Une lettre inédite de Roger Peyrefitte à Montherlant

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Une lettre inédite de Roger Peyrefitte à Montherlant

Les excellentes éditions Quinte feuilles dans leur non moins excellent bulletin mensuel ( http://quintes-feuilles.com/Bulletins/Juin%202014.pdf ) publient une lettre inédite de Peyrefitte à Montherlant. Je me permet de reproduire ici le dit bulletin pour en faire profiter mes lecteurs et appuyer leur appel à ce que tous les détenteurs de lettres inédites de Peyrefitte à Montherlant les fassent connaitre. Le présent blog sera ravi de les publier.

D'autre part j'approuve toute la présentation de cet inédit. Je mettrais seulement en doute le fait que cette lettre provienne de la succession de Montherlant.

Une lettre inédite de Roger Peyrefitte à Montherlant
Une lettre inédite de Roger Peyrefitte à Montherlant
Une lettre inédite de Roger Peyrefitte à Montherlant
Une lettre inédite de Roger Peyrefitte à Montherlant
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Publié dans livre

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Martial 11/06/2014 13:14

L'ayant-droit de Montherlant vend aux enchères, depuis une quarantaine d'années, de très nombreux manuscrits de l'écrivain (y compris ceux de ses oeuvres les plus célèbres), ainsi que des lettres à lui adressées. Je ne vois donc pas pourquoi ce ne serait pas lui qui aurait mis cette lettre en vente. Qui donc, d'ailleurs, aurait pu être en sa possession ? Quand le premier (et, à ce jour, unique) volume de la correspondance Montherlant-Peyrefitte, a été publié, il a bien été spécifié que c'est l'ayant-droit de M. qui détenait les lettres de P.

La question est de savoir qui détient aujourd'hui les lettres de Montherlant. La logique voudrait que ce soit l'ayant-droit de Peyrefitte, à moins qu'il ne les ait vendues. En tout état de cause, s'il l'a fait, c'est sans passer par une vente publique.

B.A. 16/06/2014 16:34

Je n'ai pas d'information particulière sur la filiation de monsieur Barat mais comme j'ai eu la chance de rencontrer Henry de Montherlant en avril 1972 (en outre j'ai vu de nombeuses photos de Montherlant sans compter les portraits, en particulier les nombreuse esquisses faites par Edouard Mac Avoy) et monsieur Barat quelque 30 ans plus tard, j'ai été immédiatement frappé par la ressemblance entre les deux hommes. Je ne peut rien dire de plus. Le fait que le jeune Jean-Claude Barat n'ait rencontré Montherlant que pendant l'occupation n'empêche pas qu'il puisse être son fils, un chapitre supplémentaire aux "Jeunes filles en quelque sorte...

Martial 16/06/2014 16:06

Lors du procès du "Montherlant sans masque" de Sipriot, l'avocat de M. Barat l'a présenté comme le fils de l'écrivain. Huit ans plus tôt, sans être aussi affirmatif, M. Barat lui-même avait déclaré au journaliste Guy Verdot : " Quand on me demande si je suis le fils d'Henry de Montherlant, je ne réponds pas. Mais, puisqu'il avait de l'amitié pour vous, j'irai jusqu'à vous dire : il y a de grandes chances que oui." Cette déclaration figure dans un article du n°257 de Télé 7 jours (27 octobre 1974), dont voici les liens (un pour chacune des 2 pages) :
http://www.mediafire.com/view/bd3e3x69lhcrex2/Télé_7_jours_27-10-74_(1).pdf
http://www.mediafire.com/view/2p0mb2042g4wlm1/Télé_7_jours_27-10-74_(2).pdf

Ni dans les "Propos secrets" de Peyrefitte, ni dans la correspondance de celui-ci avec Montherlant, il n'est question de cette filiation. Bien au contraire, il y apparaît que Montherlant et M. Barat ne se sont rencontrés que pendant l'Occupation. Il n'en demeure pas moins qu'il existe une ressemblance physique assez frappante entre les deux hommes. Il suffit pour s'en convaincre de comparer leurs 2 photos reproduites dans l'article de Télé 7 jours mis en lien. Auriez-vous un avis sur la question ? (ou un commentateur de ce site)

