Les papiers-peints de Philippe Morillon

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Les papiers-peints de Philippe Morillon

Les papiers peints narratifs de Philippe Morillon suivent le fil de son histoire. Dandy cultivé, il se joue de ses références classiques et de sa vie désordonnée. Le Palace, Loulou de la Falaise, Pierre Bergé, Diane de Beauvau-Craon, Andy Warhol, jeunes gens de passage sont les leitmotive des motifs. 
D’autres thèmes sont effrontément réunis; joueurs de foot en figure rouge grecque antique, déjeuner sur l’herbe pop à la Manet, collections de curiosités chinoises mises en péril par son chat, papier peint Louis Braille, silex paléolithiques en apesanteur entre l’ « Odyssée de l’Espace » et la 3D.

Les papiers-peints de Philippe Morillon
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ismau 01/07/2014 18:59

J'ai justement visité le lieu de cette fabrique, avec un remarquable « Musée du papier peint » qui se trouve à Rixheim, à côté de Mulhouse . On y voit de superbes papiers peints panoramiques des XVIIIème et XIXème .
Pour répondre Xristophe, il me semble que cette problématique du choix dans le processus de création, face à une machine sourde-aveugle-source de matériaux aléatoires, est identique en arts plastiques . Elle existe tout spécialement actuellement avec l'outil numérique . Là, comme dans l' exemple de la musique concrète, le travail avec la machine se situe en amont de la production artistique, au moment le plus créatif du projet . Mais dans le cas de Morillon, c'est totalement différent, la machine n'intervient classiquement qu'à la fin du processus . Ce n'est pas elle qui produit des matériaux aléatoires, les motifs, mais l'artiste lui-même . La machine est simplement l'outil le plus approprié pour reproduire et multiplier, au moment de la réalisation finale .
Quant à Wahrol et Houellebecq, ils méritent un peu mieux à mon avis que du mépris ... il suffit pour le vérifier de lire et fréquenter leurs oeuvres sans a priori .

B.A. 02/07/2014 15:29

Ainsi vous pourrez m'écrire ce que vous pensez de la traduction. Il reste que je préfère à ce livre Les mille automnes de Jacob de Zoet de david Mitchell qui a aussi je crois obtenu le booker Price et est ce que j'ai lu de mieux au XXI ème siècle (il vient de paraitre au format poche).

xristophe 02/07/2014 15:04

Ecrivain, Welbeck ? (Je pense que ça n'est pas à moi que vous déconseillez la lecture de ce crétin mou..). Je suis d'accord bien sûr pour préférer, sans le connaître et de confiance (en vous), David Mitchell... Savez-vous que j'ai votre Ian McEwan, "Atonement", en français ET en version originale ! (Booker Prize 2001 - c'est sur la couverture) Moi je n'en savais rien ! Nanti de ce binoculaire regard sur l'œuvre - je n'ai aucune excuse, "aucun prétexte" pour ne pas la lire, désormais...

B.A. 02/07/2014 06:54

En ce qui concerne Houellebecq, je vous rappelle qu'il n'est ni chanteur ni cinéaste mais écrivain. Son dernier livre, "La carte et le territoire" est intéressant et réussit presque, lui, à faire entrer l'Histoire, par le biais de l'art contemporain dans son roman malheureusement il ne parvient pas à faire vivre son héros au delà de la projection de lui- même et le récit n'est pas haletant malgré la encore une esquisse d'intrigue policière. Il reste qu'il y a quelques bonheurs d'écriture et que la satire de la France contemporaine est réussi. Mais en dépit du succès public et des dithyrambes de la critique, un esprit lucide qui regarde au delà de l'hexagone ne peut que constater l'abime qui sépare un lauréat du Goncourt et celui du Booker price. Croyez moi il vaut mieux lire des traductions, pas si imparfaites que cela de l'anglais un David Mitchell a une autre envergure que Houellebecq et surtout sa lecture est autrement plus agréable et stimulante.

xristophe 02/07/2014 00:45

Pour Ismau.

