rôles ne sont pas figés. L'historien Bernard Sergent, ne dit pas autre chose lorsqu'il affirme que les rapports entre Achille et Patrocle ne se rattachent pas au modèle pédérastique : il s'agit d'une relation entre jeunes gens de même génération. La relation sexuelle entre les deux garçons est au centre du roman, alors que chez Homère, si on peut la supposer, elle n'est pas clairement établie. Pour sa part Xénophon, faisaient valoir qu'ils n'étaient qu'amis.

Le chant d'Achille de Madeline Miller

Il est facile de comprendre pourquoi Madeline Miller et bien avant elle Eschyle on fait de Patrocle l'éromène. C'est par licence théâtrale et romanesque, pour que leur oeuvre soit logique car toute la posture de Patrocle durant la guerre de Troie est beaucoup plus conforme à celle d'un éromène qu'à celle d'un eraste. Avoir fait de Patrocle un Eraste une des principales incohérences du récit d'Homère. Ces incohérences narratives confortent bien l'idée, quasi établie aujourd'hui, qu'Homère (si toutefois cette personne physique a réellement existé) ne serait pas l'auteur unique de ses poèmes mais une sorte de collecteur de tous les récits autour de la guerre de Troie. Il n'aurait fait que les rassembler dans l'ambition d'en faire une sorte de récit canonique de ces légendes. En cela le travail de Madeline Miller pour écrire « Le chant d'Achille » a été un peu semblable à celui d'Homère car si de nombreuses versions antiques de la guerre de Troie ne sont pas arrivées jusqu'à nous il en reste néanmoins de très nombreuses sans compter toutes les variations modernes sur le sujet. Elle a du faire constamment un choix parmi les différentes versions.

Il y a d'autres différences entre ce roman et l'Iliade. Elles informes sur les sources de l'auteure. Madeline Miller pour le meurtre qui a conduit Patrocle à l'exil a repris la version du mythographes Apollodore qui parle d'une dispute d'enfants à propos d'osselets. D'autre sources (voir par exemple le Grand Larousse en X volumes) indiquent que Clysonyme a été tué par Patrocle d'un coup de palet. Mais Apollodore fait de Clysonyme le cousin de Patrocle, et donc par ricochet d'Achille. La romancière américaine n'a pas retenu ce cousinage en revanche comme Apollodore elle en fait ensuite l'un des prétendants d'Hélène. A propos de cousinage, le film américain « Troie » de Wolfgang Petersen datant de 2004 n'a pris en compte en ce qui concerne la relation Patrocle-Achille que ce cousinage, puritanisme yankee oblige... Mais le cinéma n'est pas toujours aussi prude sur le sujet; comme le prouve le court-métrage de Barry Purves, un cinéaste d'animation Anglais, qui raconte notamment cette histoire d'amour, de manière très érotique avec ses petites marionnettes. Le film de Purves est visible sur la toile : Achilles (1995, 11 min) 
http://www.youtube.com/watch?v=7jpax3l19zw.

Le chant d'Achille de Madeline Miller

Selon la tradition, ce ne serait qu'à partir du ve siècle av. J.-C. Que les deux jeunes gens serait devenus un symbole des relations pédérastiques. Par exemple Alexandre le Grand et Héphaestion se réclamaient du modèle de l'amour entre Achille et Patrocle.

Dans une interview l'auteure a déclaré s'être beaucoup inspirée de la poésie lyrique antique, de modèles comme Sappho et Catulle, pour créer la relation entre Achille et Patrocle pour en faire un mélange d'amitié, de sensualité et de beauté quotidienne tel que les poètes lyriques antiques le célébrait.

Pindare dans ses Olympiques montre Patrocle accompagnant Achille quand ce dernier ravage la ville de Teuthrania, en Mysie. Un vase célèbre montrant Achille pansant la plaie de Patrocle illustre peut-être cet épisode. Madeleine Miller n'a pas repris explicitement cette anecdote mais fait accompagner Achille par Patrocle, au début de la guerre de Troie dans les razzias qui ont pour but d'affamer la ville assiégée.

Les homéristes distingués pense que Patrocle n'est pas une invention d'Homère car se dernier dans le premier chant ne le présente pas, comme s'il était connu de tous, en revanche ils subodorent que l'aède en a fait un personnage plus important qu'il n'était auparavant.

Une des principales difficultés à laquelle a du se confronter la romancière est de faire parler d'une façon crédible des personnages d'une part mythiques et qui d'autre part évoluent dans un monde totalement différent du notre; il y a plus de 3000 ans. L'auteure la surmonte par son écriture faite de phrases courtes et de mots simples néanmoins précis et justes. Elle ne tombe pas dans le travers de nombre de romans historiques dont le texte semble fait que d'une suite de notes en bas de page, à l'exemple de l'illisible « Alexandre le grand » de Roger Peyrefitte.