B.A. 13/06/2014 06:58

Vous me parlez d'un radio courtoisie qui m'évoque bien des plaisirs d'écoute du temps où Jean ferré présidait sa destinée. Quand on voit ce que cette radio est devenu maintenant c'est triste. Je n'admettrais jamais qu'en vingt ans certains n'ai pas pu réussir à apprendre à parler à la radio comme Anne Brassié qui a commis un Brasillach bien médiocre et aseptisé mais qui a tout de même le mérite d'exister. Comme vous l'avez compris si vous fréquentez le blog, j'aime beaucoup la radio qui m'a beaucoup appris. Je suis d'autant désolé de la décadence de radio Courtoisie comme celle de France-Culture...
Je vous remercie de m'avoir communiqué la référence de l'émission.
On voit bien que Barat avec cette histoire de Paris Match est un personnage sinueux...

Martial 13/06/2014 01:28

Merci pour ces intéressantes précisions. M. Barat n'a pas toujours été si discret. Il s'est laissé photographier avec femme et enfants dans Paris-Match.

L'émission de Radio-courtoisie que j'ai évoquée est une émission d'Anne Brassié du 18 février 2010, dont l'invité était Philippe Alméras, pour son "Montherlant une vie en double" (j'ai mis un enregistrement personnel en lien)


Pierre Sipriot était un grand habitué de Radio-courtoisie. Il y était invité chaque fois qu’il publiait un livre et a même animé plusieurs émissions en remplacement d’Anne Brassié, lors de congés de celle-ci. C’est dans l’émission « L’art littéraire » de Pierre Debray-Ritzen du 2 janvier 1991que Sipriot a présenté son « Montherlant sans masque » cf. http://www.radiocourtoisie.fr/radio-courtoisie/archives-de-radio-courtoisie/lart-litteraire/page/2/ Dans mon souvenir, il est même venu deux mercredis de suite. Je n’ai pas d’enregistrement de ces émissions.

B.A. 12/06/2014 11:38

Je sais tout cela et j'ai été en effet assez surpris des propos de Jean Claude Barat. Son grief contre Sipriot a été une des premières choses qu'il a émise lors d'une réunion pour l'accord des différents partis pour m'autoriser à éditer en dvd La ville. Il y avait là entre autres la productrice, Barat, Malavoy et donc moi même. J'ai compris assez vite qu'il fallait éviter dans mon travail (j'étais arrivé avec un énorme dossier, j'avais préparé très en amont la chose) toute allusion à l'attrait de Montherlant pour les garçons. Mais en fait cela a été à la fois plus simple et plus compliqué... Par exemple j'ai émis le souhait de faire figurer une interview de Matzneff sur le dvd, interdiction absolu de Barat alors qu'il a été ravi que j'envisage d'y mettre en bonne place les dessins de Mac Avoy (qui était un ami)... J'ai été surpris de l'interdiction à l'encontre de Matzneff car par l'intermédiaire de Michel de Saint Pierre que je connaissais très bien (j'aurais aimé interviewé Michel de Saint Pierre sur Montherlant mais malheureusement il était déjà décédé) auquel était destiné la dernière lettre de Montherlant écrite juste avant son suicide, Barat et Matzneff entretenaient de bons rapports....
Comme vous l'avancez justement le grand grief qu'avait Barat envers Sipriot est qu'à son avis il était le responsable de la baisse d'audience de Montherlant et qu'à cause de lui il perdait beaucoup d'argent. Ce n'est pas dire du mal de Barat de dire que l'aspect financier l'intéressait beaucoup. Je subodore que les royalties sur l'oeuvre de Montherlant était son principal revenu d'où son attitude. Je voudrais dire que par ailleurs il a été avec moi très correct en affaire et tenait à coeur de voir la ville édité en dvd alors qu'il n'était pas intéressé par le nombre d'exemplaires vendus. Il a demandé un fixe qui m'a paru très convenable.
Je dois dire que Jean Claude Barat m'a paru beaucoup plus sympathique et franc que Sipriot que j'avais rencontré quelques années auparavant pour tout autre chose.
Barat m'a fourni tous les documents que je voulais avec une grand diligence mais en revanche a refusé d'être interviewé et même d'être photographié aussi bien lors de l'interview de la productrice auquel il assistait amicalement et même lors de nos rencontres (j'ai la manie de photographier les personnes avec lesquelles je me trouve, pas assez d'ailleurs).
Barat m'est apparu comme un personnage très ambigu et compliqué sous un aspect parfaitement équilibré. Par exemple il ne cessait de se déprécier alors que je me suis vite aperçu qu'il était intelligent et cultivé. J'ai beaucoup regretté de n'avoir pas réussi à réaliser cette interview.
Vous me parlez de radio courtoisie pourriez vous me dire dans quel cadre Sipriot s"y ai exprimé. Avez vous cet enregistrement?

Martial 12/06/2014 10:20

Le premier tome de « Montherlant sans masque » s’ouvre sur cette épitre dédicatoire de Pierre Sipriot :

« Cher Jean-Claude Barat,

Permettez-moi de vous dédier ce livre. Vous avez bien voulu me dire que vous l’avez lu : “avec une joie pleine d’émotion et aussi une immense tristesse, tant j’étais près grâce à vous de l’écrivain que j’aimais et dont à tout moment j’entendais la voix. ”

Sans vous cette biographie n’existerait pas. »

Par ailleurs, lors du procès intenté par Gallimard à MM. Sipriot et Barat, on a appris que ce dernier avait perçu une part des droits d'auteur de "Montherlant sans masque".

Concernant la correspondance Montherlant-Peyrefitte, on ne voit pas comment elle aurait pu être publiée sans que l'ayant droit de Montherlant ait approuvé et cosigné le contrat d'édition. C'est juridiquement impossible.

Les propos que vous a tenus M. Barat sont donc pour le moins surprenants. Il a d'ailleurs déclaré quelque chose d'approchant à Philippe Alméras, qui l'a répété sur Radio-Courtoisie : "Sipriot m'a trahi".

Il est évident que c'est en plein accord avec M. Barat que Pierre Sipriot a écrit "Montherlant sans masque" et que Robert Laffont a édité ce livre ainsi que la correspondance Montherlant-Peyrefitte, préfacée par Sipriot. Ce n'est que plusieurs années après, que M. Barat s'est déclaré trahi par Pierre Sipriot. Rend-il ce dernier responsable de la perte d'audience de l'écrivain ?

B.A. 11/06/2014 14:01

Ayant rencontré Jean-Claude Barrat, l'ayant droit de Montherlant, lorsque j'ai édité en dvd "La ville dont le prince est un enfant" lors de conversation avec lui, il m'a dit qu'il était furieux de la parution de la biographie de Montherlant par Sipriot et de la correspondance de Montherlant avec Peyrefitte par ce même Sipriot. C'est pourquoi je le vois mal mettre en vente une lettre de cette correspondance.
Quand à l'ayant droit de Peyrefitte, de Villier, en effet il ne passe pas par des ventes publique mais par des courtiers ou il s'adresse directement à des galeries ou à des acheteurs potentiels qu'il connait.

Bruno 07/06/2014 16:28

Merci pour ce relais. La transcription a du représenter un labeur considérable ! Songeons à la publication d'une partie de cette correspondance très curieuse il y a quelques années. RP était encore de ce monde pour aider !

B.A. 08/06/2014 19:49

Cela n'a pas du être de la tarte pour Sipriot. Je suis assez surpris de l'émergence de cette lettre. Je vois mal Jean-Claude Barrat la mettre en vente...