Je ne parlais pas de mépris, pour Wahrol ; dont l'œuvre (je ne m'intéresse pas à sa mythologie, à ses "mots") (pas assez sociologue pour ça) n'a pas besoin d'être fabuleuse pour être goûtée, cocktail fade et pimpant... Mais Welbeck, non : je vois encore ce mollasson sur scène, à la télé, en train de chantouiller une vague chanson - de lui ! - dans un stupide micro... (car il s'est mis à la chanson à un moment ! - l'époque où j'avais la télévision) ; son cigare et Sollers étaient tous les deux dans la salle, pour compléter : une vraie BD satirique genre Martin Veyron (d'autrefois)... Et ce physique de glaviot gris... Mais - relisez, relisez Angelo Rinaldi, son "Attention brouillard" : il lui met très exactement son compte, à ce pauvre zombi - sans préjugé

xristophe 02/07/2014 00:45

Pour Ismau.

Je ne parlais pas de mépris, pour Wahrol ; dont l'œuvre (je ne m'intéresse pas à sa mythologie, à ses "mots") (pas assez sociologue pour ça) n'a pas besoin d'être fabuleuse pour être goûtée, cocktail fade et pimpant... Mais Welbeck, non : je vois encore ce mollasson sur scène, à la télé, en train de chantouiller une vague chanson - de lui ! - dans un stupide micro... (car il s'est mis à la chanson à un moment ! - l'époque où j'avais la télévision) ; son cigare et Sollers étaient tous les deux dans la salle, pour compléter : une vraie BD satirique genre Martin Veyron (d'autrefois)... Et ce physique de glaviot gris... Mais - relisez, relisez Angelo Rinaldi, son "Attention brouillard" : il lui met très exactement son compte, à ce pauvre zombi - sans préjugé

B.A. 01/07/2014 19:59

Merci de cette information. Si je passe par là, j'ai aussi très envie de voir le musée d'automobile de Mulhouse j'irais voir ce musée, encore une destination de plus... Du temps de ma relative splendeur financière dont je suis très très loin aujourd'hui, j'ai caressé l'idée d'avoir un tel papier peint dans ma chambre. On pouvait en trouver à Paris rue Bonaparte.
Pour les multiples et le processus de création de Morillon on ne saurait mieux dire et je suis complètement de votre avis. Il faut vraiment que je refasse un billet digne de ce nom sur Morillon.

ismau 16/06/2014 23:18

Philippe Morillon ne me semble pas si paresseux ! Tout jeune, dès les années 70, il « arrive » à se faire connaître et apprécier de grandes figures de l'art et de la mode : Wahrol qui préface un de ses livres de peintures et photos, et Lagerfeld entre autres . Sa peinture pop à l'aérographe est alors habilement dans l'air du temps, avec ce qu'il faut d'habileté manuelle, et ce qu'il faut d'habileté conceptuelle à utiliser la reproduction photographique . Dans ces années là, Wahrol présente -lui - déjà des papiers peints avec motif « vache » ou « mao », qui interrogent le statut de l'oeuvre d'art, mais sont aussi décoratives, avec toute l'ambiguïté et le kitsch nécessaire . C'est ce que reprend Morillon actuellement, y intégrant donc sa référence à Wahrol avec un humour irréprochable, et un jeu avec le mécanique non moins irréprochable puisqu'au coeur même des préoccupations de l'art contemporain . Le très en pointe  Consortium  de Dijon a organisé en 2012 une expo intitulée « Le monde comme volonté et comme papier peint »  ! - d'après « La carte et le territoire » de M.Houellebecq, qui pose justement avec humour et intelligence ces questions de situation de l'art entre le mécanique et l'artisanal .

B.A. 27/06/2014 17:37

Je ne me mêlerais pas de votre spécialité en musique répétitive, je ne connais guère que celle de Philip Glass en particulier ses musique pour ballet en revanche je voudrais rappeler que la répétition est le topos même du papier peint du moins à partir de la moitié du XIX ème siècle ceci du principalement aux anglais d'Art and craft. Auparavant les papier peints étaient de superbes panorama représentant une nature idéalisée peuplée de jolies bestioles, un peu dans l'esprit des demeures romaines. Il y a encore une firme française qui fabrique ces superbes papiers, mais je ne sais plus ni son nom ni où elle se trouve.

xristophe 18/06/2014 01:06

...et je ne suis pas sûr, pour les peintres et pour Morillon, pour finir en provocation (non pas en arrogance ! - juste libre exercice de ma téméraire sensibilité : je ferai amande honorable, comme toujours et bientôt, certainement !!!) qu'en dépit de Warhol et surtout de Welbeck, que j'injurie exprès en écorchant son nom, vu qu'ils ne font toujours pas autorité dans ma Perception... etc, etc. A vous, Ismau ! à vous B.A. !

xristophe 18/06/2014 00:49

Et voilà où ça mène, parler tout seul avec des Connaisseurs, qui vous répondent sur leur terrain (où ils en connaissent un rayon) sans voir bien sûr (puisque je me garde bien de le préciser) que je parlais tout seul d'autre chose "à propos" (i.e. : hors de propos) ... de papier peint, de peinture ou de Morillon... Je parlais de musique, musique concrète, acousmatique, ne me servant du pauvre Morillon que de façon métaphorique.... Le travail "machinique", qui donne très volontiers des résultats répétitifs, rien ne m'est plus familier que cela, du côté poïétique sonore et musicale... "Les machines" (comme on disait au Grm, familièrement), mises en œuvre habilement ou quelquefois même "n'importe comment", vous produisent de grands résultats, et en tout cas très abondants, où le "bordel", la platitude, voisinent (parfois, souvent, presque toujours) avec des perles, des trouvailles, des merveilles, de l'or ; ("la chance au piège", disaient ceux qui connaissaient ce mot de Cocteau) ; c'est alors qu'il faut savoir démêler : choisir, dans ce qui est toujours un trop. C'est là qu'on voit ceux qui entendent, et comment ils entendent, et ce qu'il sont - et s'ils "sont" - finalement. Je schématise et il y a plusieurs cas de figures. L'un d'eux (que j'évoquais à propos des motifs répétitifs de Morillon) consiste à laisser le plus rare, et le plus étonnant, le plus intéressant (le plus "moderne" ! je dirais, si j'avais l'habitude de vénérer... mécaniquement ... cette notion crétinisante... Schaeffer nous avait mis en garde...), mais à laisser l'étrange imprévu de côté, soit parce sa teneur est un défi à composer (le composer) (thème boulezien), soit même parce que "son oreille" n'en perçoit même pas l'intérêt, le pauvre béotien - car la machine idiote et sourde, pour une fois et sans le savoir "se dépassant" (!) lui fournit une denrée qui, lui aussi l'apprenti sorcier, le dépasse... Et voilà le musicien qui éteint le feu de peur de se brûler, qui laisse passer, dédaigne l'Occasion devant laquelle un autre se fût prosterné - avant de "se retrousser les manches" et tenter de la faire vraiment sienne, cette belle rencontre...

B.A. 17/06/2014 06:45

C'est moi qui a été paresseux de ne pas rappeler ce que vous notez justement la filiation des papiers peints de Morillon avec ceux de Warhol que l'on peut en cherchant bien retrouver sur le blog notamment celui "vache" qui décore l'entrée du musée d'art moderne de Stockholm que j'ai photographié lors de ma visite, très beau musée situé dans un cadre idéal à ne pas manquer. J'aimais beaucoup les travaux de Morillon qui avait un peu disparu jusqu'à cette exposition de ses papiers peints dans une galerie parisienne (elle est terminée depuis deux semaines). J'avais consacré un billet à Morillon dans mon ancien blog, malheureusement il est un de ceux qui a été détruit. Dans pas trop lointain avenir je vais en proposer un nouveau. Je n'ai malheureusement pas vu l'exposition de Dijon dont vous parlez en revanche j'ai lu le livre de Houellebecq qui est une pochade talentueuse sur la société française où l'auteur a glissé des réflexions très intéressante sur l'art contemporain ce qui boucle avec Morillon et votre judicieux commentaire.

charlus80 16/06/2014 15:06

J'aimerais bien avoir une maison qui supporterait de tels papiers peints...

xristophe 15/06/2014 15:32

Joli commentaire - mais les répétitifs sont des paresseux ; qu'au moins aucune faiblesse ne demeure dans leurs complaisants dépôts mécanistiques, que la machine invente à leur place aujourd'hui bien mieux qu'eux-mêmes - ce que souvent ils semblent ne pas savoir voir ; (retour de culpabilité sans doute...)

xristophe 15/06/2014 22:53

(Je voulais dire : du coup, ils ne savent pas profiter de ce qui leur est offert, qui les dépasse, et se tiennent en deçà)