Précédemment j'ai avancé le chiffre de 3000 ans, je ne vais pas déroger à mon habitude et vous entretenir de datation; ce qui est un comble à propos d'évènement qui n'ont peut être jamais eu lieu. Cependant dès l'antiquité on sait préoccupé de savoir à quelle date se déroulait l'épopée de la guerre de Troie. Ainsi Eratosthène situait la chute de Troie 408 avant la première olympiade soit en 1183 avant notre ère. Aujourd'hui on date la destruction des remparts de la ville que l'on pense correspondre à Trois entre 1200 et 1180 avant J.C.

Madeline Miller nous met en empathie d'emblée avec son narrateur puis avec son ami Achille en décrivant des scènes intemporelle comme la naissance de l'amour entre les deux garçons. Telles qu'il nous est décrit cela pourrait être hier dans un camp de vacances ou avant hier dans un collège anglais ou dans n'importe quel ailleurs n'importe quand. Patrocle et Achille sont longs à découvrir les plaisirs de l'amour physique. Dans leur cas la tendresse précède la passion. Les héros inverseraient-ils les termes de l'amour. C'est peut être ce qui les distingue des simples mortels?

David Ligare, Achilles and the Body of Patroclus (1986)

David Ligare, Achilles and the Body of Patroclus (1986)

Même s'il est préférable pour aborder ce livre d'avoir quelques connaissances de l'Histoire et de la mythologie grecque et aussi peut être d'avoir humé l'air des rivages de Péloponèse et des cyclades, tout cela n'est pas indispensable, car dans le cours du récit la romancière délicatement, et toujours à propos, en quelques lignes, nous racontes un des innombrables récits et aventures des dieux et héros qui gravitent autour de l'Olympe. Mais l'auteure sait être aussi être prosaïque essaimant avec légèreté dans son texte des considérations sur le quotidien de la vie familiale, sur la vie dans les palais des roitelets grecs, la place des femmes dans cette société. Les vêtements, la médecine, l'alimentation sont décrits avec précision fascinante. Elle nous donne a comprendre les questions d'honneur, qui régissait le monde guerrier grec. Si la difficulté de camper une histoire dans un décor qu'aucun lecteur ne puisse imaginer sinon au mieux en s'aidant de quelques souvenirs de voyage pour la nature et de quelques pictogrammes de cinématographe qui déforment l'imaginaire plutôt qu'ils le fécondent pour les scènes d'action, peut être en partie résolu par le style, il n'en va pas de même pour les intrusions des dieux qui sont des personnages essentiels de l'Iliade. Dans un roman moderne ils ne peuvent pas bénéficier du paravent de la licence poétique homérique. Même si j'ai tiqué à la précision que la barbe du centaure Chiron était bien entretenue (Comment les centaures se rasent-ils? Voilà une question que l'on ne se pose pas tous les jours.) Madeline Miller s'en sort avec les honneurs. Mis à part Thétis, la néréide mère d'Achille, sans occulter les divinités, elle les a intelligemment laissées au second plan.

Ingres, Achille recevant les ambassadeurs d'Agamemnon.

Ingres, Achille recevant les ambassadeurs d'Agamemnon.

La lecture du chant d'Achille ne prétend pas se substituer à celle de l'Iliade pourtant je suis sur qu'après avoir dévoré le roman de Madeline Miller il sera impossible de voir du même oeil qu'auparavant les héros du poète grec. Le chant d'Achille aurait du plutôt s'appeler « La gloire de Patrocle » que nous voyons au fil des page se transformer. Le garçon un peu disgracieux solitaire et mal ­aimé, plus doué pour la musique que pour le combat devient le meilleur des grecs. Quand à Achille certes très beau et bouillant, que les dieu de l'Olympe me pardonne ce lèse héros, il est tout de même un peu con con... Ulysse est sous la plume de Madeline Miller certes très malin mais moins sympathique qu'ailleurs quand à Agamemnon quel affreux rustre...

Il y a du Dumas mâtiné de Yourcenar chez cette jeune auteure américaine, Madeline Miller a 35 ans. Elle est par ailleurs professeur de grec ancien et spécialiste de Shakespeare, connaissance qui n'ont pas du la desservir pour écrire Le chant d'Achille qui est son premier roman et en même temps un coup maître. Il me semble que son livre illustre parfaitement cette remarque d'Alexandre Dumas : « C’est le privilège des romanciers de créer des personnages qui tuent ceux des historiens. La raison en est que les historiens se bornent à évoquer de simples fantômes, tandis que les romanciers créent des personnes en chair et en os. ». L'ambition de Madeline Miller était « de rendre hommage à la langue d’Homère, en restant accessible à tous, » Elle a pleinement réussi.

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ismau 25/08/2014 22:50

Merci de savoir si bien partager de bonnes choses !.. pas seulement ce livre, que j'ai moi aussi envie de lire maintenant, mais toute une richesse de références savantes et comparées, choisies dans les domaines les plus divers . Un exemple parmi d'autres, la découverte du film d'animation de Barry Purves, très remarquable en effet ; et il a eu un prix bien mérité . Mais c'est un « détail » peut-être, je n'aime pas y voir un Achille barbu ... grande question du rapport d'âge avec Patrocle, que j'ignorais être relative aux sources ou interprétations multiples du Récit . Pour moi, Achille et Patrocle sont de même âge et jeunes tous deux, tels que je les ai découverts et aimés dans mon livre de « Légendes du monde grec et barbare » quand j'étais moi-même bien jeune : un livre publié en 1929 qui avait ravi mon père avant moi, très bien « raconté aux enfants » par Laure Orvieto, et surtout superbement illustré par Ezio Anichini dans le style Art nouveau avec de gracieuses et étonnantes nudités masculines ( je peux vous en envoyer des preuves ! ) Voilà comment nous est décrit Achille au début de la guerre, lorsque sa mère qui a peur pour lui l'a déguisé en femme pour le cacher : « Personne en le voyant, n'aurait pu deviner que cette jeune-fille aux joues roses et à l'abondante chevelure blonde était Achille, le plus fort et le plus courageux des hommes »... ce qui n'est possible que si lui-même est un tout jeune-homme . Quant aux liens avec Patrocle, cousinage et plus ... : « Fils de deux frères, Patrocle et Achille s'aimaient tendrement  » ... Mais si Achille est « un peu con con ... »  alors là ça gâche tout ! Mon admiration pour lui ne s'était pas trouvée démentie, un peu plus tard, par la lecture d'Homère ou plutôt de Leconte de Lisle ... je me demande avec curiosité comment Madeline Miller pourrait me faire changer d'avis !

Plus sérieusement, au sujet de Marguerite Yourcenar et des « Mémoires d'Hadrien » ... je vous trouve bien injuste quand vous dites qu'elle n'a peut-être « pas osé » mettre au centre de son roman la passion d'Hadrien pour Antinoüs . Connaissant sa grande intelligence et liberté d'esprit, j'ai d'abord pensé que si elle ne l'avait pas fait, c'était simplement pour ne pas « limiter » son roman à une histoire d'amour . Et puis sa publication datant de 1951, c'était plus osé qu'en 2014 quand même pour un tel sujet . Mais ce que je viens de trouver sur Wikipédia est encore plus édifiant : « Le projet initial de Marguerite Yourcenar, alors qu'elle n'avait qu'une vingtaine d'années, était d'écrire un texte sur l'empereur Hadrien dont le narrateur aurait été son favori Antinoüs. Les différentes versions de cette première ébauche, datant de 1924 à 1929, ont été détruites par la future académicienne après les refus de plusieurs éditeurs. Quand elle reprend, un quart de siècle plus tard, son projet de jeunesse, la perspective s'est inversée : c'est Hadrien qui tient le stylet et qui raconte sa vie et sa passion pour le jeune Bithynien, au travers du filtre de la douleur causée par la mort de celui-ci. »

B.A. 26/08/2014 07:30

Merci pour ce merveilleux commentaire.
Je m'efforce toujours dans la mesure de mes modestes connaissances de croiser les références pas pour étaler ma supposée culture mais pour d'abord faire connaitre à mes lecteurs quelques oeuvres (si vous ,ne les connaissez pas vous devriez adorer les romans de Mary Renault, très connue dans les pays anglo-saxons et ailleurs; lors d'un voyage à Madrid 'ai eu la surprise de voir ses livres en vitrine d'une librairie. Elle est assez méconnue ici) mais surtout de montrer qu'un sujet est presque toujours traité par d'autres méda. En ce qui concerne la barbe d'Achille, il ne faut pas oublier que la guerre de Troie dure dix ans. Dans le livre de Miller que je vous conseille à moins que vous ayez très présent à la mémoire l'Iliade et les divers ouvrages sur cette guerre car alors vous aurez presque l'impression d'u "digest" de ces livres à la différence près de la mise au centre de l'amour d'Achille et Patrocle, Or donc au commencement de la guerre Achille à 17 ans à sa mort il en aurait 27 d'ou la barbe; barbe que l'on voit sur certaines poteries noires ou rouges antiques.
Je ne crois que je ne connais pas les dessins de Ezio Anichini, son nom me dit rien du tout. Je serais très content de l'envoi de ses images (n'oubliez pas non plus lorsque vous aurez des loisirs les images de Banier).
Achille est certes courageux mais c'est son entêtement qui cause la mort de Patrocle et il ne parait pas très malin contrairement à Ulysse...
Vous avez raison de rappelez ce que vous écrivez sur la grande Marguerite en particulier que son livre de 1951. Je connaissais l'histoire des différentes versions d'Hadrien. Leur existence est mentionnée dans plusieurs des interviews de Marguerite Yourcenar et dans la présentation du volume de la Pléiade sans oublier le gros tome de la correspondance de l'auteure intitulé "D'Hadrien et Zénon". Mais dans mon texte je voulais faire court (je plaisante) mais surtout je voulais mettre en exergue ce qui me parait l'originalité du livre de Miller, je le répète la mise au centre de l'histoire d'amour d'Achille et Patrocle.

B.A. 24/08/2014 18:46

Même si une critique laudative est beaucoup plus difficile à écrire qu'un éreintement, il me semble que ce sont les seules qui valent la peine. L'intérêt d'un blog réside dans le partage. Et on ne devrait partager que de bonnes choses sinon c'est être un piètre hôte.

Bruno 24/08/2014 18:21

Excellente critique que celle qui donne envie de lire ! Merci pour vos